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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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QUELQUES DESSOUS

DE LA CONFERENCE DE LONDRES

TALLEYRAND A-T-IL TRAFIQUE

DE SON INFLUENCE ?

PAR

MICHEL HUISMAN







Dans la lutte que le roi Guillaume des Pays-Bas soutint au cours des années qui suivirent la Révolution Belge de 1830, en vue soit de récupérer ses provinces méridionales, soit de réduire les préjudices de leur séparation, ce souverain mit en œuvre toutes les ressources de la diplomatie.

De la lignée des despotes éclairés du XVIIIe siècle, Guillaume 1er pratiquait avec ferveur son métier de roi. Avant même que le soulèvement de septembre n’éclatât, il s’était manifesté peu scrupuleux sur le choix des moyens, et, de la police secrète, de la presse stipendiée, du Million Merlin, il avait fait des armes de gouvernement.

Son système de persévérance devait le conduire à généraliser ces pratiques. Le mouvement orangiste l’incita à les élargir encore. Agences de propagande à l’étranger, services de surveillance et d’espionnage – véritable « Intelligence Service » - documents interceptés, fonds secrets, correspondance à clefs, en chiffres ou en mots convenus, écrite avec de l’encre sympathique – autant de pistes entrecroisées, qui révèlent à l’historien de cette période des aspects à peine devinés jusqu’ici.

Ayant eu l’occasion de parcourir certains dossiers, je voudrais présenter quelques renseignements que j’y ai pu glaner. Ils complètent ceux que Colenbrander a déjà réunis dans la collection des Rijks Geschiedkundige Publicatiën (1).

Je laisserai parler le plus possible les documents, en regrettant qu’ils perdent peut-être de leur saveur à la traduction.

Narguant ses 76 ans, le prince de Talleyrand avait accepté de représenter, à Londres, la Monarchie de Juillet.

Avant de s’embarquer à Calais, le 23 septembre 1830, il y rencontrait Ouvrard le célèbre munitionnaire, grand profiteur de guerre, inventeur de tant de martingales politico-financières, et qui, malgré des séjours répétés à la Conciergerie et à Sainte-Pélagie, demeurait à la tête d’une respectable fortune. Nous retrouverons le fameux traitant, dont M. Georges Weill retraça la carrière dans une substantielle étude de la Revue Historique (2). Cette entrevue de Calais devait intriguer, faut-il le dire, le ministre des Affaires Etrangères Comte Molé, jaloux de Talleyrand. On sait que le même Ouvrard, « le lion de la Bourse », venait de provoquer la chute de la rente française, en dépit des efforts des frères Rothschild, ralliés à Louis-Philippe (3).

A peine Talleyrand était-il installé à Hanover Square que la question belge apparaissait comme la grosse affaire politique de l’heure. Elle menaçait d’embraser l’Europe. Le roi des Pays-Bas, impuissant à vaincre les « blouses bleues », réclamait l’intervention armée des Puissances.

Or voici que le 15 octobre, M. Falck, le subtil ambassadeur des Pays-Bas à Londres, recevait en communication de son chef, M. Verstolk van Soelen, ministre des Affaires Etrangères, la note suivante :

« Par la voie de négociations, il serait aisé de prouver au Roi des Français que de tous les monarques de l’Europe, il n’en est aucun qui plus que lui ait intérêt à voir comprimer et punir la rébellion de Bruxelles, car elle a été suscitée par les mêmes éléments qui ont tout intérêt à lui en faire autant, lorsque l’occasion s’en présentera en France.

Le Prince de Talleyrand est à Londres en ce moment. C’est le plus habile homme de la diplomatie européenne et le plus sensible aux arguments métalliques. Son influence est sans bornes dans le cabinet français et dans la Pairie.

Aucun homme ne serait plus apte que lui à persuader les deux cabinets d’Angleterre et de France d’intervenir d’accord avec la Prusse pour châtier exemplairement la rébellion belge.

Or rien ne découragerait autant et pour toujours les brigands brabançons, comme de voir la France concourir à leur châtiment.

Seulement, comme Talleyrand est un coquin insigne, il faudrait bien se garder de le payer d’avance. Mais quoiqu’en possession d’une fortune immense, c’est un homme à tout tenter en Europe, s’il voyait cent mille livres sterling en perspective, et c’est aussi un homme à réussir en tout. Napoléon doit sa chute en 1815 à la circonstance de s’être fait un ennemi de Talleyrand ; il n’est pas prêtre défroqué pour rien.

J’ose appeler les méditations de Votre Majesté sur cette combinaison, car je la crois de nature à produire des résultats infaillibles.

L’habileté généralement reconnue de M. Falck pourrait facilement créer une occasion d’entamer une négociation de ce genre sur un pied purement confidentiel, et, si l’on préférait une voie plus confidentielle encore, on pourrait utiliser les rapports intimes qui lient MM. Hope d’Amsterdam avec Ouvrard, ami, trucheman de M. de Talleyrand, aussi vénal, aussi coquin et aussi rusé que son patron, et détestant les jacobins autant que lui. »

Cette note avait été adressée au roi Guillaume.

Celui-ci, sans dire quel en était l’auteur, désirait connaître l’avis de son ambassadeur à Londres.

Falck ajourna, semble-t-il, sa réponse.

Mais, entre-temps, la question n’était plus entière. Louis-Philippe et Talleyrand avaient empêché l’intervention militaire en Belgique. D’accord avec le cabinet de Londres, ils avaient obtenu la réunion d’une Conférence : les plénipotentiaires des cinq grandes puissances – nous dirions des puissances à intérêts généraux – chercheraient à régler pacifiquement le conflit hollando-belge ; pour sauvegarder la sécurité générale, l’équilibre européen.

Le 20 novembre 1830, Falck donnait son avis sur la note qu’on vient de lire.

Au risque de froisser son souverain, il déclarait qu’il fallait abandonner l’espoir de châtier les rebelles, de rétablir le royaume des Pays-Bas. Ni la France, ni l’Angleterre n’y prêteraient les mains.

« Mais, écrivait-il textuellement, m’étant rendu compte qu’un de mes collègues à Londres jouit réellement d’une grande influence sur son gouvernement, j’ai donné suite au projet exposé dans la note annexée à votre lettre du 15 octobre dernier, et j’ai eu l’occasion de me convaincre que nous pourrions obtenir de grands avantages en échange de la somme mentionnée dans cette annexe… Il s’agit donc d’examiner si l’arrangement éventuel avec la Belgique ne comporte pas des éléments, comme le partage de la dette et la délimitation des frontières, qui vaudraient pour nous un sacrifice de cette importance. Les autres alliés [l’Autriche, la Prusse et la Russie] et l’Angleterre même seraient plus disposés à nous être favorables au sujet de ces deux questions, si on pouvait espérer le concours de la France. »

Falck demandait s’il pouvait aller de l’avant. Dans l’affirmative, il attendait des éclaircissements précis sur les services à obtenir du personnage à conquérir : « Ce sera au surplus mon affaire de ne rien débourser s’il n’y a rien à gagner ».

L’idée fut agréée.

Déjà Falck avait fait choix d’un intermédiaire. C’était Pierre-César Labouchère, Français d’origine, nationalisé Néerlandais, chef de l’importante firme Hope d’Amsterdam, gendre du banquier anglais Sir Francis Baring. Labouchère, installé à présent à Londres, y avait des relations étendues dans le monde des affaires et celui de la politique. Séduit naguère par les combinaisons d’Ouvrard, il avait notamment été mêlé, avec Fouché, à cet étrange projet qui devait réconcilier Napoléon et l’Angleterre grâce au partage des Etats-Unis, voire des deux Amériques (4).

Labouchère se distinguait par ses aptitudes de « moyenneur », de financier diplomate. Dans cette société, si exempte de préjugés, il était considéré comme un honnête homme…

Il avait ses entrées chez M. de Talleyrand. Il connaissait le goût du jeu, la soif de l’argent, la passion spéculative, les dépenses fastueuses de l’ex-prince de Bénévent qu’encourageait, dans son amour de paraître et de briller, la séduisante duchesse de Dino, sa nièce, son Egérie. En effet, selon Mme de Boigne, « le corps et l’Esprit du vieux diplomate s’étaient rajeunis de compagnie et, ayant fait un nouveau bail avec le monde, il ne s’occupait plus guère de la façon dont il le quitterait. »

Labouchère savait aussi que Talleyrand, orfèvre en la matière, ne témoignait pour les Belges qu’une sympathie mitigée, et ne croyait pas à la viabilité d’un pays sans unité, « où le Nord et le Midi ont des idées différentes ; où la religion est tout pour les uns, rien pour les autres ; où la langue même est différente… (5) »

Le 4 janvier 1831 - déjà la Conférence avait reconnu l’indépendance future du nouvel Etat - Falck rendait compte à Verstolk de ses entretiens secrets au sujet de la douceur à remettre au « personnage important ».

« J’ai toujours compris, écrit-il, qu’il ne pouvait être question d’offrir une douceur à un certain homme d’influence ici que dans le cas où il trouverait le moyen de sauver pour nous la souveraineté sur la Belgique. A cet égard, j’ai déjà remarqué depuis longtemps qu’il n’espérait plus arriver à cette fin, mais qu’il estimait – d’après ce que m’a dit la personne qui nous sert d’intermédiaire – que son intervention, en notre faveur, dans la question territoriale et dans celle de la dette, vaudrait bien le sacrifice dont il a été question. Je prie Votre Excellence de me faire savoir si l’on est du même avis chez Nous, ou si l’on désire s’en remettre à notre bon droit. Dans le premier cas, à savoir si l’on désire poursuivre l’affaire, le « grand homme » demande que l’on précise ce qu’il doit obtenir ; il ne prétendrait à une récompense que si le résultat répondait à notre attente, bien qu’on me laisse entendre qu’un acompte, par exemple de 10.000 livres sterling comme marque de confiance, serait le bien venu. »

Falck ajoutait : « Veuillez m’excuser d’émettre dès à présent un avis à ce sujet. D’un côté, je ne puis me dissimuler que les bonnes dispositions du personnage, dans l’estimation des charges qu’il est question d’endosser aux Belges, pourraient nous être fort utiles, même si nous ne pouvions que nous prémunir contre son opposition. Par contre, je ne puis pas m’imaginer comment il pourrait s’y prendre, non seulement pour augmenter le fardeau des Belges, mais aussi pour empêcher ceux-ci de remuer à Paris ciel et terre, afin que pareille charge ne leur soit pas endossée. »

L’ambassadeur néerlandais suggérait donc de commencer par la question des frontières : si grâce à Talleyrand, la délimitation avait lieu à souhait, il mériterait 10.000 livres ; ce serait du reste une garantie de l’influence dont Talleyrand disposait pour obtenir un partage favorable de la dette, service qui lui serait rétribué dans la suite.

Trois jours après, le diplomate néerlandais adressait un rappel à M. Verstolk : l’autre parti insistait pour hâter la solution ; si donc à La Haye on voulait poursuivre la négociation, des instructions devaient lui parvenir sans retard.

Le ministre Verstolk en référa au Souverain. Il proposa un premier versement de 15.000 livres, en prévision d’un arrangement avantageux dans les deux questions : limites et dettes – la conclusion de l’une offrant, selon lui, peu d’intérêt sans la bonne solution de l’autre. Une seconde remise, lorsque l’affaire serait définitive, c’est-à-dire, non seulement réglée dans les protocoles de la conférence, mais réellement exécutée. En tout cas, le total de la dépense n’atteindrait pas 100.000 livres. « Je me permets de faire remarquer – écrivait M. Verstolk au Roi – qu’il dépend toujours de Nous de fixer ladite somme et même de décider si nous poursuivrons cette affaire ; il s’agit en l’espèce d’un calcul des probabilités auquel on ne peut appliquer des règles fixes ni des principes. »

Guillaume 1er avait le sens des affaires ; il tint à bien préciser les conditions du contrat.

Les voici telles que Verstolk les transmit à Falck : offre au personnage désigné de 10 à 15.000 livres sterling, si la délimitation des frontières, telle que la Hollande la désire, se trouve fixée au protocole de la Conférence avant le 20 janvier, et si, en même temps, 9 à 10 millions de rentes de la dette nationale des Pays-Bas sont mis par le protocole à charge de la Belgique. Promesse de 5.000 livres supplémentaires, à l’exécution du règlement des limites ; 15.000 livres encore, lors de l’entrée en vigueur des stipulations en matière de dettes.

« On se flatte, ajoutait Verstolk, que le moyen pourra contribuer à faire arrêter dans les protocoles de la conférence, avant le 20 courant, les conditions générales de la séparation, fait auquel nous attachons la plus grande importance ; la signature de ces protocoles sera favorisée aussi par le désir de Lord Grey de pouvoir annoncer au Parlement la terminaison de l’affaire le 3 février au plus tard. (6) »

A Londres, la question belge était le nœud de multiples intrigues ; on la retournait en tous sens et plus encore dans les salons de la princesse de Lieven, de la duchesse de Dino, de lady Grey et de lady Holland que dans les séances de la Conférence.

Le 20 janvier 1831, les Plénipotentiaires se mettaient d’accord sur le protocole n° 11. Ils posaient le principe de la neutralisation perpétuelle et garantie de la Belgique. Ils prenaient pour ligne de démarcation la frontière de 1790, celle qui séparait les Pays-Bas autrichiens de l’ancienne république des Provinces-Unies ; et l’on prévoyait un échange d’enclaves, pour assurer la contiguïté des possessions de chacun des deux pays.

Sans pénétrer dans la discussion des avantages et des inconvénients que présentait, il y a un siècle, cette solution, constatons après d’autres, notamment après le chanoine De Lannoy, l’historien le plus qualifié en la matière (7), que par la démarcation du 20 janvier 1831, avantageuse à la Hollande, la Conférence repoussait les prétentions de la Belgique à la possession du Grand-Duché de Luxembourg, de la rive gauche de l’Escaut, du Limbourg en entier.

Le 27 janvier, les Protocoliseurs, comme on appelait avec dédain à Bruxelles les négociateurs de la Conférence, signaient le protocole n° 12 et l’annexe A, plus défavorables encore à la Belgique. Il s’agissait des arrangements de finance et de commerce, du laborieux partage des dettes. La Conférence confondait toutes les dettes, sans s’inquiéter de leur origine. Les 16/31 de cette dette totale étaient mis à la charge de la Belgique, soit une rente annuelle de 14 millions de florins.

Pour prouver l’iniquité de l’arrangement, il suffit de rappeler que la Hollande, avant 1815, avait une dette bien supérieure à celle des Provinces du Sud, que, de plus, pour établir la proportion, on considérait comme Belges les habitants du Luxembourg que la Conférence excluait du territoire de la future Belgique. Il est vrai qu’en retour, les Belges devaient jouir de la liberté du commerce avec les Indes néerlandaises.

Falck, on le comprend, n’a pas jugé opportun de s’appesantir, dans ses Mémoires, sur la confection des deux protocoles. Cependant certains passages sont révélateurs.

Au sujet de la répartition des 16/31 des dettes, il note : « Je ne pouvais m’imaginer que les Belges voulussent l’accepter et je ne croyais pas non plus que l’on pût obtenir le concours du gouvernement français à une disposition qui fut si accablante pour les Belges, et je puis même dire si injuste. Par contre, à La Haye, on estimait qu’on dût nous l’assurer n’importe de quelle façon, au besoin moyennant un large sacrifice. Je fus chargé de travailler Talleyrand ; on était convaincu qu’il pouvait effectuer à Paris tout ce qu’il voulait… » Puis, faisant allusion à l’intervention de Labouchère, l’auteur ajoute non sans finesse : « Je l’entrepris si bien, que Talleyrand ne fit aucune difficulté à la signature du 12e protocole daté du 27 janvier 1831. Nous avions donc les 16/31… sur le papier. (8) »

La correspondance confidentielle nous apprend davantage.

Dès le 30 janvier, Labouchère réclamait le règlement des comptes. A l’appui il fit observer que, dans le partage de la dette, la Belgique était grevée des 16/31, alors que le Cabinet de La Haye ne s’attendait qu’à 9/25 (9).

Falck manda aussitôt à Verstolk van Soelen : « Celui dont je me sers comme intermédiaire pour négocier avec la personne dont nous désirons nous assurer la bonne volonté, mérite une confiance illimitée : il est notre compatriote et M.. van Zuylen van Nyevelt (10) le connaît aussi bien que moi-même, depuis des années. J’ai donc dû me fier à ce qu’il m’a dit, à savoir qu’il n’y a rien à faire avec moins de 15.000 livres. C’est cette somme qu’on réclame à présent, et je dois céder à la pressante sollicitation qui m’est adressée à ce sujet : car, non seulement le 11e protocole nous donne à peu près satisfaction en ce qui concerne la délimitation, et le 12e protocole nous satisfait largement en ce qui concerne la dette, mais à la moindre hésitation de notre part, nous rencontrerions sur toutes choses l’opposition du principal intéressé. M. van Zuylen van Nyevelt considère, comme moi, qu’au point où sont arrivées les négociations, pareille opposition serait dangereuse, sinon funeste et de telle nature qu’elle mérite à tous égards d’être évitée par un sacrifice, même si les services rendus ne répondaient pas parfaitement à notre attente. Je suis donc prêt à faire remettre à la personne bien connue, et toujours par notre intermédiaire, quinze billets de banque, tous de 1.000 livres sterling, et à faire marquer sur chacun d’eux un signe distinctif grâce auquel on pourrait au besoin remonter à la source, ce qui compenserait l’absence de quittances et de reçus analogues – documents dont il ne faut pas songer à se servir dans des affaires comme celle-ci. Pour l’acquisition de ces billets de banque, j’ai recours à Rothschild qui tirera, pour l’import de ceux-ci, sur le ministre des Finances – aux conditions antérieures – c’est-à-dire à trois mois, à vue et payables à Amsterdam (11)… »

Quelques jours après, Verstolk obtenait et notifiait l’approbation du roi Guillaume (12).

L’affaire se termina fort simplement : Rothschild mit en circulation 27 traites, représentant la contre-valeur des 15.000 livres qu’il avait avancées sous la forme des billets remis à Talleyrand ; une nouvelle traite de 103 livres, 6 shillings – qui semble couvrir les frais de commission – fut en outre tirée sur le ministre des Finances néerlandais.

Le budget ne prévoyait pas cette dépense. Guillaume 1er ne fut pas en peine. Il prit un arrêté autorisant l’imputation des 15.103 livres 6 sh. sur un crédit exceptionnel.

Tout était donc en règle.

L’on sait qu’à Paris la signature des protocoles – du 12e notamment – causa un vif mécontentement. Louis-Philippe, épousant la cause des Belges, refusa son adhésion. Le ministre des affaires Etrangères Sebastiani s’éleva contre un partage des dettes tellement « entaché de partialité », et fit des remontrances à Talleyrand. Celui-ci, piqué au vif, défendit adroitement l’œuvre de la Conférence. Il chercha à justifier sa conduite :

Tout d’abord par l’excuse classique, mais assez inattendue de la part d’un diplomate aussi versé en choses financières : le protocole du 27 décembre était le travail de ses collègues autrichien et russe, qui possédaient sur la matière des connaissances qui manquaient aux autres membres de la Conférence, à lui-même en particulier. D’ailleurs, les clauses financières et commerciales figuraient dans le projet de traité annexé au protocole du 28 janvier sous la rubrique : Arrangements proposés ; elles étaient provisoires et pouvaient donc être remaniées.

Au surplus, les Belges recevaient, en dédommagement du fardeau des 16/31, le droit de participer au commerce colonial néerlandais, ce qui représentait un avantage considérable pour un pays de grands producteurs et de grands industriels (13). On ne disait pas que cet avantage pouvait aisément être rendu illusoire : l’administration des colonies restant aux mains des Hollandais, il leur serait facile de réduire à peu de chose la faveur accordée, soit par des entraves, soit par la concession des mêmes droits à d’autres nations, mieux dotées que la Belgique en matière de trafic maritime.

Comme Sebastiani ne se laissait pas convaincre, Talleyrand voulut avoir le dernier mot. Habile tacticien, il élargit le débat. L’élection du duc de Nemours, l’attitude indiscrète de Bresson lui en fournirent l’occasion. Il invoqua la nécessité de maintenir l’harmonie entre les puissances, l’union intime avec l’Angleterre. Il montra le danger de voir la France isolée. « C’est de notre gouvernement qu’on attend la paix ou la guerre, car on compte fort peu la Belgique ; on y fait trop de folies pour inspirer un grand intérêt (14). »

Sebastiani n’insista plus. Les Bases de Séparation, revêtues des signatures des plénipotentiaires des cinq Cours, demeuraient le pivot des discussions futures ; les Hollandais devaient s’en prévaloir longtemps encore. « Talleyrand, lit-on dans les Mémoires de Falck, quoique désavoué par son gouvernement, nous permit néanmoins d’invoquer constamment les conditions qui étaient l’œuvre de la Conférence elle-même et de lui rappeler sa promesse que les puissances ne pourraient reconnaître de souverain belge avant que ces conditions ne fussent entièrement approuvées et acceptées par lui (15). »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que des considérations politiques ne furent pas seules à inspirer la conduite de l’ambassadeur français dans cette phase des négociations.

Le prince de Talleyrand devait demeurer prisonnier de ses agissements.

Ne faut-il pas se demander, si par la suite encore, avec une conscience moins chargée, il n’eût pas plus efficacement servi la cause belge.

Ce n’est pas à la légère sans doute que la reine Louise-Marie, dans une de ses lettres familières, mais pleines de sens, écrivait à sa mère le 14 septembre 1832.

« Léopold est bien tracassé : mais il supporte tous ces ennuis, toutes ces vexations avec une tranquillité, une sérénité, un flegme, une égalité d’humeur qui excitent au plus haut degré mon admiration et qui ne fait qu’augmenter l’indignation et l’irritation que je ne puis m’empêcher de ressentir à la vue de la mauvaise foi, de l’inique mauvaise foi des puissances, et de tout le temps qui a été perdu. Car si le vieux n’avait pas reçu de l’argent de la Hollande et s’il avait voulu suivre les ordres et les instructions de cet excellent Père, il y a un an que tout serait fini, qu’Anvers serait évacué et l’Europe tranquille sur une question si périlleuse (16). »

La reine Louise ne faisait que redire sans doute ce que Léopold 1er lui confiait.

L’accusation était précise. A quels faits spéciaux se rattache-t-elle ? Je n’oserais le dire, les pièces faisant défaut.

S’ils se rapportent aux négociations des mois de septembre-octobre 1831, je ne puis mieux faire que de m’en référer à ce que le Professeur F. De Lannoy nous révèle de l’attitude de Talleyrand à ce moment.

A la suite de la campagne de Dix Jours, la Conférence avait dû remettre sur le métier les précédents arrangements. Elle cherchait les bases du Traité dit des XXIV articles.

Le vieux – selon le qualificatif peu flatteur de la jeune reine – alla délibérément à l’encontre des ordres de Louis-Philippe : c’est bien mollement qu’il soutint les intérêts de la Belgique. Transgressant des instructions formelles, il accepta la division du Grand-Duché de Luxembourg en deux parties et certifia à Paris que le partage de la dette était établi sur des bases certaines, avec les soins les plus minutieux (17).

Mais à qui revient, en dernière analyse, l’initiative de la machination ?

Sans doute à Libry-Bagnano. Du moins le vénal folliculaire s’en est-il vanté.

Libry-Bagnano, aventurier toscan, condamné en France aux travaux forcés, pour faux en écritures, marqué au fer rouge sur la place des Terreaux à Lyon, d’écrou en écrou, avait échoué en 1825 à Bruxelles. Après avoir tâté du pamphlet anticlérical, il avait lancé une imprimerie spécialement consacrée à la contrefaçon des livres français, au moyen de caractères imités de ceux de Firmin Didot. A force d’intrigues, de platitudes, il s’était insinué auprès de Van Maanen, le ministre de la Justice, qui l’avait pris dans son personnel d’affidés. Lors de la création de l’officieux National, Libry en devint l’éditeur, l’un des rédacteurs. Son arrogance, sa perfide polémique irritèrent l’opinion publique à tel point que le 25 août, après la représentation de la Muette de Portici, la foule s’en alla saccager les bureaux de la feuille du « galérien et du forçat ».

Réfugié à La Haye après les premières émeutes, émargeant, quoique brûlé, aux fonds secrets, il excitait le Roi à la résistance, à une vengeance implacable. « Sire, écrit-il, soyez terrible, terrible comme la foudre du Ciel… Déclarez Bruxelles hors de la loi avec tous ses habitants, ordonnez que cette ville infâme soit soumise ou rasée. Déclarez la guerre nationale ; montrez à la noble Hollande que vous n’êtes plus entouré que de Hollandais. »

Ce même sycophante ne proposait-il pas en 1833 de procéder à l’enlèvement de Léopold 1er, lorsqu’il ferait la traversée en Angleterre « avec la Princesse, son épouse ». On eût équipé un rapide voilier, bien garni d’armes et d’artillerie sur lequel on retiendrait « sans lui faire de mal » le royal captif jusqu’à la Restauration de la Maison de Nassau, mais en prévenant que, si des navires étaient envoyés à sa poursuite pour le délivrer, le bâtiment sauterait en l’air avec son « auguste pacotille ». Libry se déclarait prêt avec quelques hommes déterminés à faire le sacrifice de sa vie.

C’est dans la correspondance de ce personnage, qui passait pour avoir sur sa table de travail une paire de pistolets destinés à en imposer aux visiteurs incommodes, que se trouve une lettre adressée le 5 décembre 1831 au souverain des Pays-Bas.

« J’ose supplier, Sire, de vous souvenir qu’au mois de novembre 1830, je consignais dans un écrit qui passa sous les yeux de V. M., que si l’on eût offert cent mille livres sterling au prince de Talleyrand, l’affaire belge aurait été bientôt terminée, comme la justice et la raison voulaient qu’elle le fût. M. le référendaire Muller me répondit alors que la somme était énorme et le trésor obéré.

J’ose dire aujourd’hui que si la somme eût été décuplée, grande aurait été l’économie, si à ce prix la Belgique eût été domptée il y a un an.

Talleyrand est un abominable coquin, j’ai des notions tellement précises sur son compte ; en même temps c’est un homme si adroit, si habile que, même aujourd’hui, je crois qu’avec beaucoup d’or, on arriverait par son entremise au même résultat. Or c’est toujours Ouvrard, autre voleur insigne, qui serait le meilleur intermédiaire… »

Retenons le chiffre de 100 000 livres. Rappelons-nous les termes de la première note, identiques à ceux de la lettre que l’on vient de lire. Ces faits concourent à suggérer que le cynique Libry a lancé l’idée du « trafic d’influence ». Que le cabinet privé du roi Guillaume ait évité de faire connaître à ce maître chanteur professionnel la suite donnée : on le conçoit aisément. N’aurait-ce pas été lui fournir une arme dangereuse ?

Ne faut-il voir qu’une coïncidence entre la lettre du 5 décembre où Libry-Bagnano reprend son rôle de tentateur et une nouvelle combinaison qui faisait à ce moment l’objet de tractations secrètes ? Il s’agissait, cette foi, de la capitalisation de la rente imposée à la Belgique par le traité des XXIV articles (15 novembre 1831). Les plénipotentiaires, revenant sur leurs précédents calculs, avaient fixé le montant de cette prestation annuelle à 8.400.000 florins. Talleyrand s’était laissé facilement convaincre que pareille charge n’avait rien d’excessif…

Malgré les avantages que le traité des XXIV articles présentait pour la Hollande (18), Guillaume 1er en éludait la signature ; son orgueil blessé se refusait à reconnaître l’indépendance de la Belgique et le trône révolutionnaire de « Monsieur Léopold ». Confiant dans son destin, le monarque néerlandais attendait patiemment l’événement européen qui lui permît de recouvrer la domination des provinces méridionales. Guillaume excellait dans l’art de la temporisation, de la « procrastination (19) ». Etonnant procédurier, il subordonna l’acceptation du traité à une série de conditions et de réserves. Dans le nombre figurait la capitalisation de la rente belge.

L’idée, si elle ne venait pas d’Ouvrard, avait été saisie par celui-ci avec empressement. Il y avait là une belle affaire en perspective.

Ouvrard, installé à La Haye, s’était choisi les Pays-Bas, comme terrain d’exploitation. Il affichait des sympathies pour le légitimisme de toute nuance, blanc ou orange. Il exerçait ses talents sur Guillaume 1er, qui se plaisait aux systèmes les plus compliqués, témoin le syndicat d’amortissement (20). Ouvrard, « le grand génie », lui avait soumis un vaste plan de restauration des finances et du crédit de la Hollande. La capitalisation de la dette déférée à la Belgique faisait partie de ses projets. N’était-ce pas un moyen de fournir rapidement au Trésor les ressources dont il avait un pressant besoin ?

Ainsi encouragé, Ouvrard se rendit à Londres pour préparer secrètement les voies et moyens.

Grâce à la correspondance de Falck, nous soupçonnons ce qui se passa (21).

Comme précédemment, les gouvernants néerlandais cherchèrent à s’attacher Talleyrand et à agir, par lui, sur la Conférence. Ouvrard paraissant trop compromis dans les intrigues bourbonniennes, les financiers qualifiés, qu’étaient Baring et Labouchère, servirent de porte-paroles auprès du prince-diplomate. Celui-ci se montra, en principe, partisan du projet.

Bientôt les difficultés surgirent. Le roi Guillaume prétendit que la rente fût capitalisée au cours officiel de la dette des Pays-Bas du mois de juillet 1830, alors que les titres avaient baissé de 40 à 50 % depuis la révolution ! Il demanda en outre que les puissances garantissent l’opération. Dans la conception d’Ouvrard, les cinq grandes Cours devaient s’engager, semble-t-il, d’une façon plus directe encore, quitte à se couvrir, chacune pour un cinquième, par une inscription sur le grand-livre de la Belgique.

Talleyrand, tout bien disposé qu’il fût, ne cacha pas aux deux truchements, Baring et Labouchère, l’inutilité de poursuivre des négociations sur pareilles bases : jamais le Parlement d’Angleterre, ni aucune des grandes Cours, ne consentiraient à de telles obligations financières. Au surplus, le gouvernement néerlandais posait des conditions si « étranges et inattendues » à l’acceptation du traité, que la Conférence avait acquis la conviction qu’à La Haye on ne désirait nullement aboutir à un règlement final.

Le plan de capitalisation était néanmoins séduisant. Il offrait matière à compromis. Falck recommanda, comme il l’avait fait déjà dans maintes circonstances, d’adopter une attitude conciliante.

Voici quelques extraits d’une de ses lettres adressées à son beau-frère, Charles Beerenbroek, qui suivait de près l’opération (22) :

« Ce qui mettrait le comble à sa popularité (du roi), ce serait la capitalisation réelle, je veux dire l’entrée au Trésor, dans l’espace de 12 à 15 mois, d’une somme effective calculée d’après ce qui nous a été adjugée par an (8.400.000). Les améliorations que cela permettrait de faire dans le système des impôts, les facilités qui en résulteraient pour le commerce et l’industrie, la plus grande sécurité des créanciers de l’Etat, tout cela présente une masse d’avantages si considérables que l’ensemble des changements que nous demandons aux 24 articles ne mérite pas d’entrer en comparaison, et si je pouvais terminer ainsi, j’abandonnerais sans peine la question du pilotage et la liquidation du Syndicat pour ordre, et la servitude de Sittard… (23). »

Falck continuait, non sans humour, faisant allusion à ce qu’il savait de l’influence dont disposait Talleyrand :

« Je voudrais pouvoir dire : Mon Prince – car il serait peu gracieux de l’aborder par Myn goede oude sukkel (trad. : ma bonne vieille chiffe) – je viens vous tirer d’embarras. Mon Souverain consent à la délimitation tracée dans les 24 articles, bien entendu que le territoire, auquel il ne renonce pas, lui appartiendra en toute propriété, sans restrictions ni servitude aucune. (Nous exclurions ainsi de prime abord le susdit article de Sittard et la navigation dans nos eaux intérieures, dont je crois au reste que les Belges ont déjà fait leur deuil.) Je suis prêt aussi à souscrire à tout le reste, à cette seule condition que vous nous ferez avoir la capitalisation proposée par le Grand Génie (Ouvrard). Sinon, non. Ou je me trompe fort, ou il (Talleyrand) se mettrait aussitôt en quatre pour faire réussir ce projet, et il serait vivement secondé par les autres membres de la Conférence.

Ses motifs à lui, je n’ai pas besoin de vous les expliquer (24).

Ceux des autres se concentreraient (sic) tout dans ce seul point : échapper à la triste nécessité de délibérer sur des moyens coercitifs soit contre la Hollande, soit contre la Belgique – nécessité qui leur pèse sur le cœur d’un si grand poids que, quelque fût en définitive le résultat de notre ouverture, ils commenceraient par nous savoir gré de l’avoir faite et nous rendraient cette bienveillance qui, tant que nous aurons à traiter avec les Puissances, ne sera jamais à dédaigner.

Mais comprenez-moi bien. S’ils accueillent, s’ils favorisent, s’ils recommandent à leurs cours respectives l’idée de la capitalisation, ce sera uniquement parce qu’elle les dispense de toucher à leur traité du 15 novembre dans ses parties principales, ou d’exiger de Léopold des modifications que, dans sa position, il lui serait impossible d’accorder. Si nous insistons pour en avoir de cette nature, nous laissons ces Messieurs au milieu de leurs plus grandes difficultés et perdons par là même l’espoir de les voir prêcher avec énergie et avec amour la capitalisation d’Ouvrard.

Souvenez-vous que c’est toujours de celle-là que je parle, car la simple prise en charge par la Belgique du capital, au lieu des intérêts ne fait pas notre affaire et ne mérite pas, à mon avis, qu’on se donne beaucoup de peine. Le taux de la réduction est encore un point sur lequel je me montrerais coulant. L’échelle de Juillet 1830 ne sera pas longtemps soutenable. Heureusement, il y a beaucoup de degrés entre celle-là et le minimum jusqu’auquel on peut consentir à descendre pour voir réaliser la grande idée. Les avantages auxquels j’ai fait allusion plus haut ne tiennent pas à une vingtaine de millions de plus ou de moins. Ce serait là l’objet d’un examen ultérieur. »

Ces conseils ne furent pas écoutés à La Haye. Peu de temps après, Falck abandonnait son poste d’ambassadeur et de plénipotentiaire à la Conférence de Londres (25).

Un dernier épisode. Ouvrard, le « légitimiste », y est encore mêlé (26).

Animateur du Comité carliste de La Haye, notre financier-diplomate avait imaginé d’associer les intérêts de la duchesse de Berry à ceux de la maison d’Orange.

A l’en croire, il aurait obtenu l’adhésion de Guillaume 1er à un pacte d’alliance, aux termes duquel, le roi des Pays-Bas garantissait la levée d’un emprunt de 100 millions à Madame « proclamée régente », et cédait la Belgique à la France, si celle-ci reconnaissait les droits de Henri V. Le roi de Hollande ne se serait réservé qu’Anvers, Maestricht et la navigation de l’Escaut.

Que Guillaume 1er ait été saisi de propositions de ce genre, la chose est fort possible ; qu’il ait appelé de ses vœux le retour des Bourbons, tout l’indique. Mais de là à signer un traité en forme, à sacrifier les provinces méridionales qu’il rêvait de recouvrer, il y a loin, ainsi que le montrent certaines lettres du prince d’Orange, qui, en juillet 1832, répondit aux avances de la duchesse de Berry sur l’air : En chevalier prudent.

Cependant, lorsque le protocole du 1er octobre 1832 eût menacé la Hollande de mesures coercitives, il se peut que Guillaume 1er, envisageant une diversion carliste, ait été à ce moment mieux disposé à abandonner à la mère du duc de Bordeaux, une partie de cette Belgique qui lui échappait.

On sait ce qui advint. La trahison de Deutz, l’arrestation de Marie-Caroline, brisèrent les folles espérances de la « légitimité ». En ce qui concerne le roi Guillaume, la négociation tourna court.

Au surplus, fait nouveau, le 23 décembre 1832, les troupes du maréchal Gérard délogeaient les Hollandais de la citadelle d’Anvers (27).

Michel HUISMAN.


Notes.


(1) Les textes cités, qui ne figurent pas dans les Gedenkschriften van A. R. Falck (S. Gravenhage, 1913), proviennent du Ryksarchief de La Haye. Fonds : Buitenlandsche Zaken et Papiers de la Famille Falck.

(2) G. WEILL, Le financier Ouvrard (Revue Hist., 1918, p. 31-61). – Arthur Lévy, Un grand profiteur de guerre sous la Révolution, l’Empire et la Restauration. G. J. Ouvrard. Paris, 1929. – Otto WOLFF, Die Geschäfte des Herrn Ouvrard. Frankfurt am Main, 1933.

(3) G. LACOUR-GAYET, Talleyrand. T. III, p. 250. Paris, 1931.

(4) G. LABOUCHÈRE, Un financier diplomate au siècle dernier : Pierre-César Labouchère (1772-1839). (Revue d’Histoire Diplomatique, 1913, 1914-1915). – G. LACOUR-GAYET, Talleyrand. T. II, p. 295-297. – BLOK, Geschiedenis van het nederl. Volk. Derde druk. Vierde deel, p. 139 et ss.

(5) Talleyrand à Madame Adélaïde. Londres, 3 décembre 1830. (Nouv. Revue rétrospective, 1901, 2e semestre, p. 231).

(6) Verstolk à Falck, 11 janvier 1831 (Gedenkschriften, p. 629).

(7) Fl. DE LANNOY, Histoire Diplomatique de l’Indépendance Belge. Bruxelles, 1930.

(8) Gedenkschriften, p. 311.

(9) Id., p. 629.

(10) Hugo van Zuylen van Nyevelt, second plénipotentiaire néerlandais à la Conférence de Londres.

(11) Gedenkschriften, p. 629.

(12) Verstolk à Falck, 7 février 1831 (R. A. Papiers Falck).

(13) Talleyrand à Sébastiani, 29 janvier et 4 février 1831. (PALLAIN, Ambassade de Talleyrand à Londres (1830-1834), 1ère Partie. Paris, 1891, p. 193-198).

(14) Talleyrand à Sébastiani, 7 février 1831 (Id., p. 206).

(15) Gedenkschriften, p. 311.

(16) La Cour de Belgique et la Cour de France de 1832 à 1850. Lettres intimes de Louise-Marie d’Orléans publiées par le Comte d’Ursel. Paris, 1933, p. 5.

(17) Fl. De Lannoy, ouvr. cité. – Du même, L’idée favorite de Talleyrand. (Dans : Etudes sur les mouvements libéraux et nationaux de 1830. Paris 1832, p. 170).

(18) Appréciant le traité des 24 articles, Falck écrivait le 22 novembre 1831 à son collègue Fagel à Paris : « Nous n’avons pas lieu de nous plaindre puisqu’au point de vue du territoire, le Midi est la partie perdante et qu’à l’égard de la dette, nous éprouvons un soulagement supérieur à celui que nous pourrions rigoureusement prouver nous être dû. » Cf. Falck’s Brieven, p. 328-330.

(19) Louis-Philippe à Talleyrand, 19 novembre 1831 (Gedenkstukken der alg. gesch. van Nederland 1795-1840. Tiende deel. Tweede stuk, p. 276).

(20) Mareuil à Casimir Périer ; La Haye, 20 février 1832 (Gedenkstukken, ouv. cité, p. 302). – Binder à Metternich, La Haye, 26 octobre 1831 et 28 février 1832 (Gedenkstukken, Tiende deel, derde stuk, p. 224 et 262).

(21) Voir notamment la lettre de Verstolk van Soelen à Falck du 10 décembre 1831 et les lettres de Falck à Verstolk des 21 décembre 1831, 3 janvier et 25 février 1832 (Gedenkstukken, p. 642-643).

(22) Gedenkschriften, p. 645.

(23) Le traité des 24 articles stipulait, entre autres, en ce qui concerne la navigation de l’Escaut, que le pilotage, le balisage, ainsi que la conservation des passes, en aval d’Anvers, seraient soumis à une surveillance commune ; que des droits de pilotage modérés seraient fixés d’un commun accord. Les Belges obtenaient le droit à la navigation des eaux intermédiaires Escaut-Rhin. Il leur était assuré la faculté de prolonger à travers le canton hollandais de Sittard, la nouvelle route ou le nouveau canal qu’ils construiraient en Belgique et qui aboutirait à la Meuse vis-à-vis de ce même canton de Sittard.

(24) Cette phrase n’est pas soulignée dans le texte.

(25) Gedenkschriften, p. 315.

(26) H. TIERRA, La Duchesse de Berry. Paris, 1900. – E. DEJEAN, La Duchesse de Berry et le comité Carliste de La Haye. (Revue Historique, t. CX, p. 32-55, 270-290). – G. WEILL, art. cité.

(27) M. Arthur LÉVY a signalé (ouvr. cité, p. 254) le rôle d’Ouvrard en qualité d’agent matrimonial procurant à la duchesse de Berry l’époux complaisant que l’on sait… Malgré les ans, Ouvrard continua d’élaborer les plans les plus mirifiques. L’une de ses dernières négociations eut pour objet la cession des Philippines à la Belgique, moyennant la garantie d’un gros emprunt ou le paiement d’une belle somme en faveur du gouvernement espagnol aux abois (1840-1842).

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in REVUE D'HISTOIRE MODERNE TOME IX - PARIS - 1934










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