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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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INTERVENTION DE

ROBIN HARRIS

DEVANT LES AMIS DE TALLEYRAND :

THE TRAVELLERS CLUB,

LONDRES - 18 MAI 2007





TALLEYRAND ET LES BRITANNIQUES




C’est un grand plaisir pour moi de rencontrer Les Amis de Talleyrand. Vitrolles reprochait au prince, de son vivant, de ne pas avoir de véritables amis. Ce n’était pas vrai à l’époque. Et ce n’est manifestement pas le cas aujourd’hui.

On sent que le Prince de Talleyrand aurait apprécié cette réunion. Il était certainement accueilli comme chez lui dans ce club. D’ailleurs, il a toujours apprécié Londres – nul doute qu’il eut été d’accord avec le Dr Johnson pour dire que « Celui qui s’ennuie à Londres s’ennuie dans la vie » et Talleyrand, en dehors d’épisodes de dépression, ne s’est jamais ennuyé. Le prince avait probablement presque autant d’amis anglais que d’amis français. Et naturellement, en tout lieu et toute occasion, il aimait être le centre de l’attention. Donc, oui, il nous aurait adressé tous ses vœux.

Les biographes britanniques de Charles-Maurice de Talleyrand l’ont dans l’ensemble traité avec bienveillance, plus que les Français. Henry Lytton Bulwer, écrivant vers la fin du XIXe siècle, doutait « que la personnalité [de Talleyrand] ait été rendue avec justice, ou que ce moment soit apprécié à sa juste valeur » et il se mit en demeure de rectifier les choses. L’étude de référence de Duff Cooper en 1932, maintenant traduite en français, lui est également très favorable, l’auteur considérant que son sujet d’étude était « un vrai patriote et un homme d’Etat sage ». (1) Récemment, ma propre biographie a été jugée indulgente à l’excès par un critique, l’historien britannique Andrew Roberts, qui juge que Talleyrand était « l’un des êtres humains les plus révoltants à avoir souillé la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe ». (2) Heureusement, Monsieur Roberts se montre infiniment plus indulgent avec le livre et son auteur.

Naturellement, il était plus difficile pour ses biographes français de se détacher des tumultes idéologiques dans lesquels le Prince a vécu. Certains, comme Chateaubriand, n’ont pas ressenti ce besoin, mais dans son cas, la perte pour l’Histoire devint le glorieux profit de la littérature. Même le travail magnifique de Lacour-Gayet est, au moins pour un œil anglais, quelque peu déformé par son évaluation hautement critique de l’action diplomatique européenne du Prince, à la lumière des désastres ultérieurs et particulièrement de la guerre franco-prussienne. Par comparaison, la dernière biographie en date d’Emmanuel de Waresquiel parvient à une distanciation véritablement anglo-saxonne des vieilles controverses, tout en jetant un faisceau de nouveaux éclairages sur la carrière du prince. Tous ses biographes ultérieurs, moi compris, lui en sommes et lui en seront toujours redevables.

Les jugements des Britanniques sur Talleyrand ont été, dans l’ensemble, plus favorables, en partie parce qu’ils pouvaient être plus objectifs. Mais nous ne devons pas négliger une autre explication, à savoir, que la société britannique dans laquelle Talleyrand évolua à différentes époques de sa carrière partageait largement les valeurs qui en avaient fait celui qu’il était. L’un des éclairages important offert par Waresquiel est à quel point la personnalité de Talleyrand, ses opinions et convictions ont été façonnées durant la période pré-révolutionnaire. En tant qu’homme de la fin du XVIIIe siècle – une époque qu’il décrivit dans une formule célèbre comme représentant le point culminant de la douceur (ou peut-être du plaisir) de vivre –, il était compris et apprécié d’une société anglaise qui incarnait un niveau unique de continuité européenne.

Dans ce qui suit, je souhaite d’abord considérer ce que les Britanniques pensaient de lui, puis ce qu’il pensait d’eux. Enfin, j’ajouterai quelques réflexions sur la nature de leurs affinités respectives.

Tout ne fut pas sans nuages et d’autant moins quand l’encore juvénile Charles-Maurice arriva comme envoyé officieux de la Révolution, en 1792, d’abord seul, puis, plus tard, comme mentor de Chauvelin. George III l’ignora. La Reine lui tourna le dos. Pitt qui, en 1783, avait logé dans son appartement tandis qu’il étudiait le français, le fuyait. Ces réactions furent imitées à plus grande échelle. Il existe une description frappante, par Dumont de Genève, de la foule britannique s’écartant avec désapprobation devant Talleyrand, Chauvelin et leurs collègues, quand ils visitèrent les jardins d’agrément du Ranelagh. Dumont nota sur l’épisode « que M. de Talleyrand n’était en aucune manière affecté ou déconcerté, et que M. Chauvelin l’était beaucoup ». (3) Evidemment, durant ces épreuves, Charles-Maurice trouva un accueil bien plus chaleureux auprès des membres du parti Whig, comme le marquis de Lansdowne, et reçut même des conseils bien intentionnés sur comment contrer les calomnies malveillantes. Mais plus ses relations s’amélioraient avec le courant libéral, plus la méfiance envers lui grandissait dans les cercles conservateurs et du gouvernement. Et bien sûr, les événements de Paris, le désordre grandissant, la chute de la monarchie, l’exécution du roi, les prémices de la guerre, feront des Britanniques libéraux et francophiles une minorité de plus en plus contestée.

A ce moment-là, Talleyrand avait lui-même fui Paris au lendemain des massacres de septembre pour trouver refuge à Londres. Lui et la seconde vague des émigrés français, les constitutionnalistes, savaient qu’ils devaient se montrer prudents en Grande-Bretagne. Cette prudence était renforcée par leur manque d’argent. Talleyrand choisit de séjourner à Juniper Hall et à Bowood House, chez Lord Lansdowne, non seulement pour les plaisirs bucoliques, ou même pour la compagnie d’Adélaïde de Flahaut ou de Germaine de Staël, mais parce que la vie à la campagne était de beaucoup moins onéreuse que la vie dans la capitale (un fait que vous serez vous-mêmes en mesure de confirmer !).

Talleyrand démontrait déjà sa remarquable capacité à charmer les Anglais, au premier rang desquels les dames anglaises comme Fanny Burney, qui commença par beaucoup s’en méfier, mais fut vite séduite. Comme elle l’exprime dans une lettre à son amie Madame Lock : « C’est inconcevable, la convertie que Monsieur de Talleyrand a fait de moi. Je pense désormais à lui comme à l’un des premiers membres et l’un des plus charmants de ce groupe délicieux… Ses pouvoirs de divertissement sont confondants, que ce soit pour l’information ou la raillerie ». (4)

C’est avec les autorités qu’il rencontra des difficultés. Pendant des mois, Talleyrand s’attendit à devoir quitter la Grande-Bretagne, mais quand l’ordre sec finit par arriver, il n’en fut pas moins choqué et indigné. Malgré ses appels (restés sans réponse) à Pitt et Windham, il fut dument expulsé dans le cadre de la loi sur les étrangers et partit finalement pour Philadelphie à bord du William Penn le 2 mars 1794 – en passant d’ailleurs par ma ville natale, le port de Falmouth aux Cornouailles.

Le séjour de Talleyrand dans les tout jeunes Etats-Unis lui donna sans aucun doute de nouvelles perspectives sur la Grande-Bretagne et il semble avoir profité de l’occasion pour améliorer son anglais – même si je ne connais pas d’occasion où il l’utilisa par la suite, si l’on fait exception de mots ou phrases occasionnels dans ses lettres. En Amérique, il ressentit fortement qu’il voyait une prolongation de la civilisation anglaise – même si, comme Chateaubriand avant lui, il jugea très peu cultivés la plupart des Américains qu’il rencontra. Son retour en France en 1796 et ses fonctions auprès des régimes successifs lui permirent d’approfondir sa réflexion sur les relations franco-britanniques et je commenterai ses conclusions dans un moment. Mais pour poursuivre dans notre thème, ce que les Anglais pensaient vraiment de lui, nous devons nous transporter plus avant, à son arrivée à Londres en septembre 1830, après une traversée de la Manche pénible, comme ambassadeur de France auprès de la Cour de Saint-James.

Le Prince était alors très connu et probablement aussi considéré par ses hôtes que les autres titulaires de cette charge l’avaient été. Le carrosse jaune qui le transporta autour de la ville avec la Duchesse de Dino fut très applaudi. Le Times relata avec empressement qu’ils avaient été vus en train d’inspecter les améliorations du Strand (5). Un jour, à Kensington, alors qu’ils descendaient de leur voiture, Dorothée fut amusée de voir un passant soulever son épouse à bout de bras afin qu’elle puisse voir brièvement cette célébrité française. Devant un célèbre magasin de gravures de Londres, Colnaghi’s, encore situé dans Cockspur Street, elle surprit une conversation révélatrice. Dans la vitrine, une gravure du portrait de son oncle par Ary Scheffer en 1828 trônait à côté d’un portrait de Pitt. Quelqu’un regardait le portrait de Pitt et commenta que voilà un homme qui avait créé de grands événements avant d’ajouter, en regardant la gravure de Talleyrand : « Celui-ci savait les prévoir et les exploiter à son avantage » (6). La légende de la clairvoyance politique du prince avait traversé la Manche.

Dans la classe dirigeante britannique, Talleyrand jouissait encore des bénéfices de ses relations avec les Whig et Lord et Lady Holland étaient ses plus proches amis dans ce cercle (il avait fait la connaissance de Holland dès 1791, alors qu’il était encore évêque) (7). Mais le prince avait aussi d’excellentes entrées dans les cercles conservateurs grâce à sa longue collaboration avec le Duc de Wellington, qui se transforma en amitié. Les louanges un peu excessives de Wellington à l’endroit de Talleyrand, quand il fut attaqué par le Marquis de Londonderry à la Chambre des Lords, firent pleurer le prince de gratitude. Au moins aussi réconfortantes furent certainement les attentions de la belle, fabuleusement riche et très réactionnaire Lady Jersey, qui tenait le salon le plus prestigieux de Londres. Mérimée décrit le Prince en train de se livrer à son répugnant gargarisme de nez après une réception mondaine à Londres, tandis que Sarah Jersey se tenait derrière lui en lui présentant sa serviette. A une autre occasion, il trouva Talleyrand entouré de ses pairs, dont le comportement était « obséquieux et presque servile ». (8)

A la fin du séjour de Talleyrand à Londres, les avis étaient, il faut bien le dire, plus contrastés. Il s’était sérieusement brouillé avec Palmerston, dont la grossièreté irritait le prince et faisait enrager la Duchesse de Dino. Dans le même temps, il était toujours proche des Holland et continuait à dîner régulièrement à Holland House. Durant une de ces soirées, le prince fit la lecture à ses hôtes des premiers chapitres de ses mémoires, contenant le récit (quelque peu fallacieux) de son enfance. Holland en fut profondément ému, non seulement par la teneur, mais par la lecture « timide et nerveuse » qu’en donna Talleyrand, ajoutant : « J’aurais pu rester assis jusqu’au lever du soleil et de là, jusqu’au coucher du soleil, à écouter ces mémoires ». (9) Charles-Maurice n’avait pas perdu un iota de son talent d’acteur.

Il était d’excellente compagnie, comme Charles Greville, greffier du Conseil du Roi et visiteur régulier, s’en souvient dans son journal :

« Rien ne pouvait être plus accueillant, rien n’était plus courtois et aimable que lui. Jouissant de facultés toujours intactes et d’une mémoire pleine des souvenirs de sa carrière extraordinaire et mouvementée, et d’une mine inépuisable d’anecdotes, son grand plaisir était de raconter des histoires, ce qu’il faisait avec une abondance, une vivacité et une finesse qui n’appartenaient qu’à lui, et qui étaient au plus haut point intéressantes et captivantes. Il exposait une sagesse conservatrice, « de conseils modérés et bienfaisants », dans toutes ses pensées, ses mots et ses actions, qui seyait à son âge et à son rang, très influent de part sa sagacité et son expérience, et qui le présentait aux yeux des hommes comme un homme d’Etat de l’envergure de Burleigh ou Clarendon pour la prudence, la modération et la discrétion ». (10)

Après son départ définitif l’année suivante, on se plaignit cependant beaucoup du conseil qu’il avait donné à Louis-Philippe de prendre des distances avec la Grande-Bretagne. On suggéra, même parmi ses admirateurs, qu’il avait permis à son hostilité pour Palmerston de fausser son jugement. Et les Whigs furent particulièrement exaspérés par des rapports - qui étaient vrais - annonçant qu’il préférait maintenant les conservateurs.

On peut trouver à ce sujet une correspondance intéressante et amusante dans les archives de Holland House, déposées à la British Library. Talleyrand, écrivant à Lord Holland depuis sa demeure de Point-de-Sains, près de la frontière belge, le 22 juin 1835, rappelle qu’il avait invité Lady Holland à lui rendre visite. Mais :

« ...[J]e me garderai bien de lui faire semblable aujourd’hui que je sais trop bien que je suis à ses yeux un Tory déguisé. Je croirais que Conservatif libéral serait plus exact, car à mon âge on veut être libre et conserver ce qui est acquis. C’est pour cela que je ne permets pas que l’on abatte un seul des arbres qui couvrent de leurs vastes ombrages la jeune tête de Pauline... Mes hommages à l’hostile Lady Holland ». (11)

La distinction entre un Tory déguisé et un conservateur libéral est, devrais-je ajouter, judicieuse dans le contexte britannique et révèle la compréhension subtile que Talleyrand avait de la vie politique britannique de son époque. Il se définit en substance comme un partisan de Sir Robert Peel et non pas de la droite Tory non reconstruite.

D’un point de vue humain, il est plaisant de trouver un brouillon de lettre de Lady Holland - j’ignore où se trouve la copie définitive -, où elle se défend d’avoir jamais été « hostile ». Que ce soit vrai ou non, le ton affectueux du reste de la lettre montre que la politique n’avait pas détruit l’amitié. Talleyrand écrivait encore en janvier 1837 pour dire à quel point lui avait été utile « le merveilleux petit fauteuil qui me vient de Holland House ». Il avait d’abord été peu impatient de l’essayer et voici comment il explique sa réticence initiale : « J’ai eu un peu à surmonter pour me décider à l’état du palanquin, et si votre vieille amitié n’en avait pas ordonné autant, je serais encore réduit à mes pauvres jambes ».

Cette correspondance m’amène, en fait, à mon second thème, à savoir, comment Talleyrand voyait les Britanniques. Si je commence par ses sentiments, plutôt que par ses calculs, ce n’est pas parce qu’ils étaient plus importants mais parce qu’ils étaient plus complexes qu’on l’a parfois suggéré. Talleyrand avait, comme je l’ai dit, des amis anglais proches. Ses lettres à Lord Holland sont intimes dans le ton, signées « T » ou « Talley » et adressées à « Mon très cher ami », ou même (de façon incorrecte, mais avec affection) « Très cher ». Le 23 septembre 1832, alors qu’il quitte Londres pour affaires et pour raisons familiales, il écrit pour exprimer ses regrets :

« Je me soumets à cette nécessité – je dis nécessité parce que la vérité est que je me plais beaucoup en Angleterre. On m’y donne des marques de bonté continuelles, j’en suis très reconnaissant, la vie que j’y mène me convient, le climat, même pendant l’hiver, ne me fait aucun mal, j’y aime particulièrement quelques personnes, et vous à la tête ». (12)

La Duchesse de Dino était encore plus séduite par les Anglais que lui, si cela est possible, mais bien sûr Dorothée était plus jeune, plus influençable et il s’agissait de sa première expérience de ce pays. Elle décrit avec des accents lyriques Londres au mois de mai (1834) et vous pourrez juger par vous-même si elle exagérait :

« Voici le joli moment de parcourir Londres : cette multitude de squares, si verts, si fleuris ; ces parcs si riches de végétation ; toutes ces vérandas suspendues aux maisons et couvertes de fleurs, ces plantes grimpants qui tapissent les murs de beaucoup de maisons jusqu’au second étage, tout cela est d’un coup d’œil si doux qu’on regrette un peu moins le soleil, qui aurait rapidement fait justice de tant de fraîcheur ».

Dorothée admirait les Anglaises pour leurs longs cheveux blonds, leurs joues roses, leur cou blanc, seulement ternis (jugeait-elle) par leur manque d’expression et d’animation (nous pouvons imaginer que son oncle avait lui aussi pris bonne note de ces caractéristiques). Elle appréciait également les qualités morales des Anglais. Leur conversation était froide, réservée et sans imagination, mais en dessous se trouvaient du bon sens, de l’intégrité et même une certaine finesse. (13)

Talleyrand lui-même a toujours éprouvé des sentiments contradictoires sur le caractère britannique - qu’il gardait soigneusement par devers lui, bien entendu. Comme en écho à sa désapprobation du matérialisme rencontré aux Etats-Unis, il écrit à Madame Adélaïde, sœur de Louis-Philippe, en décrivant la population de Londres comme « quinze cent mille âmes, si l’on peut désigner par âmes les égoïstes qui l’habitent ». (14)

Sa critique de cet aspect de la culture anglo-saxonne, qui a toujours cours en Europe aujourd’hui, découlait très certainement de l’antipathie du prince pour la religion protestante (pour des raisons esthétiques autant que théologiques). Mais ses réserves sur les Anglais avaient aussi des origines politiques.

Il faut garder à l’esprit que Talleyrand était, d’abord et avant tout, un homme politique. Il comprenait le pouvoir et analysait son utilisation même quand il n’en détenait aucun et n’exerçait que peu d’influence. Depuis ses premiers jours comme diplomate, c’est pour des raisons strictement pragmatiques qu’il pensait que la France et la Grande-Bretagne avaient des intérêts communs. A son avis, qui ne varia jamais, la France, nation principalement agricole et la Grande-Bretagne, nation principalement industrielle et commerciale, devaient être capables de bénéficier mutuellement de leurs ressources respectives. En matière d’économie, il restera en fait un libéral jusqu’à la fin de ses jours. Il était aussi ce que nous appellerions dans ce pays « un homme d’argent avisé ». Il était d’avis, comme son premier mentor le financier Panchaud, qu’entre la Grande-Bretagne et de la France, la nation qui aurait le dessus serait celle qui parviendrait en premier à pouvoir assurer son crédit par une gestion avisée de sa dette. Et malheureusement, il découvrit que c’était la Grande-Bretagne. Talleyrand avait en fait une conception de la politique économique très anglaise et je peux même dire, malgré l’aspect provocateur, une conception thatchérienne de l’économie.

Certaines de ses intuitions les plus fines dans ce domaine peuvent être trouvées dans sa conférence de 1797 à l’Institut National des Relations Commerciales Anglo-américaines (une version un peu différente de cette intervention se trouve dans une lettre de 1795 adressée à Lord Lansdowne). Il avait été frappé par le fait que quelques années à peine après avoir conquis leur indépendance de la Grande-Bretagne avec l’aide de la France, les Américains étaient à nouveau beaucoup plus proches de la première que de la dernière. L’explication en est double.

La première est le lien procuré par une langue commune et par des systèmes institutionnels et juridiques semblables. Mais la seconde fut l’effet de la sage politique de la Grande-Bretagne de libéraliser le commerce et de procurer le capital. Les liens économiques ont ainsi affaibli la proximité politique, exactement comme si les pouvoirs économiques et politiques étaient interdépendants.

D’influence encore plus durable sur sa réflexion est la fine compréhension qu’il avait des arrangements constitutionnels britanniques. S’il existe un seul fil continu dans sa pensée politique, c’est celui-ci. Il faisait partie d’un groupe de réformateurs libéraux, conduits pendant un temps par Mirabeau, qui voulaient instituer un équivalent à la liberté contrôlée et à la monarchie limitée qu’ils voyaient de l’autre côté de la Manche. Talleyrand s’est par exemple opposé à ceux qui voulaient mettre un terme au veto royal. Il voulait aussi voir la création à partir des Etats Généraux d’une chambre haute, similaire à la chambre britannique des Lords. Il pensait que l’aristocratie, dans les deux pays, avait un rôle important à jouer, il se méfiait de la concentration des pouvoirs et, par-dessus tout, il craignait et détestait la démagogie. Ce qu’il vit de la Révolution renforça cette conviction.

Le constitutionnalisme à l’anglaise était naturellement de peu d’utilité sous Napoléon. Mais Talleyrand ne renonça jamais complètement sur ce sujet. Ainsi, dans un ardent reproche à Madame de Rémusat qui avait loué inconsidérément l’empereur, le prince répondit :

« Tremblez! Insensée que vous êtes, des succès de l’Empereur sur les Anglais! Car, si la constitution anglaise est détruite, mettez-vous bien dans la tête que la civilisation du monde sera ébranlée jusque dans ses fondements. » (15)

Après la restauration des Bourbons, Talleyrand prouva que ses convictions profondes n’avaient pas du tout changé. Ce fut de façon significative durant le Sénat napoléonien qu’il choisit de légitimer le changement de régime. Paradoxalement, il s’opposa ensuite à Louis XVIII en défendant une chambre haute héréditaire. Le roi voulait garder le pouvoir de récompenser et punir par l’attribution de charges. Le prince, lui, avait saisi - à partir de l’exemple britannique - qu’une chambre haute héréditaire enracinerait la monarchie, même si elle limitait le pouvoir du gouvernement. Le bref intermède de Talleyrand comme Président du Conseil fut remarquable par son libéralisme, qui alla plus loin qu’il n’était sage pour ses propres intérêts politiques. Son programme s’inspira à plusieurs reprises d’exemples britanniques. Ainsi, par exemple, le nom qu’il donna au document constitutionnel sur laquelle la monarchie restaurée s’appuyait - la Charte - s’inspire du document constitutionnel fondateur de la Grande-Bretagne - Magna Carta. De même, dans son discours de présentation du nouveau souverain au Sénat, Talleyrand observa, avec des mots que Louis n’a pas dû apprécier :

« Une charte constitutionnelle réunira tous les intérêts a celui du trône, et fortifiera la volonté première du concours de tous les volontés. Vous savez mieuz que nous, Sire, que de telles institutions, si bien éprouvées chez un people voisin, donnent des appuis et non des barrières aux monarques amis des lois et pères des peuples ». (16)

C’est seulement à l’instauration de la Monarchie de Juillet que Talleyrand trouva un régime, et même un monarque, à son goût. A ce moment-là, en effet, il était plus préoccupé des atteintes à l’ordre qu’à la liberté. Mais ses opinions étaient de toute façon devenues plus conservatrices – comme la lettre à Lord Holland citée plus tôt le confirme.

A la lumière de ceci, il est tentant de voir dans l’évidence de la pensée libérale de Talleyrand sur les questions juridiques et constitutionnelles le fondement de l’attitude générale du prince envers la Grande-Bretagne. Maurice Schumann a argumenté avec force dans une conférence sur le sujet que Talleyrand était même « le prophète de l’entente cordiale ». (17) Mais le Prince n’est pas un prophète convaincant, et toutes ses vues ne s’intègrent pas naturellement dans ce cadre d’analyse.

Il est difficile, par exemple, de trouver la moindre bienveillance envers la Grande-Bretagne dans les décisions de Talleyrand en tant que Ministre des relations extérieures, sous le Directoire et sous Napoléon. Dans ses mémoires, il blâme le Premier Consul pour n’avoir pas su modérer ses ambitions et en particulier, d’avoir échoué à consolider le modus vivendi établi avec la Grande-Bretagne depuis la paix d’Amiens en 1802. Il existe peu de preuves qu’il pensait cela à l’époque des faits. A mon avis, il n’y a pas non plus grande preuve qu’il eut raison dans sa critique générale de la politique de Bonaparte. La Grande-Bretagne ne pouvait pas accepter de façon permanente un contrôle des Français sur les Pays-Bas et la domination de l’Europe, avec ou sans provocations particulières ; la résurgence du grand conflit était donc inévitable.

Il faut chercher ailleurs un meilleur guide à la pensée de Talleyrand durant ses années comme Ministre des affaires étrangères. Le livre intitulé L’État de la France à la fin de l’an VIII est, bien entendu, principalement une œuvre de propagande, écrite principalement par son aide, Hauterive. Mais Talleyrand en aurait approuvé à n’en pas douter l’analyse sous-jacente. Elle consistait en l’idée que le vieil équilibre européen avait été bouleversé par trois facteurs : la domination de la Prusse dans le nord de l’Allemagne, l’expansion de la Russie en Europe par les partitions de la Pologne et enfin, ceci n’étant pas le moins important, par le quasi monopole maritime détenu par la Grande-Bretagne.

Nous devrions aussi nous reporter au contenu de son remarquable Mémorandum à l’Empereur d’octobre 1805. L’hypothèse, ici, est que la Grande-Bretagne et la Russie resteraient hostiles à la France. La clef pour les abattre, ou tout au moins les contenir, est de soustraire l’Autriche, en contraignant Vienne à tourner son attention vers les Balkans, loin de l’Italie. Le but à long terme est de contraindre la Russie et la Grande-Bretagne à entrer en concurrence en Asie. Cette analyse est basée sur une realpolitik classique. Elle ne témoigne d’aucun attachement à la Grande-Bretagne. Seule l’Autriche, comme le regretta l’empereur, bénéficiait d’un traitement de faveur.

L’approche de Talleyrand lors du Congrès de Vienne apparaît différente en première analyse. Sa stratégie était basée, comme nous le savons, sur l’obtention du soutien britannique pour entraîner la France dans une alliance paritaire avec la Grande-Bretagne et l’Autriche contre la Russie et la Prusse. Une fois de plus, cependant, ce sont les intérêts nationaux - et dynastiques, inévitablement - qui gouvernaient sa réflexion. La Grande-Bretagne comme la France est - affirme-t-il - conservatrice, en ceci qu’elle ne veut rien de plus que le maintien de ses possessions existantes et la préservation de l’équilibre européen. Ceci, par-dessus tout, est ce qui fait de la Grande-Bretagne l’alliée naturelle de la France.

La realpolitik est cependant une description insatisfaisante de la doctrine de Talleyrand en politique étrangère et il l’aurait rejetée. Les valeurs sont importantes pour lui, car il comprend que valeurs et intérêts sont liés. Le prince espérait qu’une monarchie libérale française pourrait solliciter l’appui d’une Grande-Bretagne libérale contre les menaces que constituaient les trois pouvoirs réactionnaires de la Russie, de la Prusse et de l’Autriche - car moins d’un an après le Congrès, il avait commencé à ne plus voir cette dernière d’un œil favorable.

Bien entendu, après 1820, la monarchie des Bourbons fut loin d’être libérale et Talleyrand n’était plus de toute façon au pouvoir. Mais sa préférence n’avait pas changé. Et à partir de 1830, il put à nouveau la proposer comme une alternative concrète.

En tant qu’ambassadeur, il exprima cette pensée dans une dépêche du 27 novembre de cette année à son Ministre des Affaires Etrangères, Sébastiani :

« Nous devons donc chercher à nous rapprocher davantage des gouvernements où la civilisation est plus avancée; c’est là que sont nos vraies ambassades de famille. Ceci conduit naturellement à regarder l’Angleterre comme la puissance avec laquelle il faut convenir d’entretenir le plus de relations ; je dois faire observer qu’il y a entre elle et nous des principes communs, et c’est la seule puissance avec laquelle nous en ayons d’essentiels. Si dans quelques points, nous avons des avantages sur l’Angleterre, dans autres aussi elle l’emporte sur nous. Il y a ainsi quelque profit, de part et d’autre, à une réunion plus étroite ». (18)

Mais cette qualification finale est également importante. Et si les deux pays n’étaient pas d’importance à peu près égale ? Et si une réunion plus étroite n’était plus dans l’intérêt du plus faible ? C’est précisément ce que Talleyrand dut admettre à la fin de sa mission. Ce ne sont pas seulement les manières brutales de Palmerston, c’est le déséquilibre économique et militaire entre la Grande-Bretagne et la France qui l’ont poussé à réfléchir à deux fois à une Entente plus étroite. Il en vint à croire que la France devait chercher à se rapprocher de l’Autriche, pour défendre ses intérêts contre une Grande-Bretagne de plus en plus dominatrice et arrogante. Dans cette optique, il songea même à une mission à Vienne, théâtre de ses triomphes diplomatiques passés. Mais en fin de compte, ni sa santé ni la situation internationale ne la rendirent possible.

Ainsi, il n’était pas en réalité un « anglomane » invétéré comme Villèle l’avait décrit plus tôt (19). Un commentaire de l’historien Michelet, noté dans son journal en août 1834, quand il dîna avec Talleyrand, n’est pas non plus aussi révélateur qu’on le croit. Il est néanmoins assez frappant - je l’ai lu pour la première fois en citation dans la conférence de Maurice Schumann et ai recherché récemment l’original dans le Journal.

Michelet s’exclame (parlant de la Grande-Bretagne) :

« Ce pays-ci est l’idéal du monde pour M. de Talleyrand. Il est Anglais, à nous faire frémir, nous autres qui tenons encore à la France ».

Deux choses doivent être précisées. D’abord, si Talleyrand était amoureux de l’Angleterre, Michelet ne l’était certainement pas. Tout au contraire et ceci a influencé son jugement. L’historien, dans une précédente entrée de son journal, avait ceci à dire de nous : « Le peuple de Londres est grossier, peu intelligent, féroce ».

Pas très sympathique!

Deuxièmement, le différend entre Michelet et Talleyrand durant le dîner portait sur un sujet sérieux, et non sur l’anglophilie ou l’anglophobie, comme le montre le dialogue suivant.

Michelet: « Si ce pays est le premier en tout, comment se fait-il qu’il soit aujourd’hui le plus embarrassé ? » [Il fait référence au soulèvement des premiers syndicats, avenu ce jour-là]

Talleyrand: « Il ne l’est pas. L’inégalité ne choque pas ici ; elle est dans les mœurs. Le cadet veut que l’aîné ait tout. Il n’y a ici, d’autre misérable que des Irlandais : leur abattement tient uniquement à l’usage du genièvre. Les grandes processions des ouvriers, les associations etc. n’ont rien de sérieux ».

En réalité, comme nous le savons par d’autres remarques, le prince ne fut pas toujours aussi convaincu que l’ordre prévaudrait : il avait même comparé le débat du parlement [britannique] sur la réforme électorale à celui des Etats Généraux en 1789. Il craignait pour la stabilité de la constitution britannique. Mais il avait raison d’être optimiste sur les évolutions sociales à plus long terme – en partie à cause du second angle d’attaque de son invité.

Car Michelet mit ensuite Talleyrand au défi d’expliquer comment les intérêts économiques divergents de la France et de la Grande-Bretagne pourraient être réconciliés par des relations plus étroites. Le prince, encore une fois, refusa d’accepter cette analyse, argumentant au contraire pour le libre échange – le libre échange (il aurait pu ajouter) qui maintiendrait le prix des denrées alimentaires à un niveau bas et contribuerait ainsi à calmer les conflits sociaux. Quand Michelet avança – comme les Français sont connus pour le faire encore aujourd’hui – que ceci conduirait la Grande-Bretagne à bénéficier de son avantage industriel tandis que la France produirait juste plus de vin, le prince répondit, de façon inimitable, mais peut-être pas tout à fait sérieusement : « L’industrie ne fait qu’affaiblir la moralité nationale. Il faut que la France soit agricole ». (20)

Pour résumer : Talleyrand ne peut être, en fait, catalogué dans une catégorie bien définie. Son soutien à des liens étroits avec la Grande-Bretagne était soumis à conditions. Il était tout à fait capable de promouvoir des initiatives hostiles quand les circonstances l’autorisaient. Et il n’était pas le moins du monde embarrassé par de telles incohérences, bien au contraire, il s’en délectait. En réponse à son ami anglais Lord Alvanley, qui demandait comment les récentes campagnes militaires françaises en Belgique s’accordaient à la chère doctrine de Talleyrand sur la non-intervention - le prince ne répondit-il pas, après tout, que la non-intervention « est une expression métaphysique et politique qui signifie à peu de choses près la même chose qu’intervention » ? (21)

Ceci, en vérité, est l’un des aspects de la personnalité de Talleyrand qui séduisait ses partisans anglais : un humour cynique qui révélait la fausseté, mais aussi son propre cynisme. Mais il y en avait d’autres. Les Britanniques aimaient un Français qui, à chaque tournant et volte-face de sa longue carrière, avait prouvé sa modération. De plus, les manières Vieille France, en partie forcées, de Talleyrand créaient une excellente impression, comme le constatera le jeune Charles de Rémusat en lui rendant visite. Pour sa part, le prince peut avoir jugé la nourriture des clubs britanniques trop riche - trop de bœuf et de Porto, semble-t-il s’être plaint - mais les membres de ces clubs l’admiraient et les membres de celui-ci tout particulièrement.

Il était chez lui. L’Angleterre n’avait pas encore acquis les vertus de pondération et de sérieux de l’ère victorienne. Sous la Régence, où un certain degré d’excentricité et une touche de corruption faisait partie du style de l’époque, il était une nouveauté bienvenue sur la scène mondaine.

Il transportait sa magie avec lui. Quand, après son départ, ses amis anglais lui rendirent visite ainsi qu’à la Duchesse de Dino à Valençay, ils purent là aussi se sentir comme chez eux. Barante, dans sa description du château et des domaines, remarqua qu’on y trouvait « tout ce qu’on racconte des grands châteaux d’Angleterre ». C’est un parallèle révélateur.

Et pour finir de façon triviale mais éloquente, il y avait bien sûr ces inévitables chiens, ces chiens sans qui les Anglais, alors comme maintenant, ne pourraient vivre. Tout au long de sa vie, Talleyrand fut aussi souvent accompagné d’un chien que d’une belle femme. Les chiens surgissent à chaque étape. Pyrame, qui mordit la chasuble de l’évêque schismatique d’Autun alors qu’il se préparait à célébrer la Messe de la Fédération ; ou le chien sans nom qui le suivit durant ses rendez-vous galants à Philadelphie ; par-dessus tout, l’épagneul – un Springer, je crois - nommé Carlos, baptisé de façon scandaleuse d’après l’amant de sa femme et qui, au grand amusement de Talleyrand, mordit le chirurgien qui accomplit cette dernière et incroyablement douloureuse opération. Et d’autres chiens aussi qui entrent et sortent de l’histoire du prince, comme le « joli petit chien » que l’un de ses amis anglais lui apporta à Valençay en octobre 1834, ou les « trois petits chiens du prince » dont les traces sont consignées dans un reçu de juillet 1836 que m’a montré le grand expert de Talleyrand, André Beau, dont nous regrettons tant l’absence ici, aujourd’hui.

Il existait donc vraiment, après tout, quelque chose d’étrangement anglais – comme vous, Français, nous appelez avec raison et non british, qui signifie trop ou trop peu – dans ce très énigmatique Français. C’est en tout cas ce que les Anglais eux-mêmes pensent.

Je vous remercie de votre attention.

Notes

(1) Duff Cooper, Talleyrand (London: Phoenix press, 1988), p. 332.

(2) Andrew Roberts, Review of Robin Harris, Talleyrand : Betrayer and Saviour of France (London : John Murray, 2007), in The Sunday Telegraph, 25 February 2007.

(3) Etienne Dumont de Genève, Souvenirs sur Mirabeau et sur les deux premières assemblées législatives, ed. J. Bénétruy (Paris ; Presses universitaires de France, 1951), p. 225.

(4) Diaries and Letters of Madame d’Arblay, edited by her Niece, V (London: Hurst and Blackett, 1854), p. 336: Letter, February 1793.

(5) The Times, Thursday, 7 October, 1830.

(6) Duchesse de Dino, Chronique de 1831 à 1862, ed. Princesse de Radziwill née Castellane, I (Paris : Plon, 1909), p. 64.

(7) Henry Richard Lord Holland, Foreign Reminiscences, ed. Henry Edward Lord Holland (London: Longman, Brown, Green and Longmans, 1850), , p. 34.

(8) Prosper Mérimée, Correspondance générale, ed. Maurice Parturier, I (Paris : Le Divan, 1941), p. 210.

(9) The Holland House Diaries 1831-1840: the Diary of Henry Richard Vassall Fox, Third Lord Holland, with Extracts from the Diary of Dr. John Allen, ed. Abraham D. Kriegel, (London: Routledge and Kegan Paul, 1977), p. 117.

(10) The Greville Diary Including Passages Hitherto Withheld from Publication, ed. Philip Witwell Wilson, I, (London: William Heinemann Ltd., 1927), pp. 86-87.

(11) BL, Add. Ms. 51,635, fos 129-130.

(12) Ibid., fo. 90r-v.

(13) Dino, Chronique, I, pp. 75.

(14) Mémoires complets et authentiques de Charles-Maurice de Talleyrand prince de Bénévent, III (Paris: Bonnot, 1967), appendix, p. 451.

(15) Mémoires de Madame de Rémusat 1802-1808, ed. Paul de Rémusat, III (Paris : Calmann-Lévy, 1880), p. 107.

(16) Talleyrand, Mémoires, II, p. 171.

(17) Maurice Schumann, ‘Talleyrand: Prophet of the Entente Cordiale (The Zaharoff Lecture for 1976-77)’(Oxford: Clarendon Press, 1977).

(18) Talleyrand, Mémoires, III, p. 413.

(19) Mémoires et correspondance du comte de Villèle, II (Paris: Perrin, 1888-1890) , p. 250.

(20) Jules Michelet, Journal, ed. Paul Viallaneix, I (Paris: Gallimard, 1959), pp. 124-125, 154.

(21) A Portion of the Journal Kept by Thomas Raikes Esq. from 1831 to 1847, I (London: Longman, Brown, Green, Longmans, and Roberts, 1858), p. 64.



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Remerciements à Robin Harris pour son aimable autorisation de publication







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