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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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PROJET DE LETTRE

DE TALLEYRAND

AU

CITOYEN FRANCHINI

S. D.





Relations extérieures

Division des relations commerciales

Paris, le …. An 10 [1801-1802] de la République

Le ministre des Relations extérieures au citoyen Franchini

Il est nécessaire, citoyen pour assurer votre marche dans l’exercice des fonctions auxquelles vous êtes appelé, qu’il vous soit remis quelques renseignements sur la composition actuelle de l’école des jeunes de langue, ainsi que des instructions sur la méthode d’enseignement que vous devrez suivre.

Cette école dont la création remonte à l’année 1721 a été instituée pour écarter du drogmanat, les grecs, juifs ou arméniens dont on fût pendant longtemps obligé de se servir, et dont on reconnut bientôt que l’usage n’était pas sans inconvénient.

Le nombre des élèves est fixé à dix pour les temps ordinaires.

Lorsqu’on s’occupa, il y a quelques années, de la restauration de cette école, on crût devoir, à raison de la désertion de plusieurs drogmans, porter à 15 le nombre des élèves.

Leur âge est de 10 à 18 ans.

Ils sont confiés aux soins de trois instituteurs, les citoyens Simon, Ducouvroy et Ortis.

Le citoyen Simon, premier instituteur, est avec le citoyen Ducouvroy chargé de leur instruction dans les langues française et latine ; il a d’ailleurs la direction en chef de l’école, pour tout ce qui a rapport à la surveillance et à la discipline, à la distribution du temps et à la tenue morale et scholastique des élèves.

Le citoyen Ortis est un vieillard qui s’est, par une longue résidence à Constantinople, familiarisé avec le turc mais il ne sait que cette langue et parait d’ailleurs à raison de son âge peu propre à l’art difficile d’enseigner des enfants.

D’un autre côté, le citoyen Ducouvroy, du moment où il a été attaché à l’école, s’est livré à l’étude des trois langues orientales mais quelque confiance qu’on puisse avoir dans ses talents, il n’est nullement présumable qu’il ait su en deux ou trois ans se mettre en état de les professer avec succès et en rendant justice à son zèle et à ses efforts, on est obligé de convenir qu’ils ne peuvent pas avoir des résultats bien satisfaisants.

Cet ordre de choses est vicieux ; il est contraire à l’ordonnance du Levant et c’est en conformité avec l’une de ses dispositions que je vous ai chargé de l’enseignement des jeunes de langue ; il a toujours été confié à l’un des secrétaires interprètes du gouvernement, et cette marche n’a été interrompue que par le départ pour l’Egypte du citoyen Ventura, qui à cet égard, n’avait encore pu être remplacé.

Je vous prie de vous transporter très incessamment au Prytanée et de remettre vous-même la lettre ci-jointe au citoyen Champagne, directeur de cet établissement afin qu’il puisse donner dans la maison les ordres que l’exercice de vos fonctions pourra nécessiter.

Vous vous présenterez ensuite au citoyen Simon que j’ai prévenu de votre nomination. Vous vous concerterez avec lui pour tous les détails relatifs à la méthode d’enseignement que vous adopterez. J’ai tout lieu de croire que vous n’aurez qu’à vous louer de ses procédés et qu’il se fera un plaisir de vous donner tous les renseignements et toutes les facilités qui pourront dépendre de lui et vous fera connaître les citoyens Ducouvroy et Ortis et vous mettra de suite en relation avec les élèves.

Votre premier soin sera de les examiner chacun séparément sur les langues orientales, afin de bien connaître leur degré d’avancement. Lorsque vous l’aurez vérifié, vous les diviserez en autant de classes que vous le jugerez nécessaire, et vous rangerez dans chacune d’elles les élèves qui seront de force à peu près égale. De cette manière, les leçons que vous donnerez seront communes à plusieurs d’entre eux et vous aurez l’attention de les proportionner à la portée de chaque classe. Je pense qu’il suffira d’en former trois. S’il est possible de les réduire à un moindre nombre, je crois que cela vaudra mieux.

Nous avons depuis quelques années perdu plusieurs drogmans et le nombre de ceux dont on peut disposer aujourd’hui n’est pas en proportion avec les besoins du service. C’est un grave inconvénient auquel il vous sera possible de remédier que lorsque l’école sera en état de fournir des sujets capables d’être mis en activité. Je crois que pour y réussir, il est indispensable que les élèves reçoivent vos leçons le plus fréquemment qu’il vous sera possible. Je vous invite donc à les leur donner tous les jours impairs. J’ai trop de confiance dans votre zèle pour rien déterminer sur la durée qu’elles devront avoir ; mais j’insiste pour que les différentes classes que vous avez formées participent toutes à l’enseignement dans la même matinée. Je recommande au citoyen Simon de régler la distribution du temps des élèves, de manière qu’ils soient entièrement à votre disposition les jours où vous vous porterez à l’école. C’est un détail intérieur sur lequel il conviendra que vous vous concertiez avec lui. Je le préviens aussi qu’il sera bon que le citoyen Ortis ou le citoyen Ducouvroy assiste régulièrement à vos leçons afin de surveiller plus utilement en votre absence le travail des élèves et de pouvoir même, s’il est nécessaire leur servir de répétiteurs.

L’enseignement doit embrasser les langues turque, arabe et persane.

Vos soins et les travaux des élèves devront principalement être dirigés vers la langue turque parce qu’elle est la plus essentielle comme étant la plus généralement usitée au Levant, et celle dans laquelle sont rédigés les actes émanés soit de la Porte ottomane, soit des puissances barbaresques.

La langue arabe n’est guère moins nécessaire puisqu’on la parle exclusivement en Barbarie et dans quelques autres provinces soumises à la domination ottomane. Il serait désirable que les élèves fussent assez avancés dans le turc pour que l’on put, sans occasionner trop de confusion dans leurs idées, les mettre à l’étude de l’arabe qu’ils suivraient concurremment avec celle de la première langue. Je m’en rapporte à cet égard à ce que vous déterminerez par suite de l’examen qu’il vous est d’abord recommandé de leur faire subir.

Quant au persan, il doit être cultivé comme accessoire nécessaire pour s’exprimer avec élégance dans les deux autres langues et particulièrement en turc. J’estime que les élèves n’y devront être appliqués, que lorsqu’ils seront bien familiarisés au moins avec les principes du turc et de l’arabe.

Je ne crois pas devoir vous rien prescrire relativement à la méthode d’enseignement journalier qu’il est convenable de suivre : c’est à vous à vous déterminer à cet égard de la manière que vous jugerez la plus sûre, la plus rapide et la plus profitable. Vous voudrez bien cependant me faire connaître celle que vous aurez adoptée.

Vous aurez également soin de me rendre un compte détaillé de l’examen que vous aurez fait subir aux élèves et tous les trois mois, vous me remettrez un rapport sur la situation de l’école des jeunes de langue, quant à leur instruction et à leur avancement.

S’il est quelques autres objets sur lesquels vous ayez besoin d’instruction, vous me les ferez connaître et je m’empresserai de vous satisfaire.

Je suis au reste persuadé que vous apporterez dans l’exercice des fonctions auxquelles vous êtes appelé tout le zèle dont vous êtes capable et qu’à l’exemple de vos frères, vous ferez tous vos efforts pour vous acquérir personnellement des droits à la bienveillance du gouvernement.

Je vous salue.





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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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