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L A S

D'OSSIAN DE LAREVELLIERE

A

SA MERE

EN DATE DU

7 OCTOBRE 1830







Londres, jeudi 7 octobre [1830]

Encore du retard, chère maman. Que ta patience doit être épuisée !!! Pour ce retard ci, il n’est pas du fait de ces deux demoiselles, toutes amoureuses qu’elles soient de l’Angleterre. Il provient de moi ; je me suis encore avisé d’avoir un pied qui m’a empêché avant-hier et hier de sortir. Comme je ne pouvais pas m’en aller en pantoufles, il a fallu attendre le paquebot qui part demain soir et cela par Calais. Là, si nous ne trouvons pas sur le champ des places pour Paris, nous louerons un voiture de retour, ce qui ne coûte pas cher, et nous viendrons en poste à Paris, où nous serons lundi soir ou mardi matin. J’ai été bien contrarié de ce retard nouveau ; moi qui me pique de ponctualité. Les 14 jours que j’avais fixés comme maximum de mon absence, se trouvent poussés jusqu’à 20 ! Mais tu sais que quand j’ai mal au pied, il faut que j’attende. J’ai eu la consolation de ne retenir que moi à la maison. M. le baron Gobert, attaché à l’ambassade et au milieu de tout cela bien bon et bien aimable garçon, a promené Emilie et Aline. Ils ont été voir l’hôpital et le phare de Greenwich, le tunnel Saint Paul etc.. Je vais tâcher de voir moi-même demain les choses qu’ils ont vu [sic] sans moi. Nous partons demain soir sans l’excellent paquebot qui nous a amenés. C’est-à-dire nous ne partons que samedi à 6 heures du matin. Mais demain soir à 8 heures, nous irons couchés à bord avec nos effet, ce qui est fort commode. On a point ainsi à craindre de manquer le départ, point à se lever matin, à se presser pour rassembler les paquets et si on ne s’éveille pas matin, on est peut-être déjà à 2 ou trois lieues de Londres en descendant la Tamise qui est vraiment magnifique.

Talleyrand est enchanté de l’audience qu’il a eu hier du Roi d’Angleterre, qui l’a reçu parfaitement. Mais on fait courir ici mille bruits de guerre entre la Prusse et la France, qui doivent bien t’inquiéter, s’ils sont aussi répandus à Paris. C’est une raison de plus pour moi de bien regretter le retard de mon retour. Comme notre absence doit te sembler longue ! Ces 3 semaines t’auront paru 3 siècles. Mon pied est tout désenflé ce soir et j’ai grand plaisir à songer que je vais me retrouver près de toi. Emilie et Anna, malgré tout le bonheur qu’elles espèrent en revoyant leurs bons parents et compatriotes, regrettent, disent-elles, les admirables comforts [sic] de ce pays ci, où elles sont par le fait aux trois quarts naturalisées. Ces deux petites filles sont anglaises dans l’âme.

Quand je t’écris c’est toujours tandis qu’on parle autour de moi ; de sorte que je ne sais absolument ce que je dis et puis c’est toujours à l’heure de la poste qui me talonne. M. Gobert et ces deux demoiselles sont là à jaser comme des pies. Il va dîner avec nous, ce qui lui arrive presque tous les jours. Nous allons boire à la santé de nos amis de Paris.

Les petits pots dans lesquels on met la bière ici sont extrêmement jolis. Il y a sur celui que je vois près de moi sur la table (car le couvert est déjà mis) il y a, dis-je, toute une chasse au cerf, des arbres, des moulins à vents, etc… Je t’apporterai de ces jolis pots qu’on nomme ici ale mugs.

Nous nous recommandons bien au souvenir de tous nos bons amis, Vallée, O’Connors, David, Emilie, Besnard, etc… Oscar doit être à Paris, je pense.

L’heure s’avance. A lundi ou mardi pour sûr. Nous t’embrassons mille et mille fois.

Ossian.

Je finis à 6 h. ½ du soir, jeudi 7 octobre.

Madame Larevellière

28 rue de Condé

Paris.

Par estafette.

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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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