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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DE MONSIEUR GERRY

ENVOYE EXTRAORDINAIRE

DES ETATS-UNIS

A

TALLEYRAND

EN DATE DU

13 JUIN 1798





N° 15.

PARIS, le 13 juin 1798.

J’ai reçu, citoyen ministre, votre lettre du 22 prairial (10 juin) dans laquelle, après m’avoir informé que toute autre explication, en ce qui concerne la sombre intrigue en question, serait indigne du Gouvernement français, vous dites que vous ne garderez pas le même silence sur l’intention manifestée dans le message du Président des États-Unis à la Législature le 14 germinal (3 avril) ; dans la nature des pièces produites, comme faisant partie d’une négociation ; dans la publicité rapidement faite à cet étrange recueil ; et dans la dissimulation de communications officielles, par le biais desquelles, dans la partie suivante de votre lettre, vous faites allusion à votre note adressée aux envoyés le 28 ventôse (18 mars dernier).

Si les souhaits et les intérêts des deux républiques appellent vivement à une accommodation de leurs différends (ce dont le Gouvernement français, ainsi que celui des États-Unis semblent être convaincus), le rétablissement de l’amitié entre elles n’est-il pas l’un des moyens les plus directs d’accomplir cet objectif souhaitable ? Et ceci n’est-il pas totalement négligé ? Les préjugés non fondés à l’encontre du Président des États-Unis, en ce qui concerne son message, seront manifestes si on les compare à son devoir officiel, désigné par la constitution, et si on se réfère également aux dates de votre note et de son message : il apparaît ainsi que ce dernier n’est daté que de seize jours après la première et qu’il était impossible que le Président ait pu recevoir votre note ou la dissimuler au public. Le Gouvernement des États-Unis, pur dans ses principes, juste dans ses objectifs, et sage dans ses conseils, est également supérieur à toutes les personnalités ; et je souhaite que celles-ci puissent à jamais cesser ; car je suis sûr que d’une telle source, il ne pourra résulter aucun bien, mais uniquement des préjudices infinis, pour les deux républiques. Vous concevez que votre note, dûment transmise au Gouvernement par les envoyés, lorsqu’elle sera publiée, effacera des esprits du peuple américain leur inquiétude non fondée. De ceci, je ne puis me former aucun jugement ; mais, avant que vous n’adressiez cette note aux envoyés, la proposition qu’elle contient m’avait été faite de traiter séparément, et j’avais indiqué que la mesure était en elle-même impolitique et, comme je me respectais, impossible.

J’ai, néanmoins, contrairement à mes souhaits et à mes intérêts, accepté votre proposition suivante de rester ici pour empêcher une rupture. Je suis heureux, depuis, de vos assurances répétées selon lesquelles ce Gouvernement était sincèrement disposé à réconcilier tous les différends entre les deux pays, et conclurait probablement bientôt un arrangement servant cet objectif : j’avais, en effet, de bonnes raisons d’espérer qu’on m’en remettrait une copie avant que je ne quitte Paris, et je le souhaitais sincèrement, de crainte que le désappointement qui pourrait résulter de mon retour aux États-Unis sans elle n’ait des effets malheureux ; mais le vaisseau sur lequel je dois embarquer étant prêt à prendre la mer, il n’attend plus que mon arrivée au Havre, avec les documents requis pour le voyage.

La sincérité de la disposition du Gouvernement des États-Unis à rejoindre ce Gouvernement sur la base des traités existants entre les deux pays, et à rendre justice à la France, ainsi qu’à la recevoir d’elle, est trop évidente pour admettre, un instant, le moindre doute ; mais je répète une fois encore que je n’ai pas le pouvoir d’entamer la négociation. Néanmoins, l’arrangement proposé pourrait être soumis par ce Gouvernement et un ministre envoyé en Amérique pour le mener à son terme ; car il importe peu à l’un ou l’autre de savoir dans quelle nation la négociation est conclue, mais il est hautement important pour les deux qu’elle se termine par une accommodation immédiate et par le rétablissement de leur amitié. Je présume que sur ce point, nos souhaits sont pareillement sincères et ardents et que la politique magnanime de ce Gouvernement visant à persévérer dans l’intention de réconcilier avec sincérité tous les différends entre les deux pays, aura un effet rapide et heureux.

Veuillez accepter, citoyen ministre, l’assurance de mon profond respect.

E. GERRY.

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TRADUIT DES AMERICAN STATE PAPERS - 1797-1806 P. 212










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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