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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DE TALLEYRAND,

A

ROBERT LIVINGSTONE

AMBASSADEUR DES ETATS-UNIS EN FRANCE

EN DATE DU

19 VENTOSE AN XI

[10 MARS 1803]

SUR LA LOUISIANE





Paris, ce 19 Ventôse an 11 [10 mars 1803].

Monsieur,

Le Premier Consul, en me remettant le mémoire que vous lui avez présenté, m’a donné l’ordre de vous assurer qu’il avait pris en grande considération les objets que vous y traitez, et les diverses demandes que vous lui avez adressées.

Il s’est, en même temps, fait faire un rapport sur toutes les affaires qui ont tiré à ces demandes, et sur les clauses de la dernière convention entre la France et les Etats-Unis, à lequel vous le référez. L’intention du Premier Consul (et il m’a chargé de vous le déclarer) est que cette convention, dans toutes ses clauses, soit ponctuellement et scrupuleusement exécutée.

Les réflexions qui, dans votre mémoire, se rapportent aux difficultés de cette exécution par rapport à la France, ne s’appliquent, avec aucune espèce de fondement, ni aux dispositions du Gouvernement de la république, ni à la situation de ses finances. Le Premier Consul est persuadé que les présomptions qui vous ont abusé sur ce point vous ont été inspirées par une inquiétude de bienveillance ; mais ces présomptions ne s’accordent point avec les faits. Il n’y a point d’embarras de finances en France. Le Gouvernement français a le moyen autant que la volonté d’être juste ; et si trouva-t-il dans une position où l’acquit de ses engagements serait pour lui une obligation pénible à remplir, il saurait s’élever au-dessus des difficultés, et satisfaire à tout ce qui serait légitimement réclamé.

Quant au fait des dettes américaines, dont vous donnez l’évaluation dans le mémoire adressé au Premier Consul, je dois vous avouer qu’il est tout à fait nouveau pour nous, que, par aucune appréciation, elles puissent s’élever à la somme de vingt millions. Le Premier Consul me charge à vous demander un état exact, constant, complet, et vérifié, de ses dettes. La parfaite confiance que vous lui avez inspirée ne lui permet pas de douter que vous mettez dans l’examen des éléments qui doivent former cet état tout le discernement de votre esprit, et toute la franchise de votre caractère. Vous devez être persuadé, Monsieur, que, d’après un tel état, tout sera promptement et exactement soldé.

Quant la deuxième question que vous avez traitée dans votre mémoire, ce qui est relative à la Louisiane, le Premier Consul eut désiré que vous en eussiez fait l’objet d’un office distinct et isolé. Des affaires d’une aussi différente nature ne doivent point se rapprocher, et encore moins se confondre. Il est tout-à-fait contre les maximes du Gouvernement de la république de mêler ensemble les rapports importants et délicats de la politique avec des calculs de solde et des intérêts d’argent.

Toutefois, le Premier Consul, appréciant les motifs qui vous ont fait insister sur l’explication des nouveaux rapports qui peuvent exister entre les deux républiques, me charge de vous informer que, prévenu de l’intérêt, prématuré, peut-être, mais au fond naturel et plausible, que les Etats-Unis semblent mettre à cette discussion, il a pris de parti d’envoyer sur le champ un ministre plénipotentiaire en Amérique, pour qu’il pût le plutôt possible lui faire un rapport, qui le mit en mesure de tout éclaircir avant de prendre sa détermination sur cet objet.

Du reste dans cette circonstance, comme dans toutes celles où il pourra se présenter un objet de discussion entre les deux Gouvernements, le Premier Consul désire que je vous donne, sur ces dispositions, à l’égard des Etats-Unis, les assurances les plus positives et les plus formelles que son attachement pour votre république, son estime et sa considération personnelle pour le Premier Magistrat qui la gouverne, sont des sentiments nationaux, que, comme Français et comme chef du peuple le plus constamment, le plus anciennement ami de la nation Américaine, il aime à professer, et dont il se fera toujours une douce obligation de vous donner des preuves.

En me félicitant d’être, dans ce moment, l’organe des sentiments du Premier Consul, permettez que je vous renouvelle, monsieur, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


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in AMERICAN STATE PAPERS - 1797-1806








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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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