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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LE PRINCE DE TALLEYRAND ET L'AVESNOIS,

SON TESTAMENT

PAR

L. EDART







I. Talleyrand-Périgord Charles-Maurice (de) prince de Bénévent, diplomate français, né et mort à Paris (1754-1838). Il fut évêque d’Autun sous l’ancien régime, et président de l’Assemblée Nationale (1790). Plus tard, comme ministre des relations extérieures du Directoire, puis du Consulat, il négocia les traités de paix de Lunéville et d’Amiens ; fut grand chambellan de Napoléon 1er, puis archi-chancelier d’Etat. Il se rallia à la Restauration et joua un rôle brillant et habile au Congrès de Vienne où il réussit à désunir les coalisés. Louis Philippe le nomma en 1830 ambassadeur à Londres.

C’était un diplomate sans moralité et plein d’habileté, d’esprit et de ressources. Ses mémoires d’un grand intérêt, mais à consulter avec précaution, ont été publiés par le Duc de Broglie en 1891 (Larousse).

Dino Dorothée de Courlande, duchesse de Talleyrand-Périgord, nièce par alliance de Talleyrand, auprès de qui elle vécut. Elle a laissé d’intéressants mémoires (Larousse).

II. Déclarations au bureau d’Avesnes en date du 17 novembre 1838.

L’an 1838 le 17 novembre, a comparu M. Arnault d’Arcy, Régisseur du domaine du pont de Sains, demeurant audit pont de Sains, au nom et comme mandataire, par acte passé devant Me Chatelain, notaire à Paris, le 23 octobre 1838,enregistré le 24 f° 185, c. 3, dont un extrait délivré par Me Clavon, notaire à Fourmies le 5 de ce mois, est resté annexé à la présente déclaration, après avoir été certifié par ledit Sr d’Arcy ; de Madame Dorothée Princesse de Courlande, épouse de M. Alexandre Edmond, Duc de Talleyrand-Périgord, Lieutenant général, Commandant (sic) de la Légion d’honneur, d’avec lequel elle est séparée de corps et de biens, demeurant à Paris, Rue de grenelle Saint Germain n° 71 ou n° 7, ayant agi comme exécutrice testamentaire avec saisine légale et comme légataire universelle de Mgr Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, Prince de Talleyrand, Duc de Dino, Pair de France, décédé à Paris, en son hôtel Rue St Florentin n° 2, le 17 mai 1838, aux termes du testament dudit défunt, par lui fait olographe à Londres le 10 janvier 1834, enregistré à Paris le 18 mai 1838 et déposé à Me Chatelain, notaire, en vertu d’une ordonnance de M. le Président du Tribunal de première instance de la Seine du 17 mai 1838 :

Lequel a déclaré que de la succession de Mgr le Prince de Talleyrand ci-devant dénommé, il est échu dans le ressort de ce bureau, et en vertu du testament sus énoncé, à Mademoiselle Pauline De Talleyrand-Périgord, sa petite-nièce, encore mineure, âgée de près de 18 ans, fille de Madame la Duchesse de Talleyrand, aussi dénommée ci-devant, les immeubles dont la désignation suit, savoir :

Commune de Sains

1°) La maison de Beauvoir occupée par droit d’usage et d’habitation par Mr d’Arcy, estimée en revenu brut : 400 F.

2°) Forge, digues et étangs de la contenance de 11 hectares 07 ares 77, le tout affermé, excepté l’étang, au sieur Huftier par bail authentique et courant, produisant 1100 F net, dont 100 F pour l’étang.

3°) Ferme des Bergeries et 35 h. 49 en prés, pâtures, marais, avenue et terrains vagues, dont une partie est affermée par bail sspr. enregistré en ce bureau à M. D’Arcy, comparant, et le tout susceptible d’un revenu de 1774,50 F.

4°) Bois de Sains de la contenance de 472 hectares 40 ares, non affermé, d’un revenu de 3910 F.

A quoi le comparant ajoute pour l’impôt des biens ci-dessus à l’exception de la maison de Beauvois, 3126,42 F.

Commune d’Etroeungt

5°) Un petit bois appelé la hayette de l’écluse contenant 16 hectares 54 ares 16 cent., non affermé, susceptible d’un revenu (2) de 389,77 F.

Commune de Beugnies

6°) Le bois de Beugnies, appelé Bois de Plusquons, contenant 303 hectares, non affermé, d’un revenu, impôt compris, de 11 610 F.

Commune de Felleries

Le sol et la superficie du Bois appelé Bois de Belleux, contenant 438 hectares, 06 ares, 80 cent., non affermé, d’un revenu impôt compris de 14 012 F.

Observant le comparant ne pouvoir assigner l’origine des Biens déclarés ci-dessus (3).

Total des revenus : 36 322,69 F, lesquels revenus, multipliés par 20, forment un capital de 726 453,80 F

Sur quoi, Reçu pour droit à raison de 7 % (grand oncle : art. 33 de la loi du 21 avril 1832) la somme de 50 852,20 F.

Les biens ci-dessus sont tous ceux qui sont échus dans l’étendue du bureau d’Avesnes (4) à Mlle Pauline de Talleyrand-Périgord par le décès du défunt, son grand oncle, sans aucune omission – déclarant Mr d’Arcy dès nom, qu’il ne dépend de ladite succession aucun autre bien dont les droits soient dus dans ce bureau que ceux ci-dessus, et que l’estimation qu’il en a faite est sincère et véritable ; se soumettant, en cas d’omission ou d’insuffisance d’estimation, à la peine du droit en sus, portée par la loi et a ledit comparant signé après lecture.

Signé : D’Arcy.

Qu’est devenue la petite nièce de Talleyrand qui venait d’atteindre sa majorité au décès du Prince de Talleyrand en 1838 ?

La marquise douairière Pauline-Joséphine de Talleyrand-Périgord, veuve du Marquis Henri-Charles de Castellane est décédée au château de Rochecotte, commune de St Patrice (Indre-et-Loire) en son domicile le 12 octobre 1890 laissant pour seuls héritiers ses 2 enfants :

Mad. Marie-Dorothée-Elisabeth de Castellane, épouse du Prince de Radziwill Frédéric-Guillaume et

Marie-Eugène-Philippe-Antoine-Boniface de Castellane.

Ce dernier recueillit la terre du Pont de Sains et en fit don à ses trois fils.

Ce domaine est actuellement passé entre diverses mains à la suite de ventes.

III. – Copie du testament du Prince de Talleyrand (extraits)

Ceci est mon testament fait à Londres le 10 Janvier 1834.

Je soussigné Charles Maurice de Talleyrand Périgord, Prince Duc de Talleyrand, désirant disposer de mes biens avec les mesures de prévoyance et de conservation déjà observées dans la donation que j’ai faite au duc de Valencay, mon petit neveu par son contrat de mariage avec Mademoiselle Alix de Montmorency et en assurer ainsi dans la famille la propriété durable, j’ai fait mon testament et mes dispositions de dernière volonté ainsi qu’il suit, bien persuadé que mes héritiers naturels apprécieront l’importance des motifs qui m’y ont déterminé… Je veux que mes funérailles soient faites avec la plus grande simplicité. Je désirerais être enterré à Valencay… Je lègue aux pauvres de Valencay la somme de mille francs, une fois payée et cinq cents francs de rentes perpétuelles. Ce legs sera distribué par Monsieur le Maire et Monsieur le Curé de cette commune. Je lègue à Mademoiselle Pauline de Talleyrand Périgord, ma petite nièce fille de Monsieur le Duc et Madame la Duchesse de Dino, mes neveu et nièce, la propriété et jouissance à compter du jour de mon décès de ma terre du pont de Sains située dans le département du Nord, consistant en un château, parc, forêt, étangs, prairies, corps de ferme et forges avec toutes les annexes et dépendances, sans aucune exception ni réserve, ensemble de tous les meubles meublants, argenterie, porcelaines, vins, linge et autres effets mobiliers de toute nature qui au jour de mon décès se trouveront dans le château du pont de Sains et ses dépendances… Ces meubles et effets mobiliers ne seront vendus, ni déplacés hors du château, à moins que Madame la Duchesse de Dino ne le juge utile ou nécessaire dans l’intérêt de Mademoiselle Pauline de Talleyrand Périgord… Madame la Duchesse de Dino aura l’usage et la jouissance desdits meubles et autres mobiliers tant qu’ils seront en nature, jusqu’à la majorité de Mademoiselle Pauline de Talleyrand Périgord, ou son établissement par mariage sans que Madame la Duchesse de Dino soit tenue de la détérioration que ces objets auraient soufferts par l’usage à la fin de sa jouissance ni du déficit partiel ou total qui pourrait exister à cette époque sur les objets dont on ne peut faire usage sans les consommer…

Je donne et lègue aux personnes ci-après nommées pendant la vie de chacune d’elles les rentes viagères que je vais déterminer… A M. l’abbé Girilet 1000 F – A M. Nicod, chirurgien 1200 F – A M. Colmache, mon secrétaire 1200 F – A Hélie, mon valet de chambre 3000 F – A Biovais, mon valet de chambre 600 F – A Péan, mon sommelier 1600 F – A Coaslier, mon maître d’hôtel 1400 F – A Maré, mon froteur (sic) 400 F – A Louis Ebralt, chef de cuisine 1300 F – A Varin, sous-chef d’office 700 F – A Lebègue, mon cocher 800 F – A Buquet, second cocher qui réside à Valencay 600 F – A Frédéric, palefrenier à Valencay 600 F – A Antoine, mon premier domestique 1050 F – A Liéger, domestique 600 F – A Vincent, domestique 300 F – A Fournel, frotteur 300 F – A Jean Mottu, mon portier…

Je donne et lègue comme souvenir d’amitié à Madame la Princesse Tysckiewick deux vases à son choix qui sont placés sur la cheminée de ma bibliothèque à Paris et les plans encadrés de Valencay qui sont dans le cabinet qui est auprès de ma chambre à coucher – A Madame la Vicomtesse de Laval une boëte (sic) ronde en écaille sur laquelle il y a une grande tresse de cheveux de Madame de Luignes – A Madame la Duchesse de Bauffremont la garniture de vases bleus qui est sur la cheminée de mon salon – A Madame la Marquise de Jaucourt un grand fauteuil anglais en maroquin qui est dans ma chambre à coucher et qu’elle trouvait commode – Aux enfants de la Baronne de Talleyrand les tasses sur lesquelles est le portrait de leur Mère – A la Baronne de Talleyrand une écuelle en porcelaine de Sèvres dont j’aimais à me servir ; cette écuelle est dans ma chambre à coucher sur une commode – Je laisse pour être placées à Rochecotte toutes les porcelaines qui sont dans mon appartement ainsi que les quatre petites statues dont deux sont dans mon salon et deux dans le cabinet qui suit ma bibliothèque – Je laisse à M. de Montrond un bureau pour écrire debout qui est dans ma chambre à coucher, comme il y a dans ma chambre à coucher deux bureaux, celui que je lui laisse est celui qui est le plus près de mon lit – mes habits de corps, redingote, manteaux, linges de corps, seront partagés entre Hélie, Péan et Biovais – mes dentelles seront remises ainsi que mes fourrures à Mademoiselle Pauline de Périgord à laquelle je les donne ; Je lui donne aussi un portrait de sa grand mère la Duchesse de Courlande qui est dans un de mes portefeuilles ; elle le regardera souvent comme un modèle de bonté de douceur. J’ai dû à son amitié beaucoup d’années de bonheur. Je lègue à l’homme de peine qui est à mon service depuis beaucoup d’années et dont j’ai oublié le nom, deux années de gage. Je crois que son nom est Pierre…

Le testament se termine ainsi :

Je déclare avoir fait les dispositions qui précèdent au profit de Madame la Duchesse de Dino et de ses enfants d’abord, parce que j’ai voulu autant qu’il était en moi l’indemniser de la privation des avantages qu’elle devait espérer de son mariage avec mon neveu dont la fortune a disparu depuis et ensuite parce que j’ai voulu conserver dans ma famille une fortune que j’ai formée toute entière et dont j’avais le droit de disposer… Je prie Madame la Duchesse de Dino de se charger de l’exécution de mon présent testament et à cet effet je lui confère la saisine légale de tous mes biens – Je prie les magistrats de lui accorder l’autorisation qui lui serait nécessaire à cet effet, ayant la plus grande confiance dans sa capacité, sa générosité, sa loyauté et sa tendresse pour ses enfants – Je prie Madame de Dino de recevoir ici mes plus tendres remerciements pour le bonheur dont elle m’a fait jouir et que je reconnais lui devoir depuis vingt-cinq ans. Je lui fais mes plus tendres adieux…

Tel est l’acte de dernière volonté où s’inscrivent encore les affections et les regrets de celui qui occupa une grande place dans notre histoire et dont les conceptions, en matière de politique extérieure, si elles avaient prévalu eussent peut-être changé les destinées de la France (5).

L. Edart.


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in SOCIETE ARCHEOLOGIQUE D'AVESNES - MEMOIRES - TOME 16 - AVESNES - L'OBSERVATEUR - 1936.








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Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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