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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

26 JUIN 1831







Londres, le 26 juin 1831.

Monsieur le comte,

Je crois que la direction qui vient d’être donnée aux affaires de Belgique pourra maintenant nous conduire au but que nous nous sommes proposé.

J’ai l’honneur de vous envoyer les articles qui ont été convenus entre la conférence et les députés belges. Tous les points qui sont à régler comme une conséquence de la séparation de la Belgique et de la Hollande sont rappelés dans ces articles de manière à lever les difficultés qui seront présentées sans blesser tellement les droits du roi de Hollande qu’il lui soit impossible d’y donner son adhésion. La Belgique est sensiblement favorisée par ces stipulations, et elle le doit à l’influence de la France. Vous verrez comme ses intérêts sont ménagés et assurés par la rédaction qui a été donnée aux articles de Maëstricht et du grand-duché de Luxembourg.

Le prince Léopold a reçu ce soir à dix heures la députation belge et a fait au discours du président la réponse que j’ai l’honneur de vous envoyer. Le prince lui a remis les articles qui ont été précédemment arrêtés.

Les députés partent cette nuit pour Bruxelles afin de soumettre ces articles au congrès. Comme ils représentent les opinions et les nuances d’opinion qui y existent, ils paraissent persuadés qu’ils obtiendront l’assentiment de cette assemblée. Dès qu’il aura été donné, les députés reviendront à Londres offrir la couronne au prince Léopold qui l’acceptera et qui se rendra sans délai à Bruxelles.

Je pense que lorsque le congrès aura approuvé les articles, la France pourra immédiatement reconnaître le prince Léopold comme roi de la Belgique ; les autres puissances le reconnaîtront un peu plus tard, mais il ne résultera aucun inconvénient de ce délai.

M. le baron de Wessenberg, l’un des plénipotentiaires d’Autriche à la conférence et qui a longtemps résidé à la cour des Pays-Bas, part mardi pour La Haye afin d’employer toute l’influence qu’il a acquise sur le roi Guillaume et de le déterminer à accéder à nos articles. M. de Wessenberg est la personne qui peut avoir le plus de chances de succès en s’acquittant de cette mission. Si, malgré quelques concessions qui sont encore demandées au roi des Pays-Bas, on obtient son approbation, alors les affaires de la Belgique seront placées dans une position qui permettra aux puissances de reconnaître son indépendance ; et cette indépendance aura été fondée sans guerre, et même sans préparatifs militaires.

Vous jugerez peut-être convenable d’engager M. Lehon à écrire à Bruxelles et même à s’y rendre, afin que par son influence il contribue à l’adoption des articles par le congrès.

Rien de ce que j'ai l'honneur de vous mander ne doit transpirer à Paris : c'est une condition exigée par le prince Léopold et par les députés.

2 heures du matin. – Je joins ici le discours du prince Léopold ; il n’est pas tel que je l’aurais désiré et que je le lui avais suggéré. Tout ce qui s’est passé à cet égard entre le prince et moi vous sera expliqué en détail par la lettre que je viens d’écrire au prince, et dont j’ai l’honneur de vous envoyer une copie….



DISCOURS DU PRINCE LEOPOLD A LA DEPUTATION BELGE




Messieurs,

Je suis profondément sensible au vœu dont le congrès belge vous a constitué les interprètes.

Cette marque de confiance m’est d’autant plus flatteuse qu’elle n’avait pas été recherchée par moi.

Les destinées humaines n’offrent pas de tâche plus noble et plus utile que celle d’être appelé à maintenir l’indépendance d’une nation et à consolider ses libertés.

Une mission d’une aussi haute importance peut seule me décider à sortir d’une position indépendante et à me séparer d’un pays auquel j’ai été attaché par les liens et les souvenirs les plus sacrés, et qui m’a donné tant de témoignages de bienveillance et de sympathie.

J’accepte donc, messieurs, l’offre que vous me faites, bien entendu que ce sera au congrès des représentants de la nation à adopter les mesures qui, seules, peuvent constituer le nouvel Etat et, par là, lui assurer la reconnaissance des Etats européens.

Ce n’est qu’ainsi que le congrès me donnera la faculté de me dévouer tout entier à la Belgique, et de consacrer à son bien-être et à sa prospérité les relations que j’ai formées dans les pays dont l’amitié lui est essentielle et de lui assurer, autant qu’il dépendra de mon concours, une existence indépendante et heureuse.

Recevez…

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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in MEMOIRES DE TALLEYRAND










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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