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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

22 JUIN 1831







Londres, le 22 juin 1831.

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 20 et par laquelle vous faites observer que les nouvelles de Londres vous manquaient depuis deux jours. Ce reproche n’est pas fondé, car je ne suis jamais resté quarante-huit heures sans avoir l’honneur de vous écrire, et s’il y a un jour où je ne vous ai pas envoyé de dépêche, c’est que ce jour était celui d’une conférence qui avait été extrêmement longue et que je n’avais plus le temps nécessaire. Vous aurez, sans doute, reçu une lettre de moi peu de moments après le départ de votre estafette.

Les Belges n’apportent pas dans la négociation qui nous occupe un esprit de conciliation d’après lequel on puisse penser qu’ils ont un véritable désir de terminer, et vous pourrez en juger par ce fait. Il y a quelques jours, ils ont remis une note sur leurs demandes ; les deux membres de la conférence qui suivent plus particulièrement avec eux les détails de la négociation ont fait des observations sur ces demandes et ils devaient s’attendre à ce que leurs observations seraient discutées. Les commissaires belges n’ont pas suivi cette marche, et au lieu de répliquer, ils ont, dans une seconde note, renouvelé toutes leurs demandes, sans le moindre changement et sans la plus légère concession.

Si les Belges persévèrent dans cette marche, s’ils ne cèdent sur aucun point, s’ils s’affermissent, au contraire, dans un système d’exigence et d’obstination, il sera impossible de négocier avec eux et d’arriver à un arrangement. Après avoir épuisé tous les moyens de persuasion et de condescendance, après avoir recueilli si peu de fruits de tant de soins, je crois qu’il faudra peut-être en venir à l’idée d’opérer une division de la Belgique, dans laquelle la France trouverait sans doute la part qui lui conviendrait le mieux. Vous pouvez être persuadé que ce moyen ne conduirait pas plus à la guerre que tout autre, si nous ne parvenons pas à finir, mais je ne renonce pas encore à tout espoir d’arrangement.

Je pense que les Belges se seraient montrés plus conciliants, s’ils avaient moins de confiance dans l’appui que leur font espérer les agitateurs de tous les pays, et s’ils n’étaient pas encouragés à penser que c’est par la ténacité seule qu’ils parviendront à leur but. Cet encouragement, ils le puisent aussi dans l’état général de l’Europe, dans les échecs éprouvés par la Russie et dans la situation particulière de la France et de l’Angleterre.

Je crois qu’il serait utile qu’un langage sévère apprît à M. Lehon que la France a pu se prêter à l’espoir de voir les affaires de la Belgique se terminer par des négociations à Londres, mais qu’elle a dû penser que ce seraient des négociations franches et conciliantes, et que le gouvernement du roi apprend avec le plus juste mécontentement qu’au lieu de négocier, les députés belges ne répondent pas aux observations qui leur sont adressées et se renferment dans un cercle de demandes d’où ils ne paraissent nullement disposés à sortir. Le temps s’écoule, et il semble que les Belges aient quelque motif particulier pour ne pas en faire un meilleur usage.

Je vous remercie de m’avoir communiqué les informations que vous avez reçues de Pétersbourg, sous la date du 4 de ce mois. Les détails contenus dans la lettre de M. de Mortemart, que vous avez eu la bonté de m’envoyer, fournissent une nouvelle preuve de la portion de difficultés que nous avons ici à éprouver de la part de la Russie.

P. S. – Hier au soir, le prince Léopold et lord Melbourne croyaient que tout allait finir ; ce matin, il y a des difficultés, mais je les vois de mon lit, car je suis malade….

Recevez…

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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in MEMOIRES DE TALLEYRAND










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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