Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LE PRINCE DE TALLEYRAND





TALLEYRAND-PÉRIGORD (Charles-Maurice), né à Paris en 1754. Abbé de Celles et de Saint-Denis. Nommé évêque d'Autun en 1788, sacré le 4 janvier 1789 ; député du clergé du bailliage d'Autun aux Etats-généraux, se réunit à la chambre des communes, dès leur ouverture ; il joignait à des talents, une grande facilité de travail. Son nom, sa dignité, son exemple entrainèrent un assez grand nombre de curés. Ce fut lui qui provoqua la vente des biens du clergé, et soutint qu'elle était aussi juste qu'utile. Ce fut lui qui officia pontificalement sur l'autel de la patrie qu'on avait élevé au Champ-de-Mars ; il fît la bénédiction des drapeaux qui devaient être remis aux différents départements ; il appelait ces drapeaux les bannières sacrées de la liberté. Il purifia aussi avec de l'eau bénite, l'épée que Chola avait arrachée à Delaunai, gouverneur de la Bastille. Après avoir prêté le serment à la constitution civile du clergé, ce fut encore lui qui, assisté des évêques de Lyda et de Babylone, sacra les premiers évêques dits constitutionnels; démarche qui lui attira l'improbation de la cour de Rome, consignée dans un moratoire de Pie VII, du 17 avril 1791. A la fin de la session il accompagna, comme chargé d'affaires, M. de Chauvelin ministre en Angleterre, qu'il habita jusqu'en 1794, époque à laquelle il la quitta pour passer aux Etats-Unis : il revint bientôt en Europe. On l'avait inscrit sur la liste des émigrés. Chénier proposa et fit adopter par la convention un décret pour la rentrée en France de Talleyrand-Périgord, et le rapport du décret d'accusation porté contre lui. (Voyez le Moniteur du 21fructidor an 3 (7 septembre 1795.) Chénier fit valoir les nombreux services que l'évêque d'Autun avait rendus, et les talents qui pouvaient encore être utiles à la république. Le 15 juillet 1797, il fut nommé ministre des relations extérieures de la république française ; il donna sa démission, le 19 juillet 1799. A cette époque, des méfiances, des plaintes, des dénonciations s'étaient élevées contre lui ; ce fut alors que parurent sous la date du 25 messidor an 7 (13 juillet 1799), les Eclaircissements donnés par le citoyen Talleyrand à ses concitoyens. L'auteur, récapitulant les reproches que lui adressaient ses ennemis, s'écrie : (Page 3.) « Il doit sans doute être encourageant pour moi de pouvoir rappeler, en commençant cette étrange justification, avec quel empressement, avec quelle joie j'allai me ranger, en 1789, parmi les premiers et les plus sincères amis de la liberté. Ce souvenir me remplit d'une satisfaction que l'injustice actuelle ne pourra elle-même me ravir. Il est vrai que je serais indigne d'avoir servi une si belle cause, si j'osais regarder comme sacrifice ce que je fis alors pour son triomphe. Mais que du moins il soit permis de s'étonner qu'après avoir mérité, à de si justes titres, les plus implacables haines de la part du ci-devant clergé, de la ci-devant noblesse, j'attire sur moi ces mêmes haines » — ( Pages 4, 5, 6, 7 et 8. ) « Que disent-ils donc ces hommes non Français, ou ceux d'entre les Français dont ils ont su tromper la bonne foi ? Que j'ai été de l'assemblée constituante ? Ah ! je savais bien qu'au fond de leur âme ils ne pardonneraient jamais à ceux dont les noms brillent parmi les fondateurs de la liberté. Je savais bien que les hommes qui n'ont pas éprouvé ces premiers élans du peuple français en 1789, que ceux qu'on voyait alors s'associer honteusement aux froides railleries par lesquelles on insultait à ce sublime enthousiasme de la nation; que ceux enfin qu'on n'a vu se montrer dans la révolution qu'aux époques où ils ont espéré que, n'ayant pu la prévenir, ils parviendraient du moins à la rendre odieuse, s'indignaient en secret contre l'assemblée qui, la première, proclama la déclaration des Droits de l'homme ; qu'ils accordaient surtout bien plus de faveur au côté anti-révolutionnaire de cette assemblée, qu'à celui qui fut le berceau de la révolution.

Ils disent que je ne suis qu'un constitutionnel de 1791 ; et ils prétendent que je n'offre point de garantie contre le renversement de la république. Etrange allégation ! Quand même on se refuserait à voir que les hommes poursuivis avec le plus de fureur par les contre-révolutionnaires quelconques, sont indubitablement ceux qui ont travaillé les premiers à une constitution en France, puisque c'était là le premier pas, et un pas immense vers la république ; quand on ne voudrait pas réfléchir que la plupart de ceux qui m'adressent cette bizarre injure n'auraient eux-mêmes à se reprocher, dans le cas d'une contrerévolution, que quelques propos qui leur seraient si bien pardonnés ; quand enfin il ne serait pas vrai de dire qu'un patriote de 1789, qui n'a pas hésité à faire son serment à la république, et qui l'a répété dans les circonstances les plus solennelles et les plus décisives, n'a aucune grâce à espérer d'un gouvernement français qui ne serait pas républicain; il sera incontestable, pour quiconque n'a pas fermé les yeux à toute lumière, que dans l'effervescence où s'agitent les esprits, trois seules suppositions sont possibles : Ou bien la république s'affermira au milieu de tant de chocs ; ou nous serons abîmés dans la confusion, dans la destruction de tous ; ou la royauté reviendra nous asservir, mais avec un surcroît de rage et de tyrannie. Toute autre supposition est pour moi une chimère ; et sans doute j'ai donné assez de garantie contre ces deux derniers régimes. On sait assez le sort que l'un et l'autre me réservent, et même le genre de préférence qu'ils m'accorderaient. // est donc démontré, mille fois démontré, que je n'ai, que je ne puis avoir d'autre vœu que celui de l'affermissement et de la gloire de la république » — ( Pages 8 et 9.) «On ne saurait trop le répéter : oui, les garanties véritables, les garanties les plus certaines qu'on puisse offrir à la république , sont incontestablement dans un amour bien prononcé pour la liberté, qu'un Français quelconque, depuis 1792, ne peut sans délire chercher hors de la république ; dans la manifestation ouverte de ce sentiment, dès l'origine de la révolution ; dans les haines qu'on a méritées constamment de la part des plus irréconciliables ennemis de la France ; dans la réunion de tous les genres d'intérêt et de bonheur qui peuvent attacher à un régime sous lequel on a exercé de hautes fonctions, et à la gloire d'un pays qu'on a appris à chérir encore davantage pendant une absence de trois ans ; dans la conviction profonde que la république qui nous a coûté si cher ne pourrait périr qu'an milieu des flots de sang; que celui qui aurait osé concourir à cet horrible événement en serait probablement la première victime, et que son nom, comme celui de tout traître, arriverait à la postérité chargé du poids de l'exécration générale ; dans tous les sentiment humains qui font envisager avec horreur un bouleversement universel où s'engloutiraient le bonheur, la fortune, la vie de tant de citoyens, de tant de parents, de tant d'amis ; enfin dans cet honneur national qui doit être la vie d'un Français, et qui soulève l'âme à l'idée seule que des Autrichiens et que des Russes, après avoir ravagé notre pays, viendraient insolemment nous dicter des lois » — ( Page 13.) « L'auteur d'un pamphlet a osé dire à cette occasion, que dans le cours de ce qu'il appelle mon émigration, je quittai l'Angleterre pour aller en Amérique, où je portai, dit-il, la cocarde blanche. — Je quittai l'Angleterre, non : mais le gouvernement anglais me donna l'ordre d'en sortir dans vingt-quatre heures ; et en cela sa haine me distingue bien honorablement. — J'allai en Amérique, cela est vrai ; car je ne pouvais être en sûreté que sur une terre libre : mais il est aussi faux qu'il est absurde de dire que j'y ai porté la cocarde blanche ; une idée aussi ridicule n'aurait pu même entrer dans mon esprit. On répète la même absurdité pour le temps où je me trouvai à Hambourg, en revenant en France. J'en appelle, sur une allégation aussi mensongère, au témoignage du citoyen Reinhart, alors envoyé de la république à Hambourg, et à celui du citoyen Lagau, notre consul dans cette résidence; qu'ils disent si constamment je n'ai pas été paré comme eux des couleurs nationales. De tels reproches, au reste, quelque grave qu'en soit l'objet, sont bien peu de chose auprès de ceux dont on voudrait faire tomber le poids sur ma tête. Je me hâte de le dire : si un seul était fondé, je serais indubitablement le fonctionnaire le plus criminel de la république ! »

Après avoir administré les sacrements, M. l'évêque d'Autun en reçut un à son tour : il épousa Mme Grant, indienne, qui avait repassé en Europe le 21 novembre 1799 ; il avait été rappelé au ministère des relations extérieures, qu'il a occupé jusqu'au 8 août 1807. L'empereur le nomma prince de Bénévent, vice-grand-électeur de l'empire ; grand-aigle de la légion d'honneur (le 13 pluviôse an 13). Il fut successivement décoré de l'ordre de la couronne de Saxe, de l'ordre royal de Westphalie (grand-commandeur), de l'ordre de S. A. R. le grand-duc de Hesse, de l'ordre de Saint-Joseph de Wurtzbourg, de l'ordre de Léopold, du grand-ordre du soleil de Perse, de l'ordre de l'aigle noir de Prusse, de l'ordre de Saint-André de Russie, etc.; nommé le 1er avril 1814 par le sénat, président de la commission chargée du gouvernement provisoire.


Adresse du gouvernement provisoire aux armées françaises :


« Soldats !

La France vient de briser le joug sous lequel elle gémit avec vous depuis tant d'années.

Vous n'avez jamais combattu que pour la patrie ; vous ne pouvez plus combattre que contre elle sous les drapeaux de l'homme qui vous conduit.

Voyez tout ce que vous avez souffert de sa tyrannie : vous étiez naguère un million de soldats ; presque tous out péri : on les a livrés au fer de l'ennemi, sans subsistances, sans hôpitaux; ils ont été condamnés à périr de misère et de faim.

Soldats ! il est temps de finir les maux de la patrie. La paix est dans vos mains ; la refuserez-vous à la France désolée ? les ennemis même vous la demandent. Ils regrettent de voir ravager ces belles contrées, et ne veulent s'armer que contre votre oppresseur et le nôtre. Seriez-vous sourds à la voix de la patrie qui vous rappelle et vous supplie ? Elle vous parle par son sénat, par sa capitale. et surtout par ses malheurs. Vous êtes ses plus nobles enfants, et ne pouvez appartenir à celui qui l'a ravagée, qui l'a livrée sans armes, sans défense, qui a voulu rendre votre nom odieux à toutes les nations, et qui aurait peut-être compromis votre gloire, si un homme, qui n'est pas même Français, pouvait jamais affaiblir l'honneur de nos armes et la générosité de nos soldats.

Vous n'êtes plus les soldats de Napoléon ; le sénat et la France entière nous dégagent de vos serments. »

Paris, le 2 avril 1814.

(Journal des Débats du 3 avril 1814.)

Nommé par le roi ministre et secrétaire d'état des affaires étrangères (Moniteur du 13 mai l814), et pair de France, le 4 juin suivant, etc., etc., etc.


**************************************


In DICTIONNAIRE DES GIROUETTES – PARIS – ALEXIS EYMERY - 1815








RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement