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L. S.

DE TALLEYRAND

A

SIDI HASSAN,

DEY D'ALGER,

LE 16 MESSIDOR AN V

[4 JUILLET 1797]



Paris, le 16 messidor an V [28 juillet 1797].

Illustre et magnifique Seigneur,

Nous devons aux sentiments d’amitié qui vous unissent à la République française d’entrer directement avec vous en explication sur vos dernières déterminations, relativement aux bâtiments neutres qui ont été conduits dans vos ports par nos corsaires. Cette explication sera franche et loyale, comme il convient à des amis.

Vous savez que depuis le commencement de la guerre les Anglais ont, au mépris du droit des gens, arrêté et capturé à bord des neutres tout ce qui était destiné pour les ports français ou pour ceux de nos alliés. Il était du devoir du Directoire exécutif de mettre un terme à ce brigandage politique et il a arrêté, le 14 messidor [2 juillet] dernier, que les armements français saisiraient sur les neutres toutes les marchandises à destination ou pour le compte d’ennemis.

En conséquence de ces dispositions, trois prises neutres ont successivement été conduites par nos corsaires dans le port d’Alger. Vous avez ordonné leur renvoi, et vous avez en même temps fait dire à notre Consul qu’il vous répugnait d’admettre des prises neutres, mais que vous donneriez l’entrée à celles faites sur les Anglais.

Cette détermination ne nous semble point conforme à l’esprit de nos traités. L'admission de nos prises anglaises ne balance point pour nous le désavantage que peut nous causer votre refus de donner l’entrée à nos prises neutres, puisque le commerce d’Angleterre dans la Méditerranée ne se fait que sur bâtiments neutres et qu’aucun bâtiment marchand ne s’y montre sous pavillon anglais ; ils paraissent ici spécialement favorisés, eux qui n’ont cessé de saisir toutes les marchandises destinées pour la France sans égard pour aucun pavillon. Ce n’est qu’après plusieurs années d’une patience inutile que nous avons pris le parti d’user de représailles, et certes il n’y a rien là d’offensant pour les neutres, puisque leurs propriétés restent intactes dans nos mains. C’est seulement la propriété ennemie que nous attaquons, c’est elle seule que nous saisissons. Lorsque les papiers de bord établissent d’ailleurs bien clairement la neutralité du bâtiment, il est relâché ; si au contraire sa neutralité n’est pas bien prouvée, alors il est lui-même saisi. La présence d’objets de contrebande ne change pas nos principes ; ils sont d'abord confisqués et c’est un usage généralement adopté par toutes les Puissances maritimes, mais le bâtiment reste toujours libre avec le surplus de son chargement qui n’est pas propriété ennemie, si d’ailleurs ses papiers sont en règle.

Si les neutres pouvaient se plaindre de cette conduite, toute mesurée qu’elle est, nous serions fondés à leur répondre qu’elle trouve son autorisation dans la faiblesse avec laquelle ils ont laissé violer leur neutralité par les Anglais. Ont-ils toujours respecté la vôtre ? Deux de leurs bâtiments ont en dernier lieu arraché à l’un de vos corsaires une frégate, dont ils se sont emparés après un combat opiniâtre dans lequel plusieurs Algériens ont été tués et beaucoup d’autres blessés ; ils ont de plus arrêté deux bâtiments de votre domination, l’un chargé à l’île de France pour Livourne, l’autre chargé de blé à Bône. Ce dernier a été conduit à Porto-Ferrayo où ils l’ont confisqué

D’après cet exposé, nous sommes convaincus que vous révoquerez l’ordre, surpris à votre religion, par lequel vous fermez vos ports aux prises neutres qui pourraient y être conduites par nos corsaires ; c’est une satisfaction que nous vous demandons comme conforme à l’esprit de nos traités, aux sentiments d’amitié qui existent entre vous et la République française, comme convenable enfin à votre dignité sans cesse blessée par les Anglais. Eux seuls restent aujourd’hui nos ennemis ; des conditions préliminaires de paix ont été signées entre la République française et l’Empereur d’Allemagne ; elles seront sans doute bientôt suivies d’un traité définitif. L’Angleterre, ainsi abandonnée de tous les coalisés, paraît vouloir enfin mettre un terme aux hostilités, et déjà des Commissaires sont de part et d’autre nommés pour entrer en négociation. Puissent leurs conférences rendre la paix à l’Europe ! C’est notre vœu bien sincère, mais, jusqu’à ce qu’il soit rempli, nous devons conserver une attitude défensive, et nous insistons en conséquence pour que toutes nos prises indistinctement soient admises dans vos ports.

Fait à Paris, au Palais national du Directoire exécutif, le 16 messidor de l’an V de la République française, une et indivisible.

Par le Directoire exécutif :

Le ministre des relations extérieures

Ch. Mau. Talleyrand.




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CORRESPONDANCE DES DEYS D'ALGER AVEC LA COUR DE FRANCE 1579-1833 TOME II - EUGENE PLANTET - PARIS - F. ALCAN - 1889









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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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