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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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NOTE DE M. DAYOT,

AGENT DE M. LE PRINCE DE BENEVENT

DU 24 AVRIL 1814





M. de Talleyrand s’occupait d’un travail pour le Roi : je lui ai proposé de rester vingt-quatre heures pour l’emporter avec moi ; mais la crainte de l’arrivée inattendue du roi l’a déterminé à m’expédier sur le champ avec un sommaire de ce travail.

Dans le cas où le débarquement de S. M. précéderait le travail annoncé, M. de Talleyrand croyait indispensable qu’elle fît connaître par des lettres-patentes, en mettant le pied sur le sol de son royaume, qu’elle acceptait la constitution, mais que, cette constitution lui paraissait susceptible de modifications dans plusieurs points, elle se réserverait de les discuter dans le Sénat.

M. de Talleyrand a déjà préparé le Sénat à voir la Constitution subir des changements, par ces mots pleins d’adresse que leur vanité a saisis. « Vous allez trouver dans le Roi, messieurs, un homme d’un esprit supérieur et d’un talent distingué. Attendez-vous à le voir discuter les articles de la Constitution, et préparez-vous à l’honneur d’entrer en lice avec lui. » Cette insinuation a fait le meilleur effet ; et déjà on disait publiquement que la Constitution éprouverait des altérations.

Dans ces mêmes lettres-patentes, le Roi voudra bien fixer un jour pour la prestation du serment de fidélité. Cet article est considéré comme de la plus haute importance pour arrêter la fluctuation des idées, et lier le soldat, qui, n’ayant point encore émis son vœu, se trouve isolé, en quelque sorte, des chefs, qui déjà ont envoyé leur adhésion.

M. de Talleyrand regarde comme très essentiel que le Roi n’accorde ni ne promette le moindre pouvoir aux maréchaux ; mais S. M. les satisfera en flattant leur vanité.

Tous les peuples de la France sont animés du même zèle, du même dévouement, du même amour pour la personne du Roi, et pour tous les membres de son auguste famille. Ces sentiments vont jusqu’à l’exaltation, et telle est l’indignation générale qu’ont causée certains articles de la Constitution, qu’on a crié plusieurs fois, sous les fenêtres de Monsieur : Vive Louis XVIII ! à bas le Sénat ! Ce zèle outré est une imprudence dans ce moment. Si le peuple manifeste un enthousiasme vraiment français, l’armée témoigne un mauvais esprit.

Cependant les troupes de ligne sont bonnes, et, dans la garde impériale, le mécontentement ne se montre que parmi les vieilles bandes. La jeune garde est, ou détachée, ou bien près de l’être.

M. de Talleyrand pense que M. le comte d’Artois, dont les manières sont pleines de grâces, doit aller dans les provinces recueillir les besoins du peuple, et les porter au pied du trône. M. le duc de Bourbon parcourrait les autres parties de la France dans le même but.

Quant à M. le duc d’Angoulême et à M. le duc de Berry, on désirerait qu’il fût formé pour eux deux camps en France, et qu’ils y restassent quelque temps pour y gagner l’affection du soldat, et l’accoutumer à placer ses espérances dans ses princes, et à n’attendre son bonheur que d’eux seuls.

On croit nécessaire d’avoir, auprès de la personne de service chez le Roi, quelqu’un qui connaisse parfaitement le pays, et qui ait beaucoup de tact, et sous ce rapport on indique M. de Rémusat, dont la conduite a toujours été digne d’éloges. M. de Talleyrand met tout son bonheur à dévouer sa vie entière au service du Roi, et ne demande rien pour lui. Il se croit nécessaire aux relations extérieures, et en demande le département. Ce ministère est très difficile à conduire, et veut un homme habitué à traiter avec tous les cabinets de l’Europe.

M. de Talleyrand supplie le Roi de vouloir bien accorder à M. Edmond de Périgord (1) le titre de premier aide de camp auprès de sa personne, et à Mme Edmond de Périgord, celui de dame du palais, dont sa conduite et sa piété la rendent digne.

M. de Talleyrand recommande encore au roi M. Edmond de Périgord, dans la première nomination que S. M. daignera faire de ducs et de pairs.

Douvres, le 24 avril 1814.

J. Dayot.

Note.

(1) – Aujourd’hui le duc de Dino.


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REVUE BRITANNIQUE TOME II ANNEE 1828








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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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