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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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DE L'INFLUENCE

DE SON INFIRMITE

SUR LA PERSONNALITE

DE

TALLEYRAND

JUIN 2006



Aucun biographe de Talleyrand, à ce jour, n’a examiné l’influence de l’infirmité du prince sur sa personnalité, ses traits de caractères, sa façon d’agir. Seule a été mise en avant la conséquence qu’elle a eue pour son orientation vers la prêtrise et sa prétendue spoliation de son droit d’aînesse.

Or, nous sommes admis à penser que cette influence a été déterminante bien que passée sous silence par Talleyrand lui-même, excepté un ou deux mots d’esprit.

Talleyrand a été victime du syndrome de Marfan, maladie génétique, entraînant une difformité des deux pieds ayant pour conséquence une boiterie congénitale du pied droit qui était pied-bot.

Très vite, le simple fait de marcher ou de se tenir debout a été douloureux puis l’âge venant il est très probable qu’il a été victime de lombalgies, sciatiques, etc… par destruction des disques L4 L5 S1 de sa colonne vertébrale. Il est dommage de ne pouvoir faire une radio du squelette du prince, ainsi d’ailleurs qu’un prélèvement d’ADN qui permettrait de vérifier certaines hypothèses sur sa descendance supposée.

Psychiquement cette douleur permanente doit être supportée et génère un phénomène de compensation qui est la recherche du plaisir sous toutes ses formes d’où son épicurisme (plaisirs de la table – relations féminines (on sait qu’il était « suaviter in modo sed non fortiter in re ») sensuel mais pas machiste – recherche des conditions de vie les meilleures).

L’on sait également que ses derniers instants ont été très douloureux et qu’il a fait preuve de courage, ne laissant rien paraître. On parle de stoïcisme ; le mot apparaît ici mal choisi. Il ne s’agit pas d’attitude morale ou philosophique. La douleur qu’il a ressentie tout au long de son existence a développé chez lui une aptitude à dominer la douleur par habitude. Le cerveau, face à la douleur, secrète des endomorphines générant un seuil de tolérance à la douleur très élevé.

Un des traits principaux de Talleyrand, c’est la très grande capacité d’analyse dont il a fait preuve. Là aussi, son infirmité a joué un rôle. Quand vous ne marchez pas normalement, vous devez en permanence faire attention à la façon dont vous vous déplacez : vous êtes obligé d’analyser l’espace devant vous d’anticiper de prévoir ; cela devient un réflexe, un mode de fonctionnement qu’il a appliqué avec bonheur à sa vie politique.

Ses rapports humains ont été également déterminés par son infirmité lors de son enfance et de son adolescence.

De l’âge de quatre à huit ans il habite à Chalais chez son aïeule, Marie-Françoise de Rochechouart-Mortemart. De huit à quinze ans il est pensionnaire au collège d’Harcourt, actuel lycée Saint-Louis face à la Sorbonne.

Le récit qu’il fait de ces deux périodes dans ses Mémoires doit être examiné avec attention car leur traitement diffère.

Le prince décrit son séjour à Chalais comme un enchantement plusieurs dizaines d’années après.

Concernant le collège d’Harcourt, il est pratiquement muet sur le sujet. Il était solitaire et ne se mêlait pas aux jeux de ses camarades.

Pourquoi ce silence alors que cette période est cruciale pour la formation du futur adulte ?

A Chalais il est dans un milieu protégé, entouré de l’affection de son aïeule, bien considéré par son entourage.

Au collège d’Harcourt, il est probable qu’il a dû faire face aux plaisanteries de ses camarades dont il était peut-être la tête de turc.

Que faire quand on ne peut pas se battre (le pied-bot génère des problèmes d’équilibre), ni s’échapper (n’importe qui pouvait le rattraper facilement) ? On ne peut que subir.

Lannes disait que Talleyrand pouvait recevoir un coup de pied au c… et ne rien laisser paraître sur son visage. Cette capacité à encaisser, à ne pas répondre aux insultes provient-elle de son séjour à Harcourt ? Ce n’est qu’une hypothèse.

Son esprit mordant (on connaît ses répliques assassines) s’est peut-être développé par son incapacité à utiliser la force physique et à utiliser son cerveau pour « frapper » ses adversaires. Harcourt lui a aussi peut-être révélé la nature humaine et lui a fait perdre toute illusion supprimant tout sentimentalisme et développant son pragmatisme.

Paris, 21 juin 2006

Pierre Combaluzier



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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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