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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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NOTE

DE M. DE TALLEYRAND-PERIGORD

AU

CARDINAL CAPRARA

LEGAT DU PAPE

A PARIS

EN DATE DU

19 MAI 1806




Le soussigné ministre des relations extérieures est spécialement chargé, par S. M. l'empereur des Français, d'exprimer à S Em. M. le cardinal Caprara, légat du Saint-Siège, l'extrême surprise qu'a fait éprouver à S. M. une note de M. le cardinal Consalvi, en date du 26 avril, tendante à soumettre la couronne de Naples à de prétendus droits du Saint-Siège, qui sont tombés en désuétude, et qui ne peuvent soutenir aucun examen.

S. M. avait lieu de croire les ministres de la cour de Rome assez éclairés, assez bienveillants, pour ne pas confondre des circonstances qui ne se ressemblent pas, et pour ne pas forcer à se rappeler l'origine d'une prétention sur laquelle le Saint-Siège devait lui-même désirer de jeter un voile.

S. M. ne cherchera pas sur quels droits était fondée, dans le moyen âge, la prétention de distribuer des couronnes, et de régler les droits temporels des princes. C'est au même siècle et au même système que remontent les entreprises de la cour de Rome sur les états, dont s'est ensuite composé le royaume de Naples.

Si S. M. voulait rechercher les temps où le Saint-Siège a disposé des états, et a délié les sujets de leur serment de fidélité, Elle retrouverait aussi que les papes ont considéré leur temporel comme ressortissant des empereurs français ; Elle retrouverait dans cet exemple l'origine des droits légitimes qu'Elle a acquis, et qu'Elle est appelée à exercer par son avènement à l'empire; car ce n'est pas seulement des droits de la troisième dynastie, que S. M. a hérité ; la monarchie ne comprenait pas la moitié des domaines que son empire embrasse aujourd'hui ; ce n'est pas aux rois, c'est aux empereurs français qu'il a succédé, et Charlemagne, fondateur du premier empire de France, n'a jamais reçu de la cour de Rome l'investiture d'aucune partie de ses états.

Le soussigné, à qui S. M. a ordonné d'expliquer clairement et sans détour ses sentiments envers le Saint-Siège, est chargé de demander la reconnaissance pure et simple du Roi de Naples : il est chargé d'exprimer qu'en conservant à S. S. tous les égards qui lui sont dus comme chef spirituel de l'Eglise, S. M. se verrait avec peine obligée, par le refus du Saint-Siège, à ne plus reconnaître une souveraineté temporelle, que les empereurs français avaient eux-mêmes formée et agrandie, et qui, s'étant soutenue par leur vouloir et leur appui, a sans doute besoin de la même base pour se soutenir.

Toutes les questions oiseuses et surannées qu'agite aujourd'hui le secrétaire d'état du Saint-Siège ne tendent qu'à faire péricliter de plus importants intérêts, et S. M. a souvent remarqué que l'irréflexion des conseils et des démarches est souvent l'avant-coureur d'un grand danger ; mais la sagesse et la prévoyance de S. S. peuvent encore le prévenir. Elle doit être convaincue que S. M., sans jamais permettre qu'il soit touché au temporel et aux droits de sa couronne impériale, aura cependant, dans tous les temps, pour le chef de l'Eglise, la considération et les sentiments qu'ont eus pour le Saint-Siège, Charlemagne, Louis IX et les princes les plus chrétiens.

S. Em. M. le cardinal Caprara jugera sans doute à propos de faire parvenir incessamment à sa cour la note que le soussigné a l'honneur de lui adresser. Il désire vivement que le Saint-Siège voie et détourne les dangers où l'entraînerait une fausse détermination, et s'empresse de renouveler à S. Em. les assurances de sa respectueuse considération.

Paris, le 19 mai 1806.

CHAR. MAUR. TALLEYRAND.



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in PRECIS DES CONTESTATIONS DU SAINT-SIEGE TOME I PAR F. SCHOELL - PARIS - CHEZ N. MAZE - 1819










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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