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22 mai 2010




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DISCOURS

PRONONCE PAR

EMMANUEL DE WARESQUIEL

AU

PETIT THEATRE

DU CHATEAU DE VALENCAY

LE 14 AVRIL 2012

LORS DE LA CEREMONIE D'HOMMAGE

RENDUE A ANDRE BEAU

PRESIDENT D'HONNEUR

DES AMIS DE TALLEYRAND





André Beau me pardonnera de n’avoir rien préparé, lui qui était si précis et qui avait tant le goût du détail. Vous voyez que votre père récolte ce qu’il a semé, tant d’amitié et d’affection et je tenais tout particulièrement à être là pour lui dire mon amitié et lui rendre hommage.

Je ne le connais pas depuis très longtemps depuis un peu plus d’une dizaine d’années et si mes souvenirs sont bons, nous nous sommes rencontrés pour la première fois avec Pierre Combaluzier à l’occasion de la vente de ses collections à Vendôme, je crois que c’était en 2002 et j’ai découvert d’abord un homme avec l’œil qui frise, un homme dont on sentait qu’il avait de la réserve, de l’humour et une espèce de spontanéité comme cela sous la pudeur que j’ai tout de suite remarquée.

Ce qui m’a frappé chez lui, et pour sortir un peu de Talleyrand, ce n’est pas tant au premier abord, le grand érudit qu’il a été, qu’il est : c’est l’honnête homme. Et en le voyant et en commençant à parler avec lui, j’ai ensuite beaucoup parlé avec lui, nous avons beaucoup échangé ; il m’a toujours fait penser à un personnage de la génération de mes parents et quand il est mort, j’ai pensé à ce mot de Chateaubriand, à propos de la mort de son père qui disait : « les morts enterrent les morts et j’ai eu le sentiment qu’avec lui disparaissait, non pas tant une génération de l’entre deux guerres, il était très jeune avant la seconde guerre mondiale, mais une génération qui avait cette courtoisie, ce juste ton comme dirait précisément Talleyrand, cette juste distance avec les autres, au-delà de l’extrême bienveillance qu’était la sienne, vis-à-vis non seulement de ceux qu’il aimait mais même de ceux qu’il ne connaissait pas au premier abord et cela m’a beaucoup touché. Mes rapports avec lui ont été toujours des rapports, je dirai, d’une extrême courtoisie qui n’étaient pas des rapports de familiarité. Nous nous sommes toujours vouvoyés. Je l’ai toujours appelé Monsieur et je crois que de son côté, alors qu’il aurait bien pu, étant donné notre différence d’âge, m’appeler par mon prénom, il ne l’a jamais fait.

De même, il avait ces mêmes rapports avec Talleyrand. J’ai toujours entendu parler de Talleyrand comme du prince et jamais comme de Charles-Maurice, jamais il n’utilisait les prénoms Charles et Maurice de Talleyrand ; et cela situe bien le personnage. Il me faisait souvent penser à un ami qui n’est plus de ce monde lui aussi, plus âgé que moi, et qui me disait à propos de la seconde personne du singulier et de la seconde personne du pluriel, qui me disait : au fond, il faudrait changer les rapports de préséance entre le vous et le tu. Il disait : « quand on ne connait pas quelqu’un, après tout il faudrait commencer par le tutoyer et c’est lorsque l’on a du respect pour quelqu’un, après un certain nombre d’années qu’on passe au vouvoiement. Eh bien ! C’est exactement le sentiment que j’ai toujours eu avec André Beau.

Des rapports qu’il a entretenus avec Talleyrand, je voudrais dire deux petites choses.

Ils se ressemblent extraordinairement et étrangement sous deux rapports. Le premier rapport c’est ce dont je parlais tout à l’heure c’est ce petit texte qu’avait écrit Talleyrand à propos de Saint Sulpice, à propos de ce qu’il appelait le bon goût et le bon ton ; cette façon d’être avec les autres, cette élégance d’être avec les autres qui m’a toujours frappé chez lui. Et puis le deuxième point qu’il partage avec l’homme qu’il a profondément aimé, et qui l’a passionné c’est l’exactitude. André Beau, comme Talleyrand, c’est l’homme de la virgule placée au bon endroit, c’est l’homme de l’extrême précision, et cela m’a toujours infiniment plus et c’est évidemment aussi le grand érudit et l’homme des sources il a un côte Nestor Burma il a un côté - « je mène l’enquête, je trouve les sources » qui pourrait faire pâlir, et je lui enlève tout de suite ce complexe qu’il avait envers les universitaires, qui pourrait faire pâlir beaucoup d’universitaires qui n’ont pas mis les pieds dans des fonds d’archives depuis bien longtemps ; Je ne citerai pas de nom mais j’en connais.

Et au-delà de ces points qu’il partage avec l’homme de sa passion, ce qui m’a toujours beaucoup touché chez lui, c’est ce que j’appellerai la ligne du cœur. La ligne du cœur, c’est cette ligne invisible qui l’a conduite de son enfance ici à Valençay, de ses souvenirs d’enfance, jusqu’à son travail, jusqu’à l’érudition et jusqu’à ses livres ; et avec lui on sent bien que derrière cette érudition, il y a toujours l’amour, les souvenirs, les lieux de l’enfance qui sont omniprésents. Son érudition n’a jamais été raide, elle n’est pas distante, elle porte quelque chose qui est véritablement sa vie lui-même et ce mélange des deux est quelque chose que là encore une fois souvent les universitaires ne partagent pas car leur travail, leurs recherches sont plus froides ce qui m’a toujours frappé avec André Beau c’est cette chaleur du fait même de cet attachement qui était le sien pour Valençay, cette chaleur qu’il apportait dans sa recherche, dans sa passion de chercheur, et dans son écriture aussi et çà j’ai toujours beaucoup aimé çà. Nous avons beaucoup échangé ensemble, il m’a beaucoup écrit, il m’a beaucoup aidé et çà il peut le dire « je suis impressionné par les universitaires, peut-être cher André Beau, mais je les corrige sûrement » car il m’a beaucoup corrigé.

La dernière lettre qu’il m’ait écrite c’était une lettre qu’il m’avait envoyé à la suite de l’envoi que je lui avait fait de mon dernier livre sur Talleyrand : Dernières nouvelles du diable. Je m’étais permis dans les remerciements de remercier les trois mousquetaires. Les trois mousquetaires ce sont André Beau d’abord et puis Pierre Combaluzier et Philippe Maillard que j’aime tous les trois d’une même affection et que j’ai nommé ainsi car ce sont un peu les trois mousquetaires de Talleyrand et quelques semaines après l’envoi de ce livre, André Beau m’avait écrit un petit mot en me remerciant et en signant votre mousquetaire.

Et cher André Beau, je ne sais pas si Talleyrand est au paradis, mais je suis sûr que vous, vous l’êtes et que vous êtes au paradis des tendres et des passionnés car André Beau c’était avant tout un homme tendre.

Je vous remercie.

Emmanuel de Waresquiel



Discours enregistré par Pierre Combaluzier.

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© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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