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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DE

TALLEYRAND,

A

SON NEVEU

LE DUC DE TALLEYRAND

EN DATE DU

15 MAI 1829





Paris, le 15 mai 1829

Mon cher Louis, vous êtes appelé à des devoirs très sérieux, mais mon affection pour vous me commande de vous les faire connaître.

Je ne vous parlerai point de ceux que vous avez à remplir vis-à-vis de votre femme, ils sont trop doux pour ne pas être faciles ; mais je vous dirai que le nom que vous portez, la situation que je viens de vous assurer, vous en imposent de grands à l’égard de la France, et de ma mémoire, lorsque vous serez appelé à justifier la confiance qui m’a porté, le jour de votre mariage, à faire de vous mon principal héritier.

Je crois avoir rendu quelques services à mon pays. Il m’a bien récompensé, car c’est à lui que je dois ma fortune, et que vous devez la vôtre. Aussi votre devoir, comme le mien, est de rester toute votre vie fidèle à la ligne constitutionnelle et monarchique que je me suis tracée après un mûr examen, et après une appréciation exacte et réfléchie des divers intérêts qu’une longue lutte a fini par faire bien connaître. C’est à celui qui me remplacera un jour, tant à Valençay qu’à la Chambre des pairs, à acquitter, par un vote libre et sage, ma dette française. J’ai la confiance de croire que rien ne vous détournera de remplir ce devoir que je vous impose comme essentiel au respect que vous me devez. – Il y en a un autre que je réclame de vous, et qui est important pour votre bonheur, c’est donner des soins à la conservation de la fortune que je vous assure. J’en ai établi l’administration sur une base patriarcale : il est bon que vous en connaissiez les détails, pour que vous puissiez en apprécier l’utilité. Les voici, je vous engage à les méditer avec soin :

Les bois et forêts sont la partie la plus intéressante de Valençay, leurs produits ne peuvent éprouver qu’une progression immense, à cause de la manie déplorable qui s’est emparée de tous les propriétaires voisins qui coupent tous leurs bois à blanc, et ne font aucune réserve. J’ai administré les terres et forêts de Valençay en père de famille, c’est-à-dire que le présent a été sacrifié à l’avenir. J’ai préféré toucher moins sur mes revenus de chaque année, pour avoir la certitude que les réserves que je faisais étaient le placement le plus avantageux que je pouvais faire des ressources que me fournissait la terre, et que ces privations momentanées vous donneraient un jour une augmentation considérable de revenus. C’est ainsi que par l’aménagement introduit dans les forêts de Valençay, il y est réservé au moins dix mille baliveaux par an, que de plus chaque allée des forêts est garnie de lisières dont le jardinage seul forme déjà un revenu considérable, en attendant que la coupe entière ou partielle, en forme un plus considérable encore. Chaque fois que dans l’intérieur des coupes, il se trouve des bouquets de taillis qui viennent bien, on les laisse croître, et quand aux arbres de futaies, on n’abat absolument que les arbres qui ne gagneraient pas à rester plus longtemps sur pied, et dont une économie bien entendue indique qu’il faut immédiatement tirer parti, plutôt que de voir leur valeur se détériorer. L’expérience m’a prouvé la nécessité d’une précaution indispensable à prendre à l’égard des forêts, c’est de ne permettre qu’aucun arbre ne soit ni vendu ni abattu, sans une autorisation spéciale que vous aurez donnée sur l’état estimatif présenté par l’inspecteur de vos forêts. Cette autorisation, soit pour l’abattage, soit pour la vente des arbres, doit être signée par vous. Avec cette précaution vous serez sûr que vos forêts ne seront jamais dévastées.

Vous devez vous faire remettre par l’inspecteur des forêts :

(1)Le 1er juillet, le procès-verbal d’assiette des coupes à exploiter dans l’hiver suivant.

(2)Le 1er octobre, le procès-verbal des baliveaux laissés, et l’estimation des taillis à exploiter.

(3)Le procès-verbal d’estimation de la futaie doit vous être donné le 1er avril, et le 1er avril de l’année suivante, vous devez vous faire remettre le procès-verbal de recollement et de réception des coupes.

L’administration de la forge de Luçay exige peu de détails, puisqu’elle est affermée maintenant, moyennant un prix certain et invariable. Il ne s’agit à cet égard que de surveiller l’exploitation des bois qui en compose l’affouage, ainsi que les recherches relatives aux mines, afin d’avoir la certitude que les minières une fois ouvertes, seront épuisées avant d’être abandonnées.

Je vous engage à louer toujours les domaines à prix d’argent. Je vous conseille aussi de ne jamais faire valoir par vous-même, de ne jamais louer à moitié prix, ni moyennant un fermage en nature. La location à prix d’argent, lors même qu’il en résulterait quelque diminution de revenu. Les autres modes de location présentent toujours, à côté des chances de bénéfices, des chances bien plus grandes encore de pertes, à cause du désordre inséparable des détails auxquels il faut se livrer, et dont un fermier seul peut se tirer avec avantage. Le seul soin à prendre, à l’égard des domaines, est de veiller à ce que les fermiers abandonnent la routine du pays, et se décident à faire des prairies artificielles. L’obligation leur en a été imposée par les nouveaux baux, renouvelés au mois d’octobre 1828. Il faut tenir fermement la main à l’exécution de cette condition, c’est le meilleur moyen de les faire sortir de l’état misérable où ils croupissent, et de leur procurer plus d’aisance. Vous devrez aussi recommander à votre régisseur de ne jamais laisser vos fermiers s’arriérer, la condescendance qu’on a pour eux en leur accordant des délais est ruineuse pour eux-mêmes. Leur insouciance devient telle alors qu’ils languissent dans la gêne sans en sortit, et quand après être restés plusieurs années sans payer de fermages, ils se voient forcés de payer, la somme dont ils se trouvent arriérés est si considérable que le découragement s’empare d’eux et achève leur ruine.

Depuis que j’ai fait l’acquisition de la terre de Valençay, chaque année j’ai fait défricher une portion de brandes, et bréviandes qui ne présentait qu’un terrain inculte dont l’aspect était hideux, à la porte du château, est totalement aujourd’hui couvert de plantations qui joignent la garenne à la forêt de Garsenland, et promet pour l’avenir des produits considérables.

Je vous engage à continuer les plantations que j’ai commencées, les brandes de Veuil, et celles de Luçay qu’on peut défricher et planter en bois formeront alors une nouvelle forêt dont les produits augmenteront de beaucoup les produits de la terre. Les plantations sont le meilleur emploi que vous pouvez faire du produit de vos économies. Il n’y a pas d’argent mieux employé que celui qui est placé sur soi-même, et qui est destiné à améliorer son patrimoine.

Vous n’aurez point de constructions nouvelles à faire. Au château, il faut seulement des gouttières, et en assez grand nombre pour que l’eau n’use pas les pierres, cela manque essentiellement dans plusieurs endroits.

La terre de Valençay est garnie d’assez, et même de trop de bâtiments, il faut bien se garder de les augmenter, ce serait une dépense de plus ; la meilleure disposition à prendre à cet égard est même de supprimer des bâtiments à mesure qu’on s’aperçoit qu’ils ne sont pas indispensables

Quant aux autres constitutions, si vous suivez exactement ce que plus tard je vous dirai à l’égard des réparations, vous vous trouverez rarement dans le cas d’en faire Pénétrez-vous bien de l’idée qu’une petite réparation faite à temps empêche toujours une réparation plus coûteuse ; c’est là ce qui fait que vous devez exiger que des tournées soient faites fréquemment dans les domaines par votre régisseur, qu’un rapport doit être fait par lui, après chaque tournée, et que, sur ce rapport, l’objet le plus minime étant dégradé, il doit y être mis des ouvriers à l’instant même.

Une autre précaution à prendre, et qui est indispensable, c’est d’enjoindre à l’administrateur de ne faire aucune réparation au-dessus de 50 francs, sans un devis préalable qu’il doit vous soumettre, et que vous aurez approuvé par votre signature. De cette manière vous serez sûr que les réparations urgentes ne languiront point et qu’aucune réparation majeure n’aura été faite, sans que vous en ayez eu connaissance.

La comptabilité est la partie la plus importante d’une régie, celle qui demande le plus de soins et de surveillance.

Pour ne pas avoir des comptes trop longs, la comptabilité doit se diviser exactement par année, cela est essentiel. Le premier état à demander à votre régisseur est le budget de l’année. Le budget doit être fourni dans le courant de janvier : il doit comprendre, quant aux recettes deux parties distinctes : d’une part, les revenus de l’année précédente et des années antérieures non recouvrées au 1er janvier, et l’argent en caisse à la même époque. De l’autre part, il doit comprendre les revenus de l’année courante exigibles jusqu’au 31 décembre suivant.

Quant aux dépenses, la même distinction doit avoir lieu entre les charges des années précédentes non acquittées au 1er janvier et celles de l’année courante exigibles jusqu’au 31 décembre. Ce budget sera donc un budget de situation et non un budget d’exercice.

Le système de la comptabilité par exercice ne peut être utilement employé pour Valençay, attendu que les revenus d’une année ne sont le plus souvent payables que dans le courant de l’année suivante, tandis que les charges se payent régulièrement de mois en mois, ou de trimestre en trimestre et qu’il en résulterait toujours une avance de caisse considérable sur l’exercice courant

Voilà la règle à suivre pour les recettes et les dépenses à faire. Quant à celles qui sont déjà faites, vous devez exiger que dans la première huitaine de chaque mois, le régisseur vous remette l’état des recettes et de la dépense du mois précédent. Au moyen de ces états que vous reporterez, lorsque vous serez à Paris, sur des sommiers parfaitement semblables à ceux de Valençay, vous serez toujours à même de savoir au juste la situation de la caisse de la terre, tant à l’égard de l’argent qui s’y trouve, qu’à l’égard du passif à acquitter et de l’actif à recouvrer.

Les douze états de mois réunis forment les éléments des comptes annuels. Ces comptes doivent être présentés par votre régisseur au plus tard le 1er avril de l’année suivante. Ils doivent être divisés en trois parties :

1° La recette qui comprend le reliquat du compte précédent, la reprise du compte précédent, et les revenus de l’année recouvrés ou non.

2° La dépense qui comprend toutes les dépenses faites dans l’année.

3° La reprise qui comprend les sommes à recouvrer, tant sur les revenus de l’année courante que sur ceux des années antérieures. Le résultat du compte doit être parfaitement conforme à celui de l’état du mois, sinon il y a erreur dans les états de mois ou dans le compte. La vérification d’un compte ne doit être abandonnée que lorsqu’on est parvenu à ce résultat conforme.

Tout ce qui précède s’applique à la comptabilité en argent. Il en est une autre non moins importante, c’est la comptabilité en nature. Les mêmes règles s’y appliquent, et à la suite de chaque état dont je viens de parler, doit être l’état correspondant pour les recettes et dépenses en nature.

Au moyen de la précaution du budget qui voûte et qui fixe les sommes à dépenser pour chaque article, et de la défense imposée au régisseur de ne faire aucune réparation au-dessus de 50 francs, sans un devis préalable que vous ayez approuvé, et de ne faire aucune dépense au dessus du même sans une autorisation spéciale, vous serez parfaitement sûr de compter au bout de l’année sur les résultats que vous aurez prévus dès le commencement, de toucher de votre terre un revenu certain.

Je vous engage à vous faire représenter par les agents de l’administration de Valençay les instructions spéciales qui leur ont été données. Vous y trouverez des renseignements plus détaillés. Je vous recommande de vous conformer à l’ordre actuellement établi. C’est cet ordre qui a fait tirer de cette terre des revenus très considérables. Je crois que c’est le meilleur modèle que vous puissiez suivre.

Pénétrez-vous bien de cette maxime : c’est qu’il est plus difficile de conserver que d’acquérir. L’expérience générale, la mienne propre, ont confirmé pour moi cette vérité. Il faut donc que ceux qui sont placés par la naissance dans l’heureuse situation de n’avoir aucun souhait de fortune à faire, de n’avoir qu’à conserver une position brillante et sûre se fassent [sic] et se pénètrent profondément de règles d’ordre, immuables, dont l’exécution les maintienne honorablement dans l’état dans lequel la nature les a placés.

C’est en commençant la vie qu’on doit en mesurer toute l’étendue. C’est alors que l’homme voit se développer devant lui d’immenses obligations. C’est alors aussi que d’immenses dangers l’entourent. Eviter les uns et remplir les autres est le but auquel on doit chercher à arriver. Pour cela, il faut se confier au simple bon sens, guide fidèle et sûr, qui ne se trompe jamais, et profiter des conseils désintéressés qui sortent du tombeau.

Un naturel heureux, un cœur bon exposent souvent à de grands dangers, tel que celui d’obliger les autres trop facilement. Une jeunesse bien pure est souvent accessible à des demandes indiscrètes, il faut avoir la force d’y résister. Il est loin de moi de vouloir vous conseiller ici d’être dur, mais il faut savoir discerner à qui l’on donne. Il faut toujours refuser à l’inconduite, et lorsqu’on accorde au malheur, il faut, avant de vouloir être libéral, être soi-même libéré. Ne donnez jamais sans avoir examiné si vous n’avez pas un sol de dettes, et si le courant de votre dépense est assuré sans recourir à des moyens que l’ordre proscrit.

Il y a deux manières d’obliger : la première qui au premier coup d’œil semble être la plus onéreuse est de donner de l’argent. Avant de le faire, il faut ouvrir sa caisse, et s’assurer si en faisant sortir le secours demandé, il y restera encore assez d’argent pour ses affaires et ses besoins personnels, car sans cela le refus est indispensable. La seconde manière d’obliger est de donner sa signature. C’est surtout contre ce moyen qu’il faut se mettre en garde, car c’est le plus dangereux. On donne ordinairement plus facilement sa signature que de l’argent. Mais si en donnant de l’argent on s’expose à se gêner soi-même, quels risques ne court-on pas quand on s’engage pour un autre, quand on s’expose à courir toutes ses chances, quand on s’oblige pour un temps souvent éloigné, sans pouvoir prévoir de manière certaine quels seront alors ses propres besoins, ceux de ses enfants. Il n’y a pas de puissance, je le répète, pas de puissance à laquelle on ne doive résister en pareil cas.

Je me suis longuement étendu sur cet article, parce que je le regarde comme essentiel pour conserver la considération personnelle à laquelle on a droit, car tous les avantages d’une position tournent contre celui qui ne sait pas s’en rendre digne.

Je ne dois pas finir cet article sans vous dire qu’il ne faut pas dédaigner de vous occuper vous-même des soins intérieurs de votre ménage ; quelques minutieux qu’en puissent être les détails, il ne faut en négliger aucun. C’est l’économie qui apporte l’aisance. Quelque fortune que l’on ait, il faut toujours mesurer ses dépenses sur ses revenus, et pour ne pas se tromper, calculer les dépenses au plus haut, et les recettes au plus bas. Avec cette précaution, on est sûr de ne jamais dépasser ses ressources, et les économies annuelles viennent augmenter, sans embarras et sans moyens extraordinaires, les dots de ses enfants.

Vous deviendrez un jour le chef de votre famille, et vous aurez le bonheur d’aider à leur entrée dans la vie votre frère et votre sœur, avec lesquels je vous recommande d’être constamment uni.

En suivant les règles que je vous ai indiquées pour l’administration de votre fortune, vous serez dans le cas de la laisser, non seulement intacte, maus accrue à vos enfants.

Votre position sociale est facile. Vous avez des manières distinguées et un caractère qui doivent vous la rendre parfaitement agréable.

En votre qualité de chef de famille, vous avez des exemples à donner, et des devoirs doux à remplir. Je place au premier rang ceux de la reconnaissance : vous aimerez sûrement à témoigner dans toutes les circonstances à votre mère que vous sentez tout ce que vous lui devez : elle a soigné votre éducation, et lorsqu’elle était avec moi et que vous en étiez éloigné, elle n’a pas cessé un moment de fixer mon intérêt sur vous (avec un soin de chaque instant) et de s’occuper de tour ce qui pouvait contribuer à mon bonheur personnel, et à l’établissement futur de votre frère, de votre sœur et de vous. Aujourd’hui que je lui manque, elle n’a en France d’autres liens que ses enfants : vous me remplacerez auprès d’elle, et vous n’oublierez jamais que nous lui devons de grandes compensations pour les mécomptes de tous genres qu’elle a éprouvés dans ce pays-ci. Je vous recommande particulièrement votre sœur. La prévoyante affection d’une sœur adoucit tous les embarras de la vie.

Conservez cette lettre, mon cher ami, relisez-la quelque fois avec votre femme, rendez-la heureuse, et recevez ma tendre bénédiction.

Le pce de Talleyrand.

P. S. Je dois vous prévenir que j’ai lu cette lettre à quelques uns de mes amis politiques et privés, qu’ils prendront un intérêt réel à vous, et que votre vote et votre conduite est engagé vis-à-vis d’eux.

Le P. de Talleyrand.





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in TALLEYRAND : L'APOGEE D'UN SPHYNX ANDRE BEAU - 1998





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© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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