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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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L'ALGERIE CONTRE LA WALLONIE

OU

TALLEYRAND ET LA DIPLOMATIE FRANCAISE

PAR JEAN-PIERRE BADIA

15 DECEMBRE 2008





Avant Propos.

Ce texte écrit sans prétention pour servir à la petite histoire qui a jalonné la grande. Comme on peut le lire, rien n'est simple et l'enchevêtrement des hommes et des événements qui ont œuvré à la réalisation du grand projet sont encore méconnus.

L’Algérie contre la Wallonie. ou, Talleyrand (1754-1838) et la diplomatie française.

Décidément, l’Algérie tout le monde la voulait, mais pas pour les mêmes raisons. Allez dire aujourd’hui à quelque pieds noirs encore meurtris, que l’Algérie et la Belgique furent l’enjeu d’un marchandage entre plusieurs pays européens. Ils n’en croiraient pas leurs oreilles et pourtant.

Le coup de l’éventail que chacun se persuade de croire qu’il s’agissait d’une espèce de lèse-majesté, fut pour d’autres un coup monté. Vous vous rendez compte, frapper même avec un chasse-mouche le représentant de la France! et si on vous disait que l’affaire était prévue, et voulue depuis longtemps! Qu’elle était en quelque sorte dans le sac.

1793 n’est pas loin, la révolution, la liberté, l’égalité française font trembler les rois du vieux continent.

L’Europe est coalisée contre la France et ses idées subversives. La disette est partout. Il ne reste qu’une alliée: la régence d’Alger et le Dey. Celle-ci par l’entremise de la maison Bacri-Busnach, des commerçants juifs livournais, qui détiennent presque tout le commerce de la régence, livre du blé à la France à la première République en 1792 et ce pendant 7 ans. Le fameux blé de la discorde.

Ce blé évalué à 14 millions payés en partie aux héritiers Bacri-Busnach sera réclamé par les neuf Deys qui se sont succédés pendant toute cette période, 1792/1830- Hassan III, Mustafa II, Ahmed II, Ali IV, Ali V, Muhammad VI, Omar Agha, Ali VI Khodja, mais surtout par le dernier Dey Hussein III. La Restauration évalua la dette en 1819, à 7 millions. En 1827, rien n’est fait. Hussein créditeur de Bacri-Busnach et particulièrement intéressé, réclame le paiement à Louis XVIII. Rien n’est fait.

Mais attardons-nous en Amont. Talleyrand voulait des territoires pour la France, et de grands territoires à peupler. On ne peut plus s’étaler en Europe, sauf peut-être la Wallonie? il regarde du côté de l’Algérie. Pour lui, tout est bon pour arriver à ses fins. D’abord semer la zizanie entre les artisans et les opposants à son projet. Il est le maître de ces stratégies. Les différents chefs d’Etats et les régimes différents sous lesquels il a servi en témoignent. Ensuite, aggraver le différents entre Paris et Alger, les méfaits de la course en Méditerranée suffisaient, enfin traîner la patte pour honorer les véritables réclamations du Dey pour le règlement de la dette, qui s’élèvent à plusieurs millions, millions qui vont fondre au soleil, au fur et à mesure du temps et des régimes qui passent.

Talleyrand avait commandé sous le consulat en 1801, la rédaction d’un mémoire sur l’éventualité d’un débarquement d’une armée de terre contre Alger. Sept ans plus tard, il obtint de Napoléon, l’envoi d’une mission quasi secrète, reconnaître un lieu d’accostage. La plage de Sidi Ferruch fut choisie. Pour l’Empereur, il s’agissait de posséder un point d’appui terrestre à Alger de la même importance que Gibraltar pour les Anglais. Cette mission est connue sous le nom de son ingénieur, chef de bataillon et marin Vincent Yves Boutin qui s’embarque pour Alger en mai 1808, où il réside trois mois. On connaît le sort de celui-ci, il est discret, interroge un peu partout, écrit, dessine, puis découvert, part précipitamment. La mauvaise mer faillit lui coûter la vie, ses travaux furent perdus. Mais, grâce à sa mémoire, il reconstitua les plans et le principal fut conservé et, les travaux de V.Y Boutin serviront au débarquement à Sidi Ferruch de 1830.

Waterloo en 1815, met un terme aux idées expansionnistes de Napoléon et à l’Empire. Lors donc, Talleyrand nomme en 1815, le sieur Pierre Deval, consul de France à Alger. Le consul multiplie les provocations et les rodomontades. Etait-ce dans son caractère, son éducation ou bien plus sûrement sous ordre de son Ministre ? Il finit par obtenir ce qu’il visait, agacer le Dey Hussein qui ne le supporte plus. Le coup de l’éventail du 29 avril 1827 au cours de la réception officielle du Baïram (fête de l’Aïd en turc). La vérité est qu’il fut frappé de trois coups de chasse-mouche. Une douleur symbolique! Quelle manœuvre diabolique ! mais Talleyrand l’est-il moins ? Napoléon ne disait-il pas de lui, tout en l’estimant pour ses compétences: “ C’est une merde dans un bas de soie”. Un compliment ?

La suite tout le monde la connaît. Le 14 juin 1830, les troupes françaises, 36450 hommes, débarquent à Sidi Ferruch, ( Sidi Fraj) puis, le 05 juillet prennent Alger.

Que se passent-il pour les grandes puissances pendant ce temps? Si elles sont favorables à l‘attaque française contre la piraterie menée depuis Alger; elles craignent que la France ne devienne trop puissante, surtout l’Angleterre, comme d’habitude, mais aussi l’Espagne et la Hollande. L'Angleterre qui en 1798 a évincé la France de l’Egypte après la bataille navale d’Aboukir, puis à Trafalgar en 1805. Pour la petite histoire, il faut souligner que la piraterie était presque inexistante à cette date de 1830.

Le 4 novembre 1830, s’ouvre à point nommé, la conférence de Londres. Talleyrand, est nommé ambassadeur à Londres par Louis Philippe pour participer aux négociations qui allaient sceller le sort du territoire compris entre la Hollande et la France. Allait-on scinder en deux ce territoire? Une partie à la France, l’autre aux Pays-bas, ou bien allait-on créer un Etat indépendant, la Belgique ? Talleyrand très habilement se range à la majorité , abandonne les prétentions du trône de France sur cette partie du territoire et obtient par accord tacite la souveraineté française en Algérie. Fut-ce une bonne diplomatie ?

Car, comme s’interroge si intelligemment Jean Isnard : « Avec le recul de l’Histoire, Talleyrand a-t-il eu tort ? ou bien est-ce nos chefs politiques qui n’ont pas été à la hauteur des rêves d’un homme qui a consacré sa vie à la grandeur de la France ? »

L’Histoire a tenu à un fil. Que se serait-il passé si Waterloo avait connu une autre fin ? que se serait-il passé si la Wallonie avait été scindée en deux ? que se serait-il passé sans Talleyrand ? Autres époques, autres politiques. Maintenant, tout est rentré dans l’ordre ou presque. La Belgique existe, l’Algérie est indépendante et la France est ....éternelle.

Jean Pierre Badia - 15 décembre 2008.



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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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