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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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CORPS LEGISLATIF


CONSEIL DES CINQ-CENTS


RAPPORT

FAIT AU DIRECTOIRE EXECUTIF

PAR

LE MINISTRE DE LA MARINE

MESSIDOR AN VIII - [JUILLET 1800]




CITOYENS DIRECTEURS,

J’ai l’honneur de vous remettre le projet des dépenses à faire en l’an 8 pour le service de la marine et des colonies.

Comme ce travail est précédé d’une introduction qui en fait connaître l’ordre et la distribution, et que chaque article de dépense est accompagné de notes, calculs et renseignement propres à éclairer et à diriger le jugement à porter sur les demandes de fonds formées pour telle ou telle partie du service, on se bornera ici à quelques observations générales.

Le simple examen du projet de dépense de l’an 8 suffira pour convaincre qu’aucun département ne présente des détails aussi variés et aussi compliqués que celui de la marine. Ce n’est qu’avec infiniment de peine qu’on a pu réunir les matériaux indispensables pour donner à chacune des divisions et subdivisions les développements exigés par la loi, afin de mettre le Corps législatif à même d’apprécier les fonds qu’il importe d’accorder pour l’an 8 au département de la marine.

Les dépenses calculées sur le pied du complet de guerre, s’élèvent à 183,000,000.

On pourra peut-être objecter que, comme dans l’hypothèse même de la guerre, les équipages ne sont pas toujours au complet, il eût été possible d’admettre une réduction particulière sur les armements.

Deux raisons puissantes ont porté à calculer les dépenses sur le pied du complet de guerre.

La première sera facilement sentie par tous les républicains. Ce serait être injuste à l’égard de nos braves marins, que d’admettre qu’au premier appel ils n’accourront pas tous offrir leurs bras à la patrie. L’exemple récent de l’empressement des citoyens qui composent les équipages de l’armée navale partie de Brest, nous assurent que les marins brûlent du désir de rivaliser avec les troupes de terre en courage et en dévouement à la République.

En second lieu, il a paru que, si en prenant pour base de la dépense des armements, le nombre de quarante-quatre vaisseaux, cinquante-quatre frégates, cinquante et une corvettes, etc., on supposait des réductions possibles sur les dépenses que ce nombre de bâtiments peut entraîner, d’après les lois qui règlent la force des équipages et la solde dont ils doivent jouir, le travail de l’administration n’offrirait plus rien de certain, puisqu’il aurait été modifié au gré d’une opinion particulière.

C’est donc d’après l’état actuel des choses et la nature des circonstances, que l’on a fixé les dépenses de l’an 8.

Si, malgré ces considérations, vous croyez, citoyens directeurs, à la possibilité d’une réduction d’environ 33 millions sur le projet que j’ai l’honneur de vous remettre, il deviendra de mon devoir de réduire mon travail à 150,000,000 fr. ; mais je dois vous observer que cette réduction ne pourra s’opérer qu’autant que le Corps législatif modifiera les lois qui ont fixé divers traitements. Encore l’économie à espérer sur cette partie ne pourra-t-elle être que très faible ; ce n’est donc qu’en réduisant le nombre des vaisseaux à construire et à armer qu’on pourra ramener la dépense aux taux de 150 millions.

Le projet de dépense de la marine est rédigé de manière que, sans rien changer à l’ensemble de ce travail, on peut opérer telle réduction qu’on jugera convenable.

En effet, puisque pour établir la dépense des constructions et des armements on a donné des espèces de tarifs qui font connaître ce qu’il en coûte pour construire ou pour armer les bâtiments de toute dimension, on peut ajouter ou retrancher à la dépense, suivant qu’on augmentera ou qu’on diminuera le nombre des bâtiments à construire ou à armer.

Cependant pour prévenir, autant qu’il dépend de moi, les intentions du Directoire exécutif, j’ai formé un nouvel aperçu en forme de sommaire, ou plutôt une récapitulation des dépenses de l’an 8, basée d’après la réduction à 150 millions.

Cette sorte de récapitulation peut être jointe au projet général que j’ai eu l’honneur de mettre sous vos yeux, pour servir à indiquer les parties du service sur lesquelles la réduction pourrait porter, si on est forcé d’en venir à cette pénible extrémité.

On a plusieurs fois répété que la République n’a, pour ainsi dire, plus de marine. D’après cette opinion, on a toujours paru désirer de réduire les fonds à accorder à ce département important.

La République n’a plus de marine !

Qui a conduit en Egypte la formidable armée qui a conquis à la France une des plus belles contrées de l’univers, et qui tient en échec les forces que la Porte ottomane peut prêter à la coalition des rois conjurés contre notre liberté ?

Plusieurs expéditions n’ont-elles pas eu lieu dans les colonies ?

Le gouvernement, par diverses initiatives sur l’Irlande, n’a-t-il pas forcé l’Angleterre à des dépenses et à des efforts qui l’affaiblissent ? Enfin la République ne vient-elle pas de montrer à l’Océan étonné l’armée navale la plus nombreuse qui ait existé depuis longtemps ? Le tableau de la situation de nos forces maritimes fait connaître qu’au premier vendémiaire an 8 de nouvelles constructions auront réparé les pertes de la malheureuse journée d’Aboukir.

C’est en moins d’une année que le gouvernement a consommé ces opérations importantes, et l’on dit que la marine manque à la République ! non, elle n’a besoin que d’être secondée par de puissants efforts.

Sans doute que l’économie et des réductions sont à désirer ; mais le moment est-il venu, et la marine n’a-t-elle pas de grandes pertes à réparer ?

Peut-on d’ailleurs oublier que 30,000 marins sont dans les prisons d’Angleterre ; qu’un nombre presque égal sert sur les bâtiments de la République ; qu’il est nécessaire de s’attacher de bonne heure les individus qui se destinent à la marine, à raison de la multitude de connaissances que cette profession exige ?

Qu’on compare alors le nombre d’individus existant au service, et l’on jugera s’il est de l’intérêt de la République de brusquer des réformes.

L’administration civile n’a pas moins besoin de bras et de secours dans un temps où la guerre presse et multiplie toutes les opérations. Divers exercices marchent, pour ainsi dire, de front, à raison de l’arriéré des dépenses qui restent à acquitter.

Il faut craindre d’amener le désordre, en éloignant les individus qui ont suivi les opérations, et en surchargeant, au-delà de leurs forces, ceux qui seraient conservés. Souvent il est des hommes intéressés à ces mesures extrêmes ; à chaque changement qui s’opère dans l’administration, on voit se reproduire des réclamations indiscrètes, déjà plusieurs fois écartées.

A l’égard de la distinction demandée entre l’ordinaire et l’extraordinaire, j’ai présenté à la fin du projet général une discussion approfondie sur cet objet.

Aucune circonstance survenue, pendant l’an 7, ne pouvant nécessiter des changements au projet sur le pied de paix arrêté pour l’an 7, j’ai laissé subsister la fixation réglée l’année dernière.

La différence de cette évaluation à la fixation des dépenses de l’an 8, forme l’extraordinaire pour ce dernier exercice.



Salut et respect. Signé, CH. MAU. TALLEYRAND.




APERCU DES COMPTES DE LA MARINE ET DES COLONIES POUR L'AN VIII - MESSIDOR AN VIII - [JUILLET 1800]



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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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