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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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POLITIQUE




Le discours prononcé par M. de Talleyrand à la dernière séance de l’Académie des sciences morales, a fourni une ample matière aux dissertations des journaux. Chacun d’eux en a rendu compte à sa manière, selon le degré de sympathie et de défaveur qu’on peut attendre de l’état des opinions si diverses qui règnent aujourd’hui en matière de politique.

Pour notre part, ce que nous aimons le plus à y chercher, c’est la suite des graves pensées dont M. de Talleyrand a parlé dans une autre occasion assez récente, comme étant la chose la plus digne d’occuper un vieillard au terme de sa carrière. Eh bien, à notre avis, la trace de ces graves pensées se retrouve encore cette fois dans le langage du célèbre diplomate. D’abord on ne lit pas sans attendrissement et sans espoir cette phrase de son discours où il annonce que c’est son dernier chant du cygne, ou ce qui revient au même, que c’est pour la dernière fois qu’il fait entendre sa parole dans l’Académie dont il est membre depuis quarante ans. Cette préoccupation d’un esprit qui se sent ramené en toute occasion aux grandes considérations par lesquelles la fin de la vie doit être marquée ; cette préoccupation, disons-nous, nous paraît être du plus favorable augure, et l’indication d’un sentiment profond qui ne saurait demeuré stérile dans une âme à laquelle on ne peut refuser, bien certainement, une juste appréciation des choses humaines.

M. de Talleyrand n’a point paru pour la dernière fois devant l’Académie des sciences morales, sans avoir mesuré la portée des paroles qu’il avait à y prononcer. Il a saisi habilement l’occasion d’un éloge funèbre que personne ne lui demandait, et dont son âge seul aurait suffi pour le dispenser ; il a saisi cette occasion pour laver en quelque sorte son caractère et sa réputation diplomatique des reproches qui semblaient s’opposer au cours de ses graves pensées, et au retour sérieux que ses détracteurs affectaient de vouloir lui rendre impossible en détruisant d’avance la foi qui pouvait être due à ses paroles et à sa franchise. En effet, qui ne reconnaîtra le caractère de M. de Talleyrand lui-même dans le portrait qu’il a tracé de l’homme politique (M. Reinhart) dont il avait à faire l’éloge ? « Il faut au diplomate, a-t-il dit, la faculté de se montrer ouvert en restant impénétrable ; d’être réservé avec les formes de l’abandon ; d’être habile jusque dans le choix de ses distractions. Il faut que sa conversation soit simple, variée, inattendue, toujours naturelle et parfois naïve… Non, la diplomatie n’est point une science de ruse et de duplicité ; si la bonne foi est nécessaire quelque part, c’est surtout dans les transactions politiques. On a voulu confondre la réserve avec la ruse ; la bonne foi n’autorise jamais la ruse, mais elle admet la réserve. »

On peut voir par là combien M. de Talleyrand simplifie la difficulté de son retour aux graves pensées, et le droit qu’il croit avoir à l’indulgence des jugements publics. En homme habile, il a su également s’aplanir le chemin, en se débarrassant de la critique qui pourrait s’attacher à une autre époque de sa vie, et en montrant par d’illustres exemples que cette même théologie dont on chercherait peut-être à lui faire un ridicule était loin d’être une étude étrangère à la carrière qu’il a parcourue depuis avec tant d’éclat. Il nous semble donc que le discours qu’il a prononcé l’autre jour à l’Académie des sciences morales serait d’une bien médiocre signification, s’il n’était pas la confirmation de ce qu’on attend du célèbre orateur, comme se rattachant aux graves pensées qu’il a déclarées être l’occupation de ses dernières années.



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AMI DE LA RELIGION DU 13 MARS 1838 – pp. 489 à 490







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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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