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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL COMTE BELLIARD

MINISTRE DE FRANCE A BRUXELLES

EN DATE DU

29 MAI 1831







Londres, le 29 mai 1831.

Monsieur le Comte,

J’ai reçu les lettres que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 24, le 26 et le 27 de ce mois ; celles du 26 m’ont été remises par M. le colonel Répécaud, qui va partir vous porter cette dépêche.

Votre lettre du 27, Monsieur le Comte, annonce que vous aperceviez de l’amélioration dans la situation des affaires à Bruxelles, et que vous conceviez l’espérance de les voir heureusement terminées. On compte ici beaucoup sur vos soins, sur l’influence de vos conseils, de vos démarches, et sur votre habileté.

Nous avons eu ce matin une conférence ; j’y ai donné lecture de vos plus récentes informations ; la dépêche de lord Ponsonby du 27 nous a également été communiquée. La Conférence y a puisé des motifs pour espérer qu’on pourra arriver enfin à voir se terminer les affaires de Belgique. Elle a repassé tout ce qui avait été fait de favorable aux Belges, et elle a reconnu que l’intervention amicale des puissances a assuré à la Belgique une indépendance entière, garantie par une neutralité politique dont elle doit apprécier les avantages incontestables. Les intérêts de son commerce ont été pris en grande considération, ainsi que la libre navigation des fleuves.

Les Belges ont reçu une extension de territoire qui ne doit pas non plus être oubliée ; car ils ajoutent à leur pays la principauté de Liège, qui en était entièrement distincte et séparée, plus des districts qui avaient appartenu à la France et à la Prusse. Ils sont appelés à élire librement leur souverain ; des négociations leur promettent l’acquisition du grand-duché de Luxembourg.

La Conférence a jugé, dès lors, qu’elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour satisfaire les espérances des Belges, et qu’elle n’avait rien à ajouter aux propositions que lord Ponsonby a portées à Bruxelles. Cette détermination m’a paru être prise d’une manière extrêmement fixe, et on a témoigné le désir que vous, Monsieur le Comte, et lord Ponsonby, vous voulussiez bien la faire connaître aux Belges.

Quant aux demandes qu’ils voudraient faire prendre en considération relativement à Maëstricht, le Limbourg et la Flandre hollandaise, il a paru impossible de s’y arrêter, parce qu’elles portent sur des territoires que les Belges n’ont jamais possédés, qu’ils ne possèdent même pas encore, et sur lesquels ils n’ont aucun titre à faire valoir.

Du reste, ils savent parfaitement que le prince Léopold ni aucun autre prince ne consentirait à accepter la souveraineté de la Belgique, si la Belgique n’adhérait pas aux bases du protocole du 20 janvier, parce qu’il ne voudrait pas se placer dans une situation hostile vis-à-vis des puissances. Mais cette vérité ne saurait être trop répétée à Bruxelles, surtout dans un moment où va s’effectuer l’élection du souverain. Les Belges ont donc, sous ce rapport, un intérêt pressant qui doit les conduire à adhérer aux bases fondamentales arrêtées par les puissances.

Les puissances ne peuvent pas croire que les résultats heureux obtenus par les Belges, qui leur promettent un si bel avenir, et qui les appellent, sans aucune obligation onéreuse, à faire partie de la société européenne, ne soient pas appréciés par les hommes sages et influents de la Belgique, par ceux qui doivent avoir une grande part dans le règlement des hauts intérêts du pays. Si cependant les passions l’emportaient, si les Belges refusaient d’accéder aux bases du protocole du 20 janvier, je dois, Monsieur le Comte, vous annoncer que les puissances sont parfaitement décidées, dans ce cas, à prendre toutes les mesures qu’exige la protection des Etats voisins de la Belgique et toutes celles que leur commandent leurs engagements et leur dignité.

Vous savez, Monsieur le Comte, que pour donner plus de latitude aux délibérations des Belges, le délai dans lequel ils avaient à se prononcer a été remis au 1er juin prochain. Ce terme ne peut plus être retardé, et la Conférence a décidé de nouveau aujourd’hui que si, à cette époque, leur résolution n’était pas prise dans le sens des propositions des puissances, lord Ponsonby quitterait immédiatement Bruxelles, d’après les instructions qu’il a reçues.

Le Gouvernement du Roi ayant sans doute aussi prévu ce cas, dans les directions qu’il a eu à vous donner, je pense que vous jugerez convenable, Monsieur le Comte, de les revoir afin de décider des résolutions que vous aurez à prendre.

Je garde l’espoir que nous n’aurons pas à regretter que tant de soins donnés aux affaires de Belgique n’aient pas amené les résultats qu’on devait s’en promettre, et je vous le répète, Monsieur le Comte, cet espoir se fortifie par la confiance qu’on prend ici dans votre caractère et dans le zèle qui anime toutes vos démarches.

J’attendrai avec une vive impatience la réception de la première lettre que vous voudrez bien me faire l’honneur de m’écrire après l’arrivée à Bruxelles de M. le colonel Répécaud.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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