Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 MAI 1831







Londres, le 14 mai 1831

Monsieur le comte,

La dépêche confidentielle que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 10 de ce mois, m’est exactement parvenue.

Je pense que les inquiétudes que vous témoignez sur l’entrée de la Belgique dans la Confédération germanique, dans le cas de cession de la partie du grand-duché de Luxembourg ne sauraient être fondées. La Belgique devant être un état indépendant et neutre, ne pourrait jamais faire partie d’une Confédération qui a des liens et des obligations particulières, et il y a lieu de croire qu’en assurant à la Confédération germanique la possession de la forteresse de Luxembourg, on pourrait parvenir à séparer d’elle le reste du territoire, d’autant plus que les puissances allemandes ont plusieurs fois témoigné des regrets d’avoir admis une partie de l’ancien royaume des Pays-Bas dans leur association politique.

Je suis convaincu que la neutralité de la Belgique s’étendra naturellement au pays qui pourra y être ajouté ; mais je ne ferai à cet égard aucune demande ; je présenterai simplement cette neutralité, pour le pays de Luxembourg, comme devant être la conséquence de l’état politique stipulé pour la Belgique.

Quant à l’affaire des forteresses, je vous prie, Monsieur le Comte, de vouloir bien remarquer qu’il n’est pas possible de faire plus que ce qui résulte du protocole secret du 17 avril, jusqu’à ce qu’un prince soit devenu souverain de la Belgique ; car il doit nécessairement s’ouvrir avec lui une négociation à cet égard : ce sont, d’ailleurs, les termes du protocole, et nous ne pouvons qu’attendre le choix de ce souverain.

Les affaires de Pologne sont pour moi un objet constant d’attention et de combinaison : je ne doute pas que le Gouvernement anglais n’y porte aussi beaucoup d’intérêt et n’ait, sur ce point, des dispositions analogues aux nôtres ; mais pour que le cabinet de Londres intervînt en faveurs des Polonais, il faudrait que l’opinion publique lui en fît, pour ainsi dire, une obligation ; et ce n’est qu’un événement marquant qui peut produire cet effet. Je pense, au surplus, que, dans ce moment où il y a de la langueur dans les affaires de Pologne, le Gouvernement du Roi aurait moins d’avantage à s’occuper de cette question, et que des délais atténueraient beaucoup l’effet de ses démarches ; mais si un succès important venait à avoir lieu, ce serait alors, dans mon opinion, que nous pourrions agir immédiatement, vous à Paris et moi en votre nom ici. Je croirais aussi qu’il serait bon de sonder le cabinet de Berlin et peut-être d’entamer quelque chose avec lui. Il me revient que la partie haute de la société en Prusse est favorablement disposée pour les Polonais ; et vous savez que dans une affaire de cette espèce les cabinets ont besoin d’être avertis et poussés par l’opinion publique.

J’ai vu, hier, chez moi, M. Devaux, et nous nous sommes longtemps entretenus des affaires de Belgique. J’ai employé envers lui et ses collègues, soit en particulier, soit lorsqu’ils étaient réunis, tous les raisonnements qui pouvaient les convaincre de la nécessité d’adhérer au protocole du 20 janvier. Les ministres anglais leur ont parlé dans le même sens, ainsi que le prince Léopold, qui est toujours disposé à devenir leur souverain, s’ils cèdent aux conseils de la raison. Le langage de ce prince, la franchise qu’il met dans ses relations avec les députés belges, paraissent les attacher à lui, et ils lui montrent, de leur côté, beaucoup de confiance.

Les députés quitteront Londres convaincus ; mais ils nous laissent dans l’incertitude sur leur influence. Nous nous croyons sûr qu’ils feront tout ce qu’ils pourront ; il sera utile, à ce qu’ils m’ont dit, que le général Belliard les seconde de tous ses moyens.

J’ai l’honneur de vous transmettre un exemplaire imprimé des protocoles n° 20 à 23 inclusivement.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. – Le bruit se répand aujourd’hui que le Gouvernement anglais a obtenu, à Lisbonne, toutes les satisfactions qu’il y avait demandées.


******************************************


in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement