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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

27 MARS 1831







Londres, le 27 mars 1831

Monsieur le comte,

D’après les ordres contenus dans votre dépêche du 23, j’ai vu tous les membres de la Conférence chacun en particulier. Comme leurs informations sur l’armée hollandaise étaient toutes les mêmes, j’ai eu à peu près la même réponse de chacun d’eux ; en voici la substance. L’armée hollandaise n’a reçu récemment aucune augmentation ; elle est composée aujourd’hui comme il y a deux mois de trente mille hommes de troupes de ligne ; le reste n’est que de la milice. Les Hollandais sont excédés des dépenses qu’exige l’entretien de ces troupes, et depuis longtemps elles auraient été diminuées, si les Belges avaient repris plus tôt devant Maëstricht les positions qu’ils avaient au 21 novembre, et qu’ils étaient convenus eux-mêmes de reprendre. Les difficultés qui ont duré deux mois pour revenir à ce point ont obligé les Hollandais, pendant ce temps, à se tenir sur leurs gardes, et la dernière déclaration du Régent sur le Luxembourg a de nouveau répandu l’alarme dans le pays. Voilà, m’a-t-on dit, quelle est la cause, l’unique cause de l’état des armements hollandais.

Je dois ajouter que chacun des ambassadeurs m’a dit que l’adhésion patente du cabinet français au protocole qui fixe les limites entre la Belgique et la Hollande mettrait fin à toutes ces difficultés et ferait cesser tous les armements occasionnés par les inquiétudes que donne la Belgique. C’est là ce qui est dans l’esprit de tous les cabinets, au moins c’est ce qui résulte du langage habituel des ambassadeurs, non seulement avec moi, mais dans les conversations qui me seront rapportés.

Quant au choix d’un souverain pour la Belgique, les membres de la Conférence sont également unanimes sur cette question : le souverain ne peut être choisi, disent-ils, que quand on aura clairement défini de quel pays il doit être souverain, et cela ne peut être fait que lorsque la France aura prononcé sur les limites de la Belgique.

Je n’ai pas manqué de rappeler aux plénipotentiaires, ainsi que vous me le recommandiez dans votre dépêche, que l’indépendance de la Belgique est un fait admis par la Conférence. Ils m’ont tous répondu : cette indépendance n’est point encore reconnue ; elle le sera hautement par nous, mais seulement le jour où il nous sera possible d’indiquer nettement les limites du pays.

Du reste, les communications que j’ai faites ont donné lieu à des explications que je ne saurais assez vous répéter. Il n’y a pas un ambassadeur qui ne m’ai dit que tous les cabinets étaient disposées à faire tout ce qui pourrait contribuer au maintien de la paix ; que pas une puissance sur le continent ne voulait la guerre ; leur correspondance est d’accord, sur ce point, avec leur langage. Plusieurs d’entre eux ont ajouté que le parti qui en France veut la guerre, ne pouvant amener le Gouvernement dans cette voie par des troubles intérieurs, chercherait à l’y pousser au moyen des affaires de la Belgique. On sait que vous ne voulez pas la guerre, et comme les Belges veulent vous y entraîner, on vous engage à porter toute votre attention sur ce point. La question belge terminée vous éviterait bien des embarras dans le présent et dans l’avenir.

Le comte d’Aerschot a été reçu ici par quelques membres de la Conférence, mais sans aucun caractère officiel. Lord Palmerston a observé cette nuance. On a été un peu surpris de l’accueil solennel fait à Paris à M. Lehon.

Je suis presque rétabli de mon indisposition ; elle a été causée par les mauvais temps du mois de mars, toujours malsain à Londres ; aussi je compte bien vous demander un congé (vous voyez que je m’y prends d’avance) pour le mois de mars prochain.

M. Bresson est arrivé ici, je répondrai par lui à la lettre qu’il m’a apportée.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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