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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

19 JANVIER 1831







Londres, le 19 janvier 1831

Monsieur le Comte,

En vous envoyant hier le protocole de la séance du jour, j’ai à peine eu le temps de vous indiquer quelques-unes des considérations qui ont motivé les résolutions qu’il renferme. Il avait été proposé par quelques membres de la Conférence d’employer l’armée prussienne pour arrêter la marche des Belges contre Maëstricht ; je m’y suis fortement opposé et j’ai fait prévaloir l’opinion du blocus des ports belges. J’ai trouvé dans ce moyen l’avantage qu’il avait déjà été proposé par moi à l’égard des ports hollandais, lorsqu’il s’était agi de forcer le Roi Guillaume à la levée du port d’Anvers, et que d’ailleurs mon intention est encore de faire valoir si, le 20 janvier, notre protocole du 9 n’a pas reçu son exécution. J’ai dû dire aux membres de la Conférence que la France ne consentirait jamais à l’emploi des troupes prussiennes pour réduire les Belges, et que l’opposition qu’elle y mettrait amènerait nécessairement les conséquences que nous voulons éviter.

Vous avez pu juger par mon avant-dernière dépêche du terrain sur lequel je suis placé vis-à-vis des ministres anglais : je leur ai dit et je leur répéterai que nous sommes fort disposés à croire aux assurances qu’ils nous donnent de leur désir de maintenir la paix ; que, de notre côté, nous avons fourni des gages positifs de la franchise et de la loyauté du Gouvernement français dans la question belge, et qu’il ne serait pas possible d’arriver à un arrangement convenable sur cette question, si l’Angleterre restait dans la raideur qu’elle montre toutes les fois qu’il s’agit de la Belgique et si elle ne se prêtait pas à faire aussi des concessions. Vous trouverez sans doute ce langage d’accord avec celui que vous avez dans vos conférences avec lord Granville.

Il ne faut pas croire que l’Angleterre n’attache pas un grand intérêt à voir le prince d’Orange régner en Belgique ; cet intérêt est plus réel que celui pour le prince Léopold, auquel en France on a beaucoup trop cru. Une foule de détails me prouvent que lord Grey et ses collègues sont très prononcés pour le prince d’Orange, et c’est ce qui m’a décidé à leur laisser faire une dernière épreuve en faveur de ce prince.

Le prince d’Orange a paru hier fort étonné qu’on n’ait pas répondu à une espèce de déclaration de ses sentiments qu’il a fait répandre en Belgique. Comme il passe rapidement de l’espérance au découragement, il était inquiet de ce silence.

Encore quelques jours, et nous serons à quoi nous en tenir à cet égard ; il me semble que le Gouvernement français est très bien placé, car il a laissé s’épuiser toutes les combinaisons auxquelles on attachait quelque valeur.

Vous aurez vu dans le Times d’aujourd’hui l’opinion de l’Angleterre sur les différents discours dont les papiers français sont remplis.

Votre lettre à M. Rogier a eu beaucoup de succès ici.

La régence de Terceira est effectivement sur le point de contracter un emprunt de douze cent mille livres sterling à Londres. Le Gouvernement brésilien, sans garantir cet emprunt, s’engage cependant à en payer les annuités.

Lord Palmerston vient de faire révoquer le consul d’Angleterre à Lisbonne, qui passait pour partisan trop zélé de don Miguel.

Je répondrai incessamment à la partie de votre lettre relative aux rapports de l’Angleterre et du Portugal.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. – Notre respectable et habile consul général ici, M. le baron Séguier, est assez dangereusement malade en ce moment.


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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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