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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

3 JANVIER 1831







Londres, le 3 janvier 1831

Monsieur le Comte,

L’ambassadeur de Russie a reçu de son Gouvernement des dépêches qui, sans renfermer l’autorisation de signer l’acte qui prononcerait l’indépendance de la Belgique, supposent cependant que les circonstances ont pu être telles qu’il ait été porté à cette résolution. Mais il lui est défendu expressément, s’il était question d’un souverain pour la Belgique, de consentir à un autre choix qu’à celui d’un prince de la Maison de Nassau. Ceci, comme vous le voyez, complique encore notre question.

Comme le choix d’un souverain sera probablement agité à une de nos premières conférences, j’ai dû chercher dans mon esprit quelle était la conduite à tenir, et je me suis décidé à proposer aux trois autres puissances de ne point s’arrêter au refus que fera la Russie et de passer outre ; car il n’est pas nécessaire que les reconnaissances arrivent simultanément, et la Belgique sera un royaume lorsque la France, l’Angleterre, l’Autriche et la Prusse l’auront reconnue pour tel. Lord Palmerston a adopté mon opinion et la soutient. Je lui en ai parlé hier, et il a trouvé qu’il n’y avait pas autre chose à faire.

Les plénipotentiaires hollandais, MM. Falk et Zuylen van Nyeveldt, ont vu, ce matin, lord Palmerston : ils lui ont dit qu’ils avaient une communication à faire à la Conférence, et que cette communication, comme je vous l’ai mandé hier, porterait sur les points suivants : le premier serait la fixation des limites entre les deux pays. Ils proposent les mêmes limites qui existaient en 1794 ; vous jugerez sur vos cartes de la différence qu’il y a entre la Hollande de cette époque et celle de 1814. Ils proposeront aussi des échanges d’enclaves, et ils veulent garder des moyens de communication avec Maëstricht.

Le second point est la division de la dette. Selon les Hollandais, chacune des deux parties reprendrait sa dette telle qu’elle existait avant la réunion, avec sa portion de l’accroissement depuis l’union.

Le troisième article, plus favorable à la Belgique, lui donne la liberté du commerce avec les colonies hollandaises, et elle serait traitée plus avantageusement que les nations les plus favorisées.

Par la quatrième, la navigation de l’Escaut serait reconnue libre.

Le Roi de Hollande voudrait faire considérer ces deux derniers articles comme une concession assez importante pour la Belgique, pour qu’il pût lui proposer de se charger d’une partie plus considérable de la dette. Il voudrait, de plus, remettre la levée du blocus d’Anvers jusqu’au 20 du mois de janvier.

Ce dernier article doit, dans mon opinion précéder la discussion de tous les autres, et la Conférence en consentant à ce que demande la Hollande ferait un pas rétrograde qui ne me paraît pas convenable. Je serai soutenu sur ce point par lord Palmerston.

Je viens de voir M. Van de Weyer, il m’a paru fort satisfait de la manière dont il a été reçu à Paris. Notre conversation, dans laquelle je suis resté fort en arrière, a d’abord commencé par des remerciements de sa part sur la reconnaissance de l’indépendance de la Belgique. Il regarde comme un grand succès cette reconnaissance obtenue au bout de quatre mois de lutte. Il m’a dit que dans ce nouvel état de choses l’affaire la plus importante pour nous, et celle qui simplifierait le plus les embarras qui existaient encore, était le choix du souverain. Je lui ai répondu que je ne doutais pas que ce choix fût fait par les Belges avec prudence et tel que les puissances voisines n’en fussent pas inquiètes et que les puissances éloignées n’en fussent pas étonnées. Il m’a prononcé les noms du prince Léopold et du prince de Naples, l’un ou l‘autre épousant une princesse de France. Je lui ai dit qu’ils ne devaient attendre, à cet égard, aucune direction de notre part ; que l’affaire était trop importante et trop délicate pour eux pour qu’une influence étrangère même amicale pût y paraître ; que, du reste, je serais charmé de le voir souvent, et que si je hasardais quelque chose dans nos conversations, ce serait pour l’avertir des obstacles qu’il pourrait rencontrer. Je l’ai engagé, lui et ses collègues, MM. Villain XIV, de Behr et Vallez, à dîner demain chez moi. Ils auront, dans la matinée, remis leurs pouvoirs à lord Palmerston.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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