Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

28 DECEMBRE 1830







Londres, le 28 décembre 1830

Monsieur le Comte,

Le courrier Lombardi, chargé de votre dépêche du 25 de ce mois, est arrivé ici seulement ce matin à huit heures. Je désirerais qu’il fût vérifié si c’est dans votre secrétariat qu’a été surchargée la feuille de départ dont ce courrier était porteur.

Je ne crois pas qu’on puisse encore publier la déclaration de la conférence de Londres relative à l’indépendance de la Belgique. Vous savez déjà que nos commissaires à Bruxelles ont suspendu la remise de cette déclaration au Gouvernement provisoire, dans la crainte qu’elle ne produisît un mauvais effet si elle se trouvait jointe à celle sur le grand-duché de Luxembourg. La Conférence, qui a senti la justesse de cette observation, a fait un nouveau protocole par lequel elle autorise ses commissaires à Bruxelles à ne traiter la question du Luxembourg que quand le moment leur semblerait opportun. Vous voyez que nous avions prévu ici, où les choses se font quelquefois à la hâte, l’embarras que la déclaration sur le grand-duché de Luxembourg pouvait entraîner, en la mêlant, comme on l’avait fait, au protocole où se trouve l’indépendance de la Belgique. En général, il paraît ici plus dans l’ordre que l’impression des pièces relatives aux affaires de la Belgique vienne des publications faites à Bruxelles.

J’ai l’honneur de vous envoyer quatre numéros d’un journal de La Haye, qui paraît être rédigé sous l’influence du Gouvernement hollandais. Si les articles que renferment ces journaux sur la question de l’armistice sont l’expression de l’opinion du Gouvernement, la Conférence y a répondu hier dans le protocole, dont une copie a été remise au Roi de Hollande : ce protocole est conçu dans des termes qui ne peuvent laisser aucun doute à ce souverain sur l’intention de la Conférence d’ordonner la délimitation des frontières sans sa participation, s’il élève encore de nouvelles difficultés. Il serait peut-être bien de faire appuyer cette communication par le chargé d’affaire de France à La Haye.

Je vous envoie aussi une copie de la protestation que l’ambassadeur de Hollande a transmise à chacun des membres de la Conférence. J’ai pensé qu’il n’était pas convenable d’y répondre ; la plupart de mes collègues agiront de même.

Vous trouverez également une copie du protocole dont je viens de vous parler plus haut et de la lettre qui y était jointe. Lord Palmerston y a ajouté une lettre pour l’ambassadeur d’Angleterre à La Haye, dans laquelle il établit que le Roi de Hollande, en se refusant à l’exécution de l’armistice par la non-levée du blocus, s’exposerait à voir les limites de ses Etats déterminées sans sa participation.

Je croirais que le prince Léopold, à qui j’ai remis ce matin les deux lettres que vous m’avez envoyées pour lui, serait le souverain de la Belgique le plus agréable à l’Angleterre : tout ce qui me revient me confirme dans cette opinion, et les Anglais pensent que la Russie, une fois détachée de l’idée d’y établir le prince d’Orange, arriverait aisément au prince Léopold.

Je dois répondre à l’article de votre lettre relatif au duché de Bouillon, et vous observer à cet égard qu’il n’a jamais été question de considérer cette portion de territoire comme faisant partie du duché de Luxembourg. Quand la discussion sur ce point se présentera, c’est là ce que j’établirai.

M. Van de Weyer n’est pas encore arrivé.

Je joins ici deux lettres du prince Léopold, en réponse à celles de S. M. la Reine et de Madame Adélaïde, que vous m’aviez adressées ce matin.

Vous savez sûrement que, le jour de la fête de saint Georges, le corps diplomatique ayant été reçu par l’Empereur, celui-ci affecta de parler très gracieusement à tous les ministres étrangers ; arrivé à M. Bourgoing, il lui dit fort sèchement : « Quant à vous, monsieur, je n’ai rien à vous dire ; car je n’ignore pas que ce qui vient de se passer en Pologne a eu sa source en France. »

J’ai pris pour demain rendez-vous avec lord Palmerston, pour lui parler de la noble médiation dont votre lettre de ce matin renferme le projet.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


******************************************


in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement