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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 DECEMBRE 1830







Londres, le 14 décembre 1830

Monsieur le Comte,

J’ai vu lord Palmerston qui est revenu de la campagne, et j’ai eu avec lui une longue conversation sur la politique générale de l’Europe. Il connaissait comme moi le succès de la négociation de lord Ponsonby et de M. Bresson, ainsi que les entraves que le Roi des Pays-Bas apporte à l’exécution des conditions de l’armistice. Il sent la nécessité de mettre un terme à cet état de choses, et je l’ai engagé à employer avec le Roi de Hollande un langage sévère, tel que l’Angleterre est en position de le faire, et qui nous tire enfin de notre embarrassante incertitude.

Lord Palmerston m’a dans cette conférence parlé de l’état inquiétant du Piémont, et j’en ai profité pour lui expliquer ce que la plus ancienne politique de la France l’autoriserait à faire dans le cas où des troubles se manifesteraient dans ce pays et où l’Autriche voudrait essayer de les réprimer par la force des armes. Je lui ai dit que la position géographique de ce pays était telle que la France ne pourrait jamais consentir à le voir occupé par les armées autrichiennes sous quelque prétexte que ce fût ; que depuis plus d’un siècle et demi il avait été reconnu que le Piémont, placé entre nous et l’Autriche, devait se maintenir dans une neutralité parfaite, et que la France ne voudrait certainement pas s’écarter aujourd’hui d’un principe admis à toutes les époques, et récemment encore au Congrès de Vienne. Je le lui ai rappelé les discussions qui s’étaient élevées à ce Congrès au sujet de la souveraineté du Piémont, que l’Autriche aurait voulu faire passer au duc de Modène à l’extinction de la famille régnante actuelle, et qu’il avait été au contraire positivement décidé que la branche de Carignan serait appelée au trône.

Lord Palmerston m’a promis qu’il chargerait l’ambassadeur d’Angleterre à Vienne de faire valoir ces observations près du Gouvernement autrichien, et je pense qu’il serait utile de donner des instructions au maréchal Maison. Je vous engage, Monsieur le Comte, à vous faire représenter la correspondance des plénipotentiaires français au Congrès de Vienne à ce sujet et les instructions qui leur avaient été données ; elles doivent être, ce me semble, en tout point d’accord avec ce que je vous ai dit plus haut.

Nous venons d’avoir une conférence dans laquelle nous avons peu avancé les affaires de la Belgique, parce que l’instrument signé que nous attendions de Bruxelles n’est point encore arrivé aujourd’hui 14, à six heures du soir. Nous avons profité cependant de cette réunion pour presser le Roi des Pays-Bas d’envoyer deux commissaires pour la démarcation des limites derrière lesquelles les deux armées doivent se retirer, aux termes de notre protocole du 17 novembre. M. Falk a été chargé d’écrire la lettre qui exprime au Gouvernement hollandais le désir de la Conférence. Vous voyez qu’on a supposé, et c’est notre opinion à tous, que le Roi se rendra au vœu formel qui lui a été exprimé par le dernier protocole. Nous nous réunirons au moment où arrivera le courrier que nous attendons de Bruxelles. Ce que j’ai pu remarquer de la part de la Conférence, c’est un grand désir de terminer l’affaire de la Belgique.

Dans une nouvelle conversation que j’ai eue avec lord Palmerston, j’ai pu lui parler des vues ultérieures de l’Angleterre sur le choix qu’il fallait inspirer aux Belges lorsqu’ils en seront à nommer leur souverain. Il n’a été question entre nous que d’exclusions, c'est-à-dire de notre part celles de l’archiduc Charles, dub duc de Leuchtenberg et du prince Charles de Bavière. L’Angleterre croit que les puissances seraient un peu effrayées de M. le duc de Nemours, mais je pense qu’on arriverait fort aisément au prince Léopold épousant une princesse de la Maison de France. Je vous écrirai bientôt plus pertinemment sur cette question.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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