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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

GENERAL SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

30 NOVEMBRE 1830







Londres, le 30 novembre 1830

Monsieur le Comte,

Je partage les regrets que vous m’exprimiez dans votre dernière dépêche sur la résolution adoptée par le Congrès belge, qui exclut à jamais la Maison de Nassau du trône de la Belgique. Nous avons néanmoins lieu de nous féliciter que la démarche faite par le Gouvernement ait précédé la déclaration du Congrès. Cette démarche produira sans doute le meilleur effet sur les différents cabinets de l’Europe ; ils devront y reconnaître la preuve de notre ferme désir de maintenir la paix et de repousser toutes les insinuations qui nous ont été faites par le Gouvernement belge.

C’est sous ce point de vue que j’ai toujours considéré la mission de M. Langsdorff ; l’intérêt de la Maison de Nassau qui en semblait le but, ne m’a paru que secondaire. Aussi je ne pense pas que nous devions trop nous effrayer de l’exclusion prononcée contre cette famille. L’essentiel pour nous est de convaincre l’Angleterre et les autres puissances de notre bonne foi dans toute cette question. Je suis porté à croire que le cabinet anglais, malgré la présence du prince d’Orange ici, consentirait à abandonner ses intérêts en Belgique ; la grande affaire est d’obtenir des garanties sûres de l’exécution des traités et du maintien des frontières, et de s’entendre complètement avec nous pour conserver la paix.

Le Gouvernement anglais croit avoir besoin dans ce moment-ci de quelqu’un à Francfort pour l’instruire de tout ce qui se passe en Allemagne. M. Cartwright, avant de se rendre en Belgique, avait été nommé pour cette mission ; il vient de recevoir l’ordre d’y aller immédiatement. Il sera remplacé à Bruxelles par lord Ponsonby, beau-frère de lord Grey, et ancien ministre d’Angleterre à Rio- Janeiro : il y va et part ce soir pour agir conjointement avec M. Bresson, dont on est ici fort content. Lord Ponsonby sera porteur des instructions ci-jointes. Comme M. Bresson vous a sûrement envoyé la note verbale du Gouvernement provisoire, je ne la joins pas ici ; vous voudrez bien vous la faire représenter en lisant cette lettre ; la note verbale vous donnera l’explication des instructions que porte lord Ponsonby. Il est probable que cette note finira la question de l’armistice, et le caractère du commissaire anglais qui y va donnera une force très utile aux observations qui seront faites par M. Bresson et par lui. L’objet de l’envoi de lord Ponsonby pour une mission de cette espèce est uniquement de prouver aux Belges que le ministère actuel adopte sur les affaires de la Belgique la même manière de voir que ses prédécesseurs.

Le prince de Lieven est arrivé hier au soir ; il a assisté à la conférence que nous avons eue aujourd’hui, et il a été du même avis que nous ; il a signé les instructions envoyées aux commissaires.

Avant la conférence il avait vu en particulier lord Palmerston, qui lui a parlé des armements de la Russie et demandé quel pouvait en être l’objet. Il a répondu que l’on exagérait les armements de la Russie ; que ceux qui avaient été faits n’avaient et ordonnées que pour être prêts dans le cas où la guerre pourrait s’allumer, mais que la Russie n’agirait jamais et ne ferait aucune espèce de mouvement hostile que d’accord avec les cinq puissances, la France comprise. Cette assurance a été donnée à lord Palmerston de la manière la plus nette, et lui a paru sincère.

L’armistice une fois signé, je crois que nous pouvons nous regarder comme sûrs que la paix ne sera pas troublée

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.


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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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