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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

MARECHAL MAISON

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

15 NOVEMBRE 1830







Londres, le 15 novembre 1830

Monsieur le Marechal,

Les dépêches que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous les dates des 8 et 12 du courant me sont parvenues ce matin. Avant-hier, dans la soirée, MM. Cartwright et Bresson nous étaient revenus de Bruxelles, et ils nous ont remis la réponse du Gouvernement provisoire dont je vous envoie copie. Vous remarquerez que les expressions qui donnaient d’abord à ce document un caractère de manifeste ont successivement disparu devant les observations de nos commissaires. Les stipulations du protocole sont donc acceptées par le Gouvernement belge. Quant à l’observation qui suit l’article 2 de la réponse, le rapport que nous a été adressé par MM. Cartwright et Bresson vous en fera connaître la portée exacte ; vous verrez qu’elle n’a point été admise à titre de restriction ou de condition, mais comme simple opinion du Gouvernement provisoire sur une démarcation qu’il prétend incertaine ; incertitude que les traités, les cartes et les traditions auront bientôt dissipée, quand on arrivera à la discussion des limites. Nous avons été satisfaits des démarches et du compte rendu de nos commissaires, et le duc de Wellington le leur a exprimé au nom des divers membres de la Conférence.

Aujourd’hui nous attendons la réponse du Roi des Pays-Bas. M. Bresson a expédié le 11 à notre ministre à La Haye un courrier pour lui transmettre celle du Gouvernement belge. Si cette réponse est conforme à nos désirs et à notre attente, MM. Cartwright et Bresson repartiront sur-le-champ pour Bruxelles. Mais les instructions qu’ils recevront ne porteront que sur les limites. L’armistice est l’état de choses que nous devons assurer d’abord, et le point de départ que nous prendrons. Les autres affaires de la Belgique viendront successivement. J’ai disposé les esprits de manière à les arrêter sur cette idée première. La question du Prince, provisoirement ajournée, ne sera entamée qu’après cette solution obtenue.

Les instructions de M. Bresson lui prescrivaient de repartir pour Londres aussitôt qu’il serait mis en possession de la réponse du Gouvernement belge. Les ordres que vous lui avez expédiés et que vous me faites connaître ne l’auront plus trouvé à Bruxelles.

De grandes difficultés peuvent naître de la condition mixte du grand-duché de Luxembourg, et je me conformerai aux instructions que vous me transmettez à cet égard. Il ne vous aura pas échappé que le Gouvernement provisoire, dans son premier projet de réponse, avait cherché à soulever cette question, et que tout ce qui s’y rapportait en a été écarté. Elle se représentera plus tard sans doute, et elle réclamera toute notre attention et les plus grands ménagements.

La tranquillité est aujourd’hui entièrement rétablie à Londres. Les esprits sont dans l’attente du résultat de la motion que doit faire demain M. Brougham sur la réforme parlementaire. La Chambre des communes n’a pas été essayée encore ; les opinions d’environ quatre-vingts membres nouveaux ne sont pas connues avec certitude, et les calculs varient d’une heure à l’autre. Il eût mieux valu que la déclaration trop nette du duc de Wellington qui a amené cette crise ministérielle n’eût pas été faite, ou du moins qu’elle ne l’eût pas été aujourd’hui. Il serait possible qu’il se retirât s’il n’obtenait qu’une majorité faible. Ce serait pour nos affaires, pour le Roi d’Angleterre lui-même qui s’en est remis à lui et à M. Peel de la défense des intérêts de sa liste civile, un embarras nouveau et une complication inattendue qui arriverait fort mal à propos.

M. Ouvrard est l’agent principal des opérations à la baisse. Il trouve son appui à Londres dans la maison Ricardo. MM. de Rothschild n’y sont pour rien ; leur intérêt y est contraire. MM. Baring ne s’engagent point dans les spéculations hasardeuses de la Bourse. Je saurais par eux les opérations financières qui pourraient affecter notre propre crédit, et je vous les ferais connaître. On dit que M. de Vitrolles est dans les spéculations de M. Ouvrard.

Je vous offre mes remerciements de l’avis que vous me donnez sur le départ présumé du sieur Maubreuil pour Londres. J’en ai fait passer l’avis à la police.

Recevez, Monsieur le Maréchal, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. – Lord Aberdeen a des nouvelles de l’ambassadeur d’Angleterre à La Haye ; il avait reçu la communication de la réponse du Gouvernement belge au protocole. Le Gouvernement hollandais paraît avoir surmonté la première terreur qui l’avait porté à solliciter le secours des puissances. L’armée s’organise et se recrute. Il ne se montrera peut-être pas aussi facile qu’on pouvait s’y attendre sur la proposition de l’armistice. Il a vu dans l’observation qui suit l’article 2 de la réponse une prétention de limites qu’il n’est pas disposer à admettre.

Je vous engage à voir M. Fagel et à lui représenter combien il est important que nous ne rencontrerions pas de difficultés du côté de la Hollande.

M. de Falk ne m’a pas fait encore savoir s’il avait reçu des dépêches de sa Cour.


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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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