Optimisé pour
Espace de téléchargement





TALLEYRAND D'APRES GERARD




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE MOLE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

15 OCTOBRE 1830







Londres, le 15 octobre 1830

Monsieur le Comte,

Hier au soir, à mon retour de la campagne, où j’ai passé deux jours chez le comte de Jersey avec le duc de Wellington, j’ai trouvé la dépêche que m’a apportée M. Chodron. Je me suis rendu ce matin chez lord Aberdeen pour lui faire part du désir qu’éprouve le gouvernement de Sa Majesté que les conférences proposées sur la question Belge se tiennent à Paris. Lord Aberdeen m’a opposé peu d’objections ; il est même convenu qu’il n’apercevait aucun inconvénient très grave à la préférence que nous réclamions. Il n’a pas voulu, néanmoins, prendre entièrement sur lui la responsabilité de cette réponse, il croit devoir consulter ses collègues ; et il m’a annoncé que ce soir il me ferait connaître par écrit l’opinion du conseil. M. le comte Hippolyte de la Rochefoucauld, que je vous envoie en courrier et qui mérite à tous égards votre bienveillance, ne partira que quand je connaîtrai exactement la pensée du cabinet.

En sortant de la Secrétairerie des Affaires étrangères, je me suis arrêté chez le duc de Wellington, qui m’avait permis la veille de lui présenter M. Bresson. Je lui ai renouvelé la proposition que je venais de soumettre à lord Aberdeen ; mais je l’ai trouvé avec une opinion faite et arrêtée que l’indécision du ministre des Affaires étrangères ne devait pas me faire présager. Le duc pense que, dans cette circonstance, la question de temps est toute chose ; qu’il est immense de pouvoir délibérer et conclure vite, et que tout est prêt à Londres pour une solution prompte et définitive. Il y voit pour nous un grand intérêt ; notre position, malgré la reconnaissance, ne lui paraît devoir être complète qu’après la pacification de la Belgique, et il dit qu’il importe aujourd’hui à l’Angleterre non seulement qu’elle soit complète, mais qu’elle soit grande et forte. Il se croit sûr des ministres étrangers qui seraient appelés ici à participer à la Conférence. Plusieurs ont leurs pouvoirs, ceux qui ne les ont pas prendraient sur eux ; selon lui, ils signeront ce que voudront la France et l’Angleterre. Il doute qu’il en soit de même à Paris. Les ministres n’oseraient y agir peut-être sans avoir expédié des courriers, consulté leurs Cours. Quelques jours perdus peuvent compliquer les choses à tel point qu’il devienne extrêmement difficile d’y porter remède et de s’entendre. J’ai en vain appuyé sur le mot invinciblement qui se trouve dans votre dépêche, je lui ai dit même qu’il s’y trouvait ; lord Stuart sera chargé de faire valoir près de vous les raisons que m’a données le duc de Wellington. Je me hâte de vous en prévenir pour que vous soyez préparé à lui répondre. Je ne vous exprime moi-même aucune opinion personnelle. Je comprends dans votre proposition les avantages que vous me faites apercevoir ; quelques-uns des arguments du duc de Wellington ne me paraissent pas non plus dénués de tout fondement. J’ajouterai seulement, pour vous rassurer, que, de quelque côté que vienne la concession sur ce point, de vous ou de l’Angleterre, vous ne trouverez pas moins le cabinet anglais disposé à agir avec vous de bon accord. Lord Aberdeen m’a dit qu’au moment de notre entrevue vous deviez avoir entre les mains une lettre du prince d’Orange au Roi. Il n’en connaissait pas le contenu.

Je regrette que Sa Majesté n’ait pas cru utile de faire publier dans le Moniteur le discours que j’ai adressé au Roi d’Angleterre. Ce discours a réussi ici ; plusieurs personnes m’ont parlé du bon effet que produirait sa publication dans le journal anglais ; j’avais voulu qu’elle vînt de celui de Paris, et je l’avais dit. Je crois aussi qu’elle servirait le Gouvernement du Roi, et mes paroles ont été calculées dans ce but. Il y a plus, et je ne crains pas de l’avouer, j’y attachais quelque intérêt personnel ; c’est la seule manière dont je pouvais répondre aux diatribes misérables que quelques feuilles ont dirigées contre moi, et il me semble qu’il n’y a aucun inconvénient à cette publication, et qu’elle est aussi bonne à faire aujourd’hui qu’il y a huit jours.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

******************************************


in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement