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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE MOLE

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

28 SEPTEMBRE 1830







Londres, le 28 septembre 1830

Monsieur le Comte,

Le Roi avait fixé à demain jeudi mon audience de réception, mais j’ai été prévenu ce matin par un billet de lord Aberdeen que Sa Majesté, ayant éprouvé une attaque de goutte, se trouvait dans la nécessité de la remettre à la semaine prochaine. Cela ne retarde en aucune manière les communications que je puis avoir avec les ministres, de quelque nature qu’elles puissent être. Hier, le duc de Wellington et lord Aberdeen sont venus chez moi l’un et l’autre, et j’ai eu avec eux d’assez longues conversations dans le même sens que celles dont je vous ai fait connaître l’esprit par ma précédente dépêche, et qui ne font que confirmer les espérances que j’en avais conçues.

Les événements qui se passent en Belgique ont été, comme vous pouvez le croire, l’un des principaux objets de ces entretiens ; car c’est là l’importante affaire du moment. Mais ici nous ne savons rien de plus que ce que disent les journaux, dont les nouvelles ne vont pas au-delà du 24 et nous laissent toujours dans une grande perplexité. Les vents contraires ont empêchés d’en recevoir de directes, et aucune dépêche récente de sir Charles Bagot n’est parvenue à lord Aberdeen. Vous concevez, Monsieur le Comte, combien ce manque d’information est fâcheux dans les circonstances actuelles. D’après les derniers journaux français arrivés ici, et où l’on trouve sur les événements des relations contradictoires, je vois qu’à leur date on n’était pas mieux informé à Paris. Mais la courte distance qui sépare Paris et Bruxelles me fait regarder comme fort vraisemblable que vous ne serez pas resté longtemps dans l’incertitude où nous sommes toujours ici.

Le regret que j’éprouve d’être réduit à des conjectures sur des circonstances qui sont en elles-mêmes, qui, surtout, sont pour nous d’un si grand intérêt, me fournit l’occasion de vous exprimer le vœu que vous vouliez bien faire usage avec moi d’un moyen d’information qui a été toujours employé dans les relations du ministère avec les dernières ambassades.

Toutes les nouvelles de quelque importance étaient transmise par le télégraphe à Calais, d’où le directeur des postes les faisait parvenir aussitôt à l’ambassade. Elle connaissait par là tout ce qui se passait d’intéressant sur le continent, au moins aussitôt que les ministres anglais, et quelquefois douze ou quinze heures avant eux, tandis que par les moyens ordinaires de correspondance, elle éprouve l’inconvénient d’être habituellement informée très tard. Je vous demande donc avec insistance, dans l’intérêt des affaires qui sont confiées à mes soins, de donner des ordres pour qu’un arrangement si facile et dont on a éprouvé les avantages soit remis en usage.

J’ai l’honneur de vous informer que M. le duc des Cars, qui en revenant d’Alger a passé ici, s’est présenté à l’ambassade, ainsi que MM. le comte de Lorge et de Tourzel, ses aides de camp, et qu’ils ont demandé des passeports pour rentrer en France. Ces passeports leur ont été délivrés.

Recevez….

Ch. Mau. Talleyrand

P. S. – Au moment où j’allais fermer cette dépêche, j’apprends qu’on vient de recevoir des Pays-Bas quelques nouvelles, mais qui n’ont rien encore de décisif. Un rapport arrivé d’Ostende au moment du départ du paquebot portait que le Prince royal, voyant qu’il ne pouvait réduire la population de Bruxelles sans détruire une grande partie de la ville, l’a fait évacuer et s’est retiré au-delà de Vilvorde, en attendant des renforts. Il résulte aussi des nouvelles reçues que les soulèvements se propagent, et que notamment à Bruges et à Ostende il y a eu des troubles sérieux.

Ces nouvelles ont fait ici assez d’impression ; les fonds, à ce que l’on vient de me dire, ont immédiatement baissé de 1 pour 100.

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in CORRESPONDANCE AMBASSADE DE LONDRES 1830-1834










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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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