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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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L'AFFAIRE D'ALGER 1827-1830.

PAR

CHAFIK T. BENCHEKROUN





Vers 1830, ce qu’il est d’usage d’appeler aujourd’hui Algérie était en partie une province de l’empire ottoman dirigée par une minorité de Turcs aidés de notables indigènes. Les deys avaient certes remplacé les pachas à la fin du XVIIe siècle, la main du sultan de Constantinople ne restait pas moins puissante et reconnue. Le dey recevait de lui son investiture, participait aux guerres qu’il commandait et surtout recevait les contingents de janissaires qu’on lui envoyait d’Anatolie et sans lesquels son autorité ne pouvait être respectée dans la régence d’Alger. Tout au long de l’intervention de la France à Alger en 1830, le sultan revendiquera d’ailleurs ses droits sur le pays. Période où Alger devient en France le symbole de cet Orient fantasmé mais agonisant, merveilleux mais à genoux, tendant le cou mais serrant les crocs, même si les Orientales d’Hugo préférèrent l’omettre au profit d’un Orient plus lointain, plus légitimement oriental.

Les créances Bacri

De 1793 à 1798, les armées françaises d’Italie et d’Egypte s’étaient fait ravitailler par des négociants juifs d’Alger, les Bacri et les Busnach (originaires de Livourne, en Toscane). D’année en année, les dettes de la France envers ces deux familles enflèrent démesurément d’autant plus facilement que ces dernières se montraient très conciliables quant aux délais de paiement. Mais, finissant par vouloir récupérer leur dû, et devant à leur tour payer des dettes au dey d’Alger, ils convainquirent ce dernier de porter les deux affaires ensemble auprès de la France. Une fois à Paris, le représentant de la maison Bacri, Jacob Bacri, écrira au sujet des négociations menées avec Talleyrand : « Si le Boiteux n’était pas dans ma main, je ne compterais sur rien » Mais, même après avoir reçu un acompte de quatre millions de francs par l’intermédiaire de Talleyrand, les Bacri et Busnach ne rendirent pas les 300 000 francs qu’ils devaient au dey d’Alger, poussant même ce dernier à monter le ton envers Bonaparte en lui écrivant que leur argent devait être considéré comme le sien et donc une question d’honneur…qui pourrait dégénérer en affaire d’Etat. En 1803, Jacob Bacri écrivait donc à Busnach qu’il fallait : « faire écrire par notre maître [le dey] au Petit [Bonaparte] une lettre qui lui dira que l’argent réclamé par Bacri et Busnach est à lui et qu’il les prie de le faire payer à cause de lui. » [3] L’affaire de ces créances ennuya tellement Napoléon qu’il pensa même à l’idée de lancer une expédition contre Alger, y envoyant en reconnaissance un chef de bataillon du génie, Vincent-Yves Boutin, du 24 mai au 17 juillet 1808 auprès du consul Dubois-Thainville, afin qu’il puisse y rédiger un rapport sur l’éventualité d’une telle action militaire. Mais, les événements européens empêchèrent la réalisation d’une telle entreprise. Nullement touché par les soubresauts européens, les Bacri gonflaient leurs intérêts an après an jusqu’à ce que leurs dettes réclamées atteignissent 24 millions de francs. Ils mirent de leur côté le nouveau consul général français d’Alger Pierre Deval, nommé par Talleyrand durant la courte période où il fut président du Conseil (9 juillet-26 septembre 1815), lequel trainait derrière lui une réputation sulfureuse d’escroc et d’homme retors. Si retors et perfide que les Européens d’Alger le tenaient en piètre estime et s’appliquaient scrupuleusement à ne pas répondre aux invitations qu’il leur envoyait afin de participer aux grandes occasions organisées par le consulat général… C’est dans ce climat d’insolite rouerie autour du dey d’Alger que l’affaire du fameux coup d’éventail allait se produire.

L’Affaire de l’éventail entre le pacha Turc Hussein Dey et le consul Français Pierre Deval est le casus belli qui provoque le blocus maritime d’Alger par la marine royale française en 1827.

Le coup d’éventail

Le dey est donc de plus en plus mécontent du fait que la France ne rembourse pas ses dettes aux Bacri afin que ces derniers le payent à leur tour. Sa relation avec le consul Pierre Deval est donc des plus froides, des plus distantes. Mais, cette relation s’envenime encore plus lorsque le dey apprend que la France a fortifié un entrepôt commercial dont elle avait la concession à La Calle (près de l’actuelle frontière tunisienne) alors qu’elle s’était engagé à ne pas le faire par l’intermédiaire du même Pierre Deval. Devant ses demandes d’explication, il ne reçoit que des réponses évasives et hautaines, chose dont il s’offusque évidemment. Faisant venir le consul général de France à Alger, Pierre Deval, le 30 avril 1827, il s’emporte devant les tergiversations de ce dernier (voire d’une certaine suffisance aussi) et le soufflette avec son éventail. L’épisode entraîne la rupture diplomatique avec la France.

Le gouvernement de la restauration prend cela pour de l’« insolence » et décide de laver l’honneur en envoyant une expédition contre Alger. Pierre Deval et des résidents français décident de quitter Alger et d’embarquer pour la France. Le ministre de la Guerre, Aimé Marie Gaspard de Clermont-Tonnerre, propose une expédition militaire. Expédition qu’il ne mènera à bien que trois ans plus tard, car, le président du Conseil, Villèle, et le dauphin s’y opposent. Un blocus d’Alger est décidé à la place, bien que les bâtiments français dussent se tenir loin des côtes, les navires algérois maitrisant les environs mais n’osant tout de même pas s’aventurer dans une bataille en pleine mer. Il faut attendre le 31 janvier 1830 pour que le Conseil des ministres décide d’organiser une expédition contre Alger.

La prise d’Alger

Les préparatifs de l’expédition sont minutieux et colossaux à la fois. À Toulon, l’amiral Duperré prend le commandement d’une armada de 103 navires de guerre et de 572 bateaux de commerce pour se diriger vers Alger. Le 14 juin au matin le maréchal de Bourmont débarque à Sidi Ferruch avec 37 500 hommes. Le 19 juin, lors de la bataille de Staoueli, les troupes françaises prennent l’avantage sur l’armée ottomane. Le 5 juillet, les Français occupent Alger et, le jour même, le dey Hussein signe l’acte de capitulation. Les articles 2 et 3 de cette convention autorisent Hussein à conserver ses biens personnels et stipulent que son exil se fera vers le lieu de son choix. Les caisses de l’État à Alger sont alors pillées par les Français.

Le Dey quitte alors définitivement le pays avec sa famille à bord d’un navire français à destination d’un port italien. Le 11 juillet, 2 500 janissaires d’Alger sont expulsés pour l’Asie Mineure. La régence ottomane d’Alger n’est plus. En octobre, les premiers bataillons de zouaves sont mis sur pied. La France accapare toutes les terres des Beliks (colons turcs), et sont créées les premières unités de spahis.

Chafik T. Benchekroun

Voir le site : " Histoire du Maghreb"



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Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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