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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

26 JUILLET 1831







26 juillet 1831.

Monsieur le Comte,

Le rapport que M. le baron de Wessenberg a fait à la conférence, sur le résultat de sa mission à La Haye, lui a fait penser que, malgré le refus du Roi de Hollande, d’adhérer aux 18 articles préliminaires, que le congrès belge a déjà acceptés, il y avait encore une voie d’accommodement puisque le Roi Guillaume n’était pas éloigné de consentir à envoyer à Londres des pouvoirs pour traiter de la paix définitive ; la conférence a pensé que dans ce cas elle devait appeler, en même temps, des plénipotentiaires belges et que par les bons offices qu’elle s’est réservé de prêter aux parties intéressées, elle était autorisée à agir ainsi, comme le prouve l’article 17 des préliminaires ; que par là elle parviendrait plus aisément à aplanir les difficultés de la négociation, et à faire conclure un traité définitif qui est l’objet des propositions des cinq puissances.

D’après ces considérations, la conférence s’est décidée à inviter les gouvernements de la Hollande et de la Belgique à accréditer le plus promptement possible, à Londres, des plénipotentiaires munis des instructions nécessaires pour terminer la négociation par un traité définitif.

Le rapport de M. de Wessenberg étant très volumineux je ne peux pas encore vous en envoyer une copie, mais j’ai l’honneur, M. le Comte, de vous adresser le protocole N° 28, qui a été arrêté le 22 de ce mois, et une copie des lettres que la conférence écrit aux ministres des Affaires étrangères à La Haye et à Bruxelles, pour leur faire part de la résolution qu’elle vient de prendre et pour les engager à y faire donner, par leurs gouvernements, la suite convenable. Il sera utile, je crois, que notre légation en Hollande agisse auprès du cabinet de La Haye, pour lui faire sentir qu’il est indispensable qu’il défère au vœu exprimé par la conférence.

Vous remarquerez que dans le protocole qu’elle vient d’arrêter, la conférence a eu soin de rappeler qu’elle a pris, dès le principe, l’engagement d’empêcher le renouvellement des hostilités entre la Hollande et la Belgique, comme de garantir la continuation indéfinie de la suspension d’armes si heureusement amenée entre ces deux pays et que, par conséquent, le rejet des arrêtés préliminaires par le Roi de Hollande n’annule, en aucune manière, l’engagement pris par la conférence.

J’ai eu l’honneur de vous mander, hier, que le corps diplomatique pensait que la séparation du grand duché de Luxembourg de la Confédération germanique devait faire l’objet d’une négociation. J’ai déjà traité ce point dans ma correspondance et j’ai fait observer que j’avais lieu de croire que c’était avec la Prusse que le gouvernement du Roi serait convenablement placé pour suivre cette négociation, parce que cette puissance exerce une grande influence sur le Corps germanique. Les ouvertures que le chargé d’affaires de France a faites sur cet objet au cabinet de Berlin ayant été favorablement accueillies, il me semble que c’est un motif pour continuer cette négociation avec lui ; je crois que c’est là ou à Paris qu’elle serait conduite avec le plus de chances de succès. A Londres nous ne trouverions personne ayant des pouvoirs ; deux membres de la conférence, qui représentent, ici, les puissances allemandes principales, ont pu, dans quelque circonstance spéciale, employer leurs bons offices auprès du président de la Diète et lui donner d’utiles avertissements dans l’intérêt de la paix, démarches qui ont eu du succès, car elles ont contribué à suspendre l’emploi des moyens militaires de la Confédération ; mais ils n’ont agi que par persuasion et ils ne pouvaient agir autrement puisqu’ils n’ont aucun pouvoir de la Confédération. Je le répète encore : je pense que c’est avec la Prusse que vous avez à suivre cette affaire, que c’est par elle que vous pourrez parvenir à détacher définitivement le grand duché de Luxembourg de l’union germanique. Tout ce qui me revient ici me porte à croire que vous pourrez obtenir ce résultat.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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