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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

25 JUILLET 1831







25 juillet 1831.

Monsieur le Comte,

Je m’empresse de vous remercier de l’obligeance et de la promptitude avec laquelle vous avez bien voulu m’envoyer le discours du Roi que j’ai reçu hier dans la soirée. Je suis heureux de vous dire que ce discours obtient ici l’approbation générale : qu’on y trouve une fermeté convenable, une noble franchise et des sentiments affectueux et généreux dignes de toute espèce d’éloges. C’est, certainement, le meilleur discours qui ait été prononcé du haut du trône depuis le rétablissement de la monarchie constitutionnelle en France.

Le corps diplomatique a remarqué que le discours avait décidé relativement à la séparation du grand duché de Luxembourg de la Confédération germanique que cette question devait faire l’objet d’une négociation. La Diète fera, probablement, des observations et des réclamations à ce sujet mais vous surmonterez la résistance. Je pense que le gouvernement du Roi a tranché ainsi ce point pour être libre de reconnaître le Roi de la Belgique lorsqu’il aura notifié son avènement. L’Angleterre agira de la même manière et elle enverra à Bruxelles M. Adair qui est connu du Roi et qui a rempli des missions importantes où il a laissé les meilleurs souvenirs. C’est un homme d’un caractère doux et conciliant. Ce choix exige que, de notre côté, nous ayons en Belgique une personne dans une position élevée.

Vous m’avez fait l’honneur, M. le Comte, de me mander, par votre dépêche du 23, que S. M. serait charmé de recevoir à Paris l’empereur et l’impératrice du Brésil et vous ajoutez que l’empereur y connaîtrait la décision à laquelle sa demande donnerait lieu.

Vous avez vu, M. le Comte, par mes dernières dépêches, qu’avant le départ de don Pedro pour Cherbourg, sans lui proposer formellement d’aller à Paris, j’ai cherché à encourager le désir qu’il en laissait paraître. Je lui ai même dit, en faisant probablement une inexactitude, qu’il ne fallait que 20 heures pour cette course. Je viens, au surplus, d’en parler avec M. le chevalier d’Abreu e Lima, en qui l’empereur a beaucoup de confiance, et il écrira aujourd’hui à Cherbourg afin de le déterminer à se rendre à Paris si ce projet n’était pas encore définitivement arrêté.

Vous me demandez, M. le Comte, quelques détails sur la forme dans laquelle l’empereur don Pedro a été reçu à Londres. Vous savez qu’il y est venu incognito sous le nom de duc de Bragance. Cependant il a été traité constamment de Majesté impériale et un officier supérieur, M. Henry Webster, fils de lady Holland, a été placé près de lui pour l’accompagner.

L’empereur a vu le Roi, la Reine, la famille royale, il a pris part à toutes les fêtes de la cour et il a été toujours à droite de la Reine. Une revue militaire a été commandée pour lui. Il a dîné plusieurs fois avec le Roi à Londres et à Windsor où il a passé deux jours. Il n’a dîné à Londres que chez lord Palmerston et chez moi ; l’ambassadeur d’Autriche lui a donné un bal. Aucun palais n’a été mis à la disposition de l’empereur qui a logé dans un hôtel garni de Bon Street. Il aime la musique et même compose.

Madame la grande duchesse Hélène restera jusqu’à la fin de l’hiver prochain. Madame de Nesselrode retourne en Russie. S. A. R. a pris cette détermination à cause de ses trois enfants qu’elle craint d’exposer au choléra Morbus et aux fatigues que leur ferait éprouver un voyage à la fin de l’automne. Je tiens ces détails du prince Paul de Wurtemberg, père de Madame la grande duchesse.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. - Je joins ici une lettre pour Mademoiselle

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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