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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 10




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 JUILLET 1831







14 juillet 1831

Monsieur le Comte,

L’affaire de la démolition des places fortes de la Belgique vient d’être réglée d’une manière qui remplira, je l’espère, les intentions du gouvernement du Roi ; j’ai l’honneur de vous envoyer copie du protocole qui a été arrêté définitivement à ce sujet par les plénipotentiaires des quatre puissances et copie de la lettre qu’ils m’ont remise dans notre conférence de ce matin. Vous verrez que, quant à la démolition des places dont la construction a coûté plus de 150 millions, le principe est parfaitement et irrévocablement établi. Quant à la négociation qui doit s’ouvrir avec le gouvernement belge, lorsqu’il sera reconnu par les puissances, elle portera aussi comme conséquence de la démolition des places sur le matériel qui s’y trouve qui se compose de plus de 2000 pièces d’artillerie, et dont il y aura lieu de faire la répartition entre ces mêmes puissances.

J’ai l’honneur de vous envoyer copie de la lettre que, sur ma demande, le prince Léopold a écrite pour donner son adhésion aux mesures qui seraient prises par les puissances relativement aux places fortes construites en conséquence des traités de 1815. Cette lettre ne laisse aucun doute sur les dispositions personnelles du prince, et si elle a été conçue dans des termes un peu implicites, c’est qu’on ne pensait pas donner plus d’extension à un engagement qui, d’après la constitution qui va régir la Belgique, serait de nature à n’être pris qu’avec l’assentiment du corps représentatif de la nation.

Je pense que l’ouverture des chambres présente une occasion favorable pour que le Roi annonce le résultat de cette négociation. Il me semble qu’on pourrait placer dans le discours de la Couronne une phrase comme à peu près ainsi : « Je me félicite de pouvoir annoncer que les places fortes élevées vers notre frontière du nord à la suite de circonstances malheureuses pour la France, et dont elles rappelaient trop le souvenir, pourront être démolies. Les puissances m’ont donné, à cet égard, des assurances positives qui sont une nouvelle preuve du parfait accord qui subsiste entre mon gouvernement et les différents cabinets de l’Europe. »

Vous me faites l’honneur de me rappeler, dans votre lettre du 11, que le gouvernement du Roi désire que la Belgique ne tienne, par aucun lien, à la Confédération germanique.

Je vous prie de remarquer, M. le Comte, que la Belgique n’est pas encore définitivement constituée et que la possession du Luxembourg, qui lui donnerait un lien avec la Confédération germanique, ne lui sera assurée que par une négociation qui n’est pas encore commencée. Ainsi toute ouverture à faire relativement à la séparation du grand duché de Luxembourg, serait, en ce moment, imprudente et je pense qu’elle doit être remise à l’époque où il ne s’agira plus que de régler les conséquences du nouvel état belge. Je ferai alors usage des directions que vous avez bien voulu me donner à ce sujet ; je sens tous vos motifs, je les ferai valoir et déjà, dans plusieurs conversations, j’ai annoncé que nous aurions à nous occuper de cette affaire.

Comme vous m’avez fait l’honneur de me mander que vous vous occupiez des différentes choses qui pensent trouver une place dans le discours du Roi, je pense pouvoir mettre sous vos yeux le bill proposé à la chambre des Communes, dans la séance du 11 juillet, relativement aux droits sur les vins. Par ce bill, le droit des vins de France doit être réduit et les droits des vins de Portugal, d’Espagne, de Madère et du Rhin doivent être élevés.

Voici les anciens tarifs : les droits perçus sur les vins du Portugal, d’Espagne, de Madère et du Rhin étaient par gallon (mesure impériale) étaient de 4 shillings, 10 pences ; les droits sur les vins de France étaient de 7 shillings, 3 pences.

Tous les différents droits sont, par le nouveau bill, mis sur le pied de 5 shillings 6 pences.

Ainsi, vous voyez que soit par les diminutions obtenues sur les droits des vins de France, soit par l’augmentation portée sur les vins du Portugal, d4espagne, de Madère et du Rhin, la France obtient aujourd’hui les avantages qu’elle demandait depuis beaucoup d’années.

J’ai fait, comme vous me l’avez ordonné par votre dépêche du 7 de ce mois, de nouvelles ouvertures au gouvernement anglais sur la question qui y est rappelée. Ces ouvertures, qui ne pouvaient être que verbales, avaient pour objet de proposer à l’Angleterre de s’entendre avec le gouvernement du Roi sur les moyens de mettre un terme à la guerre élevée entre la Pologne et la Russie en offrant une médiation, en faisant comprendre à la Russie qu’un refus pourrait faire naître du mécontentement.

Le Conseil de S. M. B. s’est assemblé, d’après ma communication. Le ministère, très prudent sur une affaire grave, que la présence du Parlement rend délicate pour lui, et qui, d’ailleurs, touche aux relations dans les quelles il se trouve placé avec d’autres cours, a demandé que vos propositions lui fussent communiquées par écrit.

Comme ceci est très délicat et devient une question de cabinet, je crois pouvoir vous prier de me mettre en état de répondre à la demande qui m’est faite.

Remarquez bien que vous avez à faire à des gens froids, peu susceptibles d’entraînement et à qui il ne faut pas que notre proposition soit présentée avec un caractère d’insistance et de chaleur.

J’attends donc des instructions précises et si votre intention est de satisfaire au désir de l’Angleterre, ne voulant vous faire dire ni plus ni moins que vous ne voulez, je vous prie de m’envoyer le modèle de la note que j’aurais à présenter.

M. Dudon et M. de Charrette ont quitté Londres pour se rendre en Hollande.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. – Vous avez bien voulu me faire savoir que vous destiniez le Consulat général de France à Londres à M. Durant de St André. Je crois pouvoir vous le rappeler parce que il est connu ici et qu’il y serait vu généralement avec plaisir.

Je dois vous dire que le prince Léopold désire vivement que vous lui envoyez le général Belliard comme ministre plénipotentiaire. Je vous ai déjà fait connaître ce vœu que le prince m’a exprimé plusieurs fois depuis qu’il a accepté le trône de la Belgique.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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