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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 10




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

1ER JUILLET 1831







Londres, le 1er juillet 1831

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 27 juin ; le désir que vous y témoignez de voir les affaires de Belgique terminées par un arrangement conciliatoire et sans guerre, pris d’un consentement général, me porte à croire que ce double but pourrait être atteint par les articles qui ont été arrêtés entre la Conférence et les députés belges, et que j’ai eu l’honneur de vous envoyer le 26 juin. J’espère, monsieur le comte, que vous avez maintenant entre les mains des moyens pour répondre à ceux qui vous accusent, tous les matins, de continuer le système de la Sainte Alliance. Aurait-elle produit l’indépendance de la Belgique ?

Nous recevrons bientôt de Bruxelles des informations qui vous feront probablement juger la manière dont ces arrangements seront accueillis par le congrès. Il y a lieu de croire que sa forte majorité qui s’est prononcée pour le prince Léopold, reconnaitra que le moyen le plus sûr pour terminer son ouvrage se trouve dans l’adoption des articles préparés à Londres.

Les plus grandes difficultés devant se présenter à La Haye, il serait nécessaire que le ministre de Prusse, qui doit y avoir de l’influence, appuyât les démarches que va faire M. de Wessemberg, pour obtenir l’adhésion du roi des Pays-Bas aux articles préliminaires qu’il a été chargé de lui porter. Dans ce but, vous jugerez sans doute convenable, monsieur le comte, de faire inviter le cabinet de Berlin à envoyer promptement des instructions dans ce sens à sa légation en Hollande.

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 23 juin et l’extrait d’une lettre du ministre de France à Francfort relative au grand duché de Luxembourg. Cette question doit être maintenant envisagée sous d’autres rapports que ceux qui avaient frappé l’attention de ce ministre à l’époque où il en faisait l’objet de sa communication ; d’après la manière dont elle vient d’être posée par les cinq puissances dans les préliminaires que vous avez maintenant sous les yeux et d’après les dispositions que le ministre prussien a témoignées à la légation de France, il y a lieu de penser que l’affaire du grand duché n’éprouvera pas les obstacles qu’avait prévus M. Alleye de Cipprey.

Je ferai usage des instructions que vous avez bien voulu me transmettre, le 24 juin, sur les affaires de la Grèce. Elles seront reprises incessamment.

Les discussions du Parlement n’offrent pas encore beaucoup d’intérêt et elles portent principalement sur des affaires d’administration. Cependant, la question de la réforme a déjà été traitée dans plusieurs discours. Lord John Russel a renouvelé sa proposition pour le bill en y faisant quelques modifications : la première lecture a eu lieu : la seconde sera faite incessamment. On s’attend, toujours, à une forte opposition dans la chambre des Pairs.

L’empereur don Pedro est fort inquiet de sa fille dont il n’a aucune nouvelle depuis le moment où elle s’est embarquée sur la corvette française la Seine.

Le duc régnant de Saxe Cobourg est à Londres. Je suis bien aise qu’il soit arrivé après l’acceptation de son frère car il parait qu’il s’y serait opposé.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. – Je crois que le gouvernement du Roi ferait bien de reconnaître le prince Léopold immédiatement après que le congrès belge aura adopté les articles afin comme je le disais dans ma dernière dépêche, de pouvoir regarder les affaires de Belgique comme terminées. Il sera bon aussi de presser à Berlin la reconnaissance du prince Léopold.

Je viens de voir l’empereur don Pedro. Il m’a dit qu’il avait répondu au roi pour remercier S. M. d’une lettre qu’elle lui avait écrite. Du reste il m’a paru uniquement occupé des intérêts de sa fille et complètement désintéressé pour ce qui le concerne personnellement, dans les affaires de l’Europe.

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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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