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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 10




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 AVRIL 1831







Londres, le 14 avril 1831

Monsieur le Comte,

La discussion qui a eu lieu cette nuit au Parlement a été fort animée et mérite de fixer votre attention.

Quelques membres, notamment le général Gascogne, ont cherché à établir que le ministère, après avoir annoncé que 62 membres des Communes seraient conservés et donnés aux grandes villes, se rétractait maintenant sur ce point. Il a demandé des explications en affirmant au surplus que toutes les classes de la société étaient très partagées sur les avantages de la réforme et que, avant une semaine, on recevrait de toute part des pétitions contre cette mesure.

Le chancelier de l’Echiquier a pris alors la parole. Il a fait observer, d’abord, qu’il n’était pas présent quand lord J. Russel avait parlé dans la séance précédente mais il a affirmé que cet orateur n’avait pas pu dire que l’intention du gouvernement était de replacer les 62 membres que le bill devait avoir pour effet de retrancher par le désaffranchissement des bourgs. Le ministre a exposé brièvement la marche que le gouvernement s’était proposé de suivre à cet égard. Il y a eut en effet, a-t-il dit, une erreur sur le nombre des membres qui doivent composer la chambre des Communes parce qu’on a reconnu depuis que quelques bourgs avaient une population suffisante pour les soustraire aux effets du bill, qui ne s’appliquerait pas alors à autant de bourgs qu’on l’avait pensé.

Les ministres, a dit le chancelier de l’Echiquier, sont décidés à appuyer le bill en ce qui concerne le nombre des membres. Cependant dans le cas où la chambre penserait que le nombre actuel de ses membres n’est pas trop considérable, le ministère ne regarderait pas cette opinion comme assez divergente du principe du bill pour le lui faire abandonner.

M. Peel a pris la parole pour faire observer que le bill était maintenant complètement modifié : que, pour éviter toute surprise, ce ne serait pas trop que de donner à la chambre quelques jours pour approfondir la question. Puisque le ministère a bien pu se tromper sur le nombre des membres après quatre nuits de délibération, ne serait-il pas permis à la chambre, dit M. Peel, de craindre de tomber dans l’erreur en prenant une décision trop prompte.

Le chancelier de l’Echiquier, en répondant à M. Peel, a nié qu’il fût besoin de différer davantage la délibération de la chambre et il a ajouté que lundi prochain serait fait l’exposé du changement proposé par le gouvernement. Il a terminé en annonçant qu’il avait lieu de penser que cette communication suffirait pour faire juger à la chambre que de plus longs débats seraient inutiles.

On ignore encore quelles sont les concessions auxquelles se déterminera le ministère. Elles exigent d’une part beaucoup de combinaisons et l’adoption d’une base parfaitement calculée car il doit craindre d’une part que ces modifications n’augmentent le nombre des opposants à toute innovation parlementaire et d’un autre côté que le bill ainsi modifié ne satisfasse plus les partisans d’une sage réforme.

Je vous ai dit hier un mot sur l’exportation d’or et les renseignements qui m’ont été fournis depuis un moment ont porté de donner quelque développement à cet objet.

Le relevé, dont je joins ici un duplicata, établit que l’exportation effectuée du 5 janvier 1830 au 5 janvier 1831 s’élève à 169 800 onces et que pour le seul trimestre écoulé du 5 janvier au 5 avril 1831, elle monte déjà à 133 905 onces ce qui prouve que dans le quart de cette année, l’exportation a presque atteint l’exportation de l’année précédente. Il y a lieu de croire qu’une aussi grande sortie de valeur métallique peut avoir une influence sur le taux de l’escompte et doit, par conséquent, agir aussi sur le cours des effets publics parce que l’once anglaise – Troy Weight poids à 12 onces la livre – équivaut à 31,0913 grammes.

Je vous remercie, Monsieur le Comte, de m’avoir envoyé M. Tellier ; il me convient sous tous les rapports et je vous prie de vouloir bien lui faire parvenir sa nomination parce qu’il y a des communications intérieures du Foreign Office qui s’adressent au premier secrétaire de l’ambassade.

Recevez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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