Optimisé pour
Espace de téléchargement














MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

7 OCTOBRE 1831







7 octobre 1831

Monsieur le comte,

J’ai l’honneur de vous envoyer la réponse de la Reine d’Angleterre à la lettre que S. M. lui a écrite sur son couronnement.

La Conférence a arrêté deux protocoles le 1er et le 5 de ce mois sous les N° 45 et 46. J’en joins ici des copies.

Le premier constate qu’il a été adressé des lettres aux plénipotentiaires hollandais et belges pour les inviter à exprimer leurs idées sur la manière de résoudre plusieurs questions d’intérêt secondaire qui résultent de la séparation de leurs deux pays : la réponse de ces deux plénipotentiaires a été jointe à ce même protocole.

Le second est relatif à la prolongation d’armistice de 15 jours à laquelle le roi des Pays-Bas vient de consentir sur la demande de la Conférence ; le gouvernement belge est invité, de son côté, à adhérer à cette prolongation.

M. Chaudron m’a remis ce matin, M. le comte, la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 4.

Vous n’aviez pas encore reçu, alors, ma lettre du 3 qui vous donne connaissance du projet d’arrangement auquel la Conférence s’est arrêté pour terminer les affaires de territoire et de limite entre la Hollande et la Belgique.

Je crois que, par ce projet, nous avons obtenu pour les Belges tout ce qu’il était possible d’obtenir de la Conférence. En se rappelant les premières discussions on est étonné d’être arrivé à un tel résultat.

Cependant, je suivrai littéralement vos instructions et je ne signerai rien avant d’en avoir l’autorisation préalable, tout en regrettant de voir retarder le moment où l’Europe sera si heureuse de trouver après quinze mois de discussion la signature des cinq Puissances apposée sur l’acte de séparation de la Hollande et de la Belgique.

Dans votre dernière dépêche vous me faites l’honneur de me mander, M. le comte, que le gouvernement du Roi persiste à vouloir que je me renferme dans les directions qu’il m’a données, surtout relativement au Limbourg et au Luxembourg.

Je me suis déjà conformé à ces ordres pendant la forte et difficile discussion de toutes nos conférences qui, chaque jour, se prolongent jusqu’à 8 ou 9 heures du soir.

Je dois vous faire observer en réponse à ce que vous me mandiez dans une de vos dépêches, qu’il a été impossible d’obtenir que la compensation pour le duché de Luxembourg fût pécuniaire. Les engagements du roi des Pays-Bas avec les aguats de la maison de Nassau, et les dispositions faites pour son fils Frédéric s’y opposaient.

Vous vous rappellerez que par une des premières résolutions de la Conférence, que vous avez adoptée, le principe du désenclavement et de la contiguïté de territoire est formellement exprimé.

L’application de ces principes conduit à ce que la rive droite de la Meuse appartienne à la Hollande et alors nous ne pouvons conserver pour la Belgique que la rive gauche.

J’ajouterai qu’en réservant à la Belgique les enclaves qu’elle possédait, elle n’aurait pas eu ce dont elle a essentiellement besoin : une libre communication par une route déjà établie avec l’Allemagne.

Pour lui donner cette communication on a stipulé en sa faveur deux routes de commerce, toutes deux exemptes de droit de transit.

De ces deux routes, l’une qui est incontestablement la meilleure et qui peut être employée immédiatement passe par Maëstricht et aboutit aux routes commerciales adoptées par la Prusse.

L’autre route passerait par Sittard.

Des dispositions seront prises pour qu’elle soit mise promptement en état.

Cette seconde route serait un préservatif contre toute tentative que, malgré notre garantie, le gouvernement de Hollande voudrait essayer pour gêner le commerce de transit par Maëstricht.

C’est une précaution dont on a de la peine à croire que l’application devienne possible.

Je ne parle pas de l’ancienne route de Liège qui est très fréquentée.

Vous voyez donc, M. le comte, que la circulation des produits belges est assurée par les dispositions prises par la Conférence.

Pour ôter tout scrupule je dois ajouter, qu’en laissant à la Belgique une de ses enclaves sur la rive droite, et en la plaçant par-là, en contact direct avec le territoire prussien, on n’aurait fait que lui offrir un avantage illusoire, attendu qu’une route communale belge, conduite jusqu’à la frontière prussienne ne saurait être utile au pays que dans la supposition que cette communication aboutirait à une route prussienne, or, il a été constaté que la Prusse ne se prêtera pas à un tel arrangement par la raison qu’il neutraliserait les avantages du système de route déjà établi et qu’elle ne changera pas.

En rapprochant le système de ces routes avec celui déjà formé en Belgique, les intérêts de ce pays, et de l’Allemagne qui demandent une communication immédiate, se trouveront également protégés, et se serviront mutuellement.

La grande existence à laquelle Anvers est appelée dépend de cette libre communication et d’une stipulation adoptée en sa faveur : savoir : que le traité conclu à Mayence le 31 mars dernier pour la libre navigation du Rhin serait, au moins provisoirement appliqué à la navigation de l’Escaut.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

******************************************


MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement