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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

24 SEPTEMBRE 1831







24 septembre 1831

Monsieur le comte

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 20 avec les lettres du Roi pour S. M. britannique et pour la Reine.

Je viens de recevoir la dépêche télégraphique que vous avez bien voulu m’adresser le 23 et qui m’apprend le brullant résultat de la séance de la veille. Je vous remercie, de tout mon cœur, de cette bonne nouvelle qui m’a levé d’une perplexité extrême. Je l’ai communiqué sur le champ à lord Palmerston afin qu’elle se répandit dans la ville et elle y a produit la plus vive sensation.

On a généralement admiré ici le discours plein de talents, d’habileté et de convenance que plusieurs membres du cabinet ont prononcés à la chambre des Députés, particulièrement dans la séance du 19 et on a donné les plus grands éloges à la conduite ferme et courageuse que le ministère a tenue dans les derniers événements de Paris. Les Anglais, bons juges en talents parlementaires, trouvent que nous pouvons maintenant nous vanter, à juste titre, de nos orateurs politiques ; et tous les amis de l’ordre et de la paix font les vœux les plus sincères pour la durée de l’administration française actuelle.

Le Bill de la réforme que la chambre des Communes a adopté le 21 de ce mois, a été lu, avant-hier, une première fois, à la chambre des Pairs. La seconde lecture est fixée au 3 octobre et c’est, alors, que commencera une des plus importantes discussions qui se soit jamais élevée dans le Parlement d’Angleterre.

On pense qu’il serait possible qu’il y eût une convention, c’est-à-dire, une réunion en comité d’un certain nombre de Pairs avec une députation des Communes afin de chercher les modifications qui seraient de nature à concilier les différentes opinions.

L’assemblée qui a eu lieu à la Cité, sous la présidence du lord Maire et qui a voté une pétition à la chambre des Lords pour l’engager à adopter le Bill de réforme, a réuni un assez grand nombre de chefs de maison de banque et de commerce ; cependant les grandes notabilités financières ne s’y sont pas trouvées.

Le prince de Lieven m’a fait hier, une communication dont l’objet était de me renouveler les assurances qu’il m’avait données, il y a quelques mois, à son retour de Russie relativement au désir de sa cour de maintenir des relations d’amitié avec la France. Il a ajouté que j’avais pu personnellement me convaincre à quel point ces assurances étaient sincères ; qu’il se ferait un plaisir de me les répéter et il a mis dans tout son langage l’expression de la plus grande franchise.

J’ai cru devoir, M. le comte, vous rapporter, presque textuellement, les paroles du prince de Lieven parce que, après les événements de Varsovie, elles ont une grande importance et qu’elles peuvent contribuer à rassurer sur les intentions que quelques personnes paraissent encore attribuer à la Russie.

J’ai l’honneur de vous envoyer des copies des pièces que les plénipotentiaires de Hollande et de Belgique ont adressées à la Conférence en réponse à une note du 3 de ce mois par laquelle on leur demandait des éclaircissements sur les moyens de résoudre les questions des limites du grand-duché de Luxembourg et du partage des dettes.

Vous verrez, M. le comte, par la réponse de ces plénipotentiaires qu’il y a une telle divergence dans leurs demandes et dans leurs exigences que, peut-être, et ainsi que le pensent M. le général Belliard et sir Robert Adair, elles mettent la Conférence dans la nécessité de prendre un haut arbitrage.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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