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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

20 SEPTEMBRE 1831







20 septembre 1831

Monsieur le comte

La troisième lecture du Bill sur la réforme parlementaire a eu lieu hier, au soir, à la chambre des Communes et à la division, il s’est trouvé une majorité de 55 voix : un grand nombre de députés était absent : il n’y en avait en tout que 170.

Le parti de l’opposition, dans la chambre des Pairs, s’empare de toutes les circonstances qui peuvent diminuer la popularité du ministère afin de le trouver affaibli quand arrivera dans cette chambre la discussion du Bill de la réforme. C’est principalement dans cette vue qu’il a été attaqué hier au soir sur les affaires de Portugal afin d’accréditer l’opinion que le ministère actuel laissait perdre à l’Angleterre les avantages qu’elle avait acquis dans ce pays tandis que la France y formait des relations commerciales protégées par les derniers succès dans le Tage.

M. de Palmella est arrivé et on espère qu’il encouragera don Pedro dans la résolution qu’il avait prise et sur laquelle il paraît un peu refroidi.

Nous avons eu, ce matin, une conférence sur les affaires de Grèce. Les points principaux qui devaient y être traités et sur lesquels j’avais reçu de vous, M. le comte, des directions étaient : le choix du futur souverain, une nouvelle démarcation des frontières et l’envoi d’instructions communes pour les résidents des trois Puissances.

Le choix du souverain n’a pas pu être arrêté parce que l’Angleterre et la Russie porte assez vivement le prince Frédéric de Nassau. Je me suis refusé à ce choix par toutes les raisons que vous m’avez données dans vos différentes dépêches. Il en résultera que vous serez préssé par l’ambassadeur d’Angleterre et par l’ambassadeur de Russie à Paris. Je vous prie de vouloir bien m’informer de ce dont vous serez convenus avec eux.

Les principales raisons qu’ils feront valoir pour le prince de Nassau sont : son âge, des connaissances en administration dont il a fait preuve et une famille nombreuse qui, étant élevée en Grèce, prendrait facilement les mœurs et saurait bien vite la langue du pays. Il a, en outre, une fortune considérable.

On vous opposera quand vous parlerez du prince de Naples : son âge, son peu d’expérience dans les affaires et sa religion. Les Grecs ne pouvant avoir un prince de leur nation préfèrent, à ce que disent les deux membres de la Conférence en opposition avec moi, un prince protestant à un prince catholique.

Quant aux frontières, on demandera l’ancienne limite de Volo et d’Arta, mais on est persuadé qu’elle ne sera pas obtenue et alors, on croit que l’on devrait s’en tenir à une ligne commencée à l’embouchure de Sperchius à l’est, qui suivrait le cours du fleuve, traverserait le mont Veluchi et se dirigerait le long du cours du Megdovo ou du Carpenetri jusqu’à son embouchure dans l’Aspropotamos.

Cette ligne se prolongerait de ce dernier point par la voie la plus directe et la meilleure, et de là irait aboutir au golfe d’Arta de manière que toute l’Etolie et l’Acarnanie qui sont deux provinces essentielles se trouveraient dans le lot des Grecs.

J’ai l’honneur de vous envoyer une carte où sont indiquées la délimitation actuelle et celle qui avait été adoptée par l’ancien gouvernement. Cette dernière limite est marquée par des traits d’encre rouge. Vous jugerez au premier coup d’œil du grand avantage que les Grecs obtiendraient par la nouvelle démarcation. On fera un envoi d’instruction commune soit pour les ambassadeurs à Constantinople soit pour les amiraux.

La question de l’emprunt a été mise de côté.

Nous aurons après-demain, 22, une conférence pour la rédaction ds instructions.

Le paquebot de Rio de Janeiro est arrivé à Falmouth, mais les lettres ne sont pas encore distribuées et on ne les aura que demain. Cependant, on sait qu’il y a un nouveau mouvement dirigé contre les Européens et auquel les nègres et les hommes de couleur ont pris part. On ajoute que la chambre des représentants a retiré au tuteur du jeune empereur le pouvoir que don Pedro lui avait donné en quittant le Brésil.

Aussitôt que j’aurai les dépêches de la légation de France, je m’empresserai de vous les transmettre.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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