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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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2è LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

5 SEPTEMBRE 1831







5 septembre 1831

Monsieur le comte,

Il y a eu aujourd’hui une longue conférence dans laquelle les plénipotentiaires des quatre puissances ont examiné la proposition du Roi tendant à ce que des troupes françaises restassent en Belgique conformément au désir qu’en a si souvent exprimé le roi Léopold. Il a été aussi question de la communication que vous avez faite à lord Granville d’après laquelle le gouvernement de S. M. ferait annoncer dans le Moniteur, d’une façon semi-officielle, qu’il retire les troupes de Belgique à l’exception de six mille hommes qui resteraient dans ce pays jusqu’au rétablissement de l’ordre et à la conclusion de la paix.

J’ai le regret de devoir vous annoncer que malgré tous mes efforts et les diverses considérations que j’ai présentées de la manière qui m’a paru le plus propre à faire impression sur les esprits, la proposition du Roi n’a pas été accueillie.

Le ministère anglais et la Conférence pensent que les motifs qui avaient donné lieu à l’entrée des troupes françaises en Belgique n’existant plus, il n’y avait pas de raisons pour qu’une partie quelconque de ces troupes restât dans ce pays, et ils fondent cette opinion, non seulement sur la retraite entière des Hollandais derrière la ligne de leur frontière, mais surtout sur la suspension d’hostilités acceptée par le roi Guillaume, disposition sur l’exécution de laquelle ils ne veulent élever et n’élèvent aucun doute et dont ils garantiraient l’effet s’il en était besoin.

Le résultat de cette conférence vous sera communiqué par lord Granville dans un mémorandum qu’il vous remettra ; mais les plénipotentiaires ayant à cœur de montrer au gouvernement du Roi combien ils sont éloignés de vouloir lui donner des embarras ont admis avec empressement quelques-unes des observations que je leur ai présentées à cet égard. Il a été convenu que le gouvernement de S. M. serait parfaitement libre en retirant ses troupes de donner à cette mesure des motifs tels qu’il lui conviendrait de les présenter et sans faire aucune mention du désir exprimé par les puissances.

Je dois ajouter que dans le cas où le gouvernement du Roi ne croirait pas devoir déférer à l’expression des désirs et aux considérations présentées dans le mémorandum qui lui sera remis, alors les plénipotentiaires se proposent de faire un protocole auquel bien entendu je n’ai aucune part et dans lequel on ferait la récapitulation de cette affaire en rappelant les faits et engagements qui s’y rapportent.

Les déterminations montrent, M. le comte, à quel point l’opinion publique est ici prononcée contre la présence des troupes françaises en Belgique et combien elle agit fortement sur les déterminations du ministère anglais. J’ajouterai que le plénipotentiaire prussien a apporté aussi dans cette délibération plus de cruauté qu’il n’en avait encore mise jusqu’ici et qu’il a laissé entrevoir que son gouvernement ayant mis une confiance entière dans nos engagement n’avait rien ordonné qui put contrarier notre expédition en Belgique mais que plus il avait montré d’esprit de conciliation à cet égard plus il aurait droit de s’étonner que nous fussions déterminés par d’autres considérations que celles que le gouvernement avait annoncé à l’époque de l’entrée de ses troupes en Belgique.

Enfin tous les membres de la Conférence sont d’accord pour établir que l’entrée des troupes françaises en Belgique ayant été faite avec l’assentiment de la Conférence et dans des termes convenus avec elle, cette occupation militaire doit cesser quand la Conférence ne la juge plus nécessaire. Elle pense aussi que les demandes faites par le roi Léopold ne changent absolument rien à l’état de la question, dans laquelle ils ne veulent pas entrer à son égard, plus qu’ils ne l’on fait jusqu’à présent.

Tel est le résultat d’une des plus fatigantes conférences auxquelles j’ai pu assister et dans laquelle j’ai mis tout en usage pour faire admettre la proposition du gouvernement du Roi : si je n’ai pas réussi davantage, c’est que la disposition des esprits offrait de vrais obstacles et que cette affaire donnant lieu à des communications officielles devenait impossible à conduire avec des chances de succès.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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