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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

2 SEPTEMBRE 1831







2 septembre 1831

Monsieur le comte,

J’ai l’honneur de vous envoyer une copie du protocole N° 35 que la Conférence a arrêté le 30 août : il a pour but de constater que le ministre belge à Londres a été muni de pleins pouvoirs pour négocier un traité définitif entre la Hollande et la Belgique et que son gouvernement en demandant toutefois des explications a adhéré, ainsi que le roi des Pays-Bas à la suspension d’hostilités proposée dans le protocole N° 34.

Vous savez sans doute, M. le comte, que le gouvernement belge a écrit au gouverneur de la forteresse de Luxembourg pour lui faire connaître l’adhésion qu’il avait donné aux dix-huit articles préliminaires proposés par la Conférence et pour lui faire remarquer que dès lors la prise de possession de la province de Luxembourg avait perdu tout caractère d’hostilité.

La Diète germanique ayant reçu communication de cette lettre a cru devoir en écrire aux deux plénipotentiaires d’Autriche et de Prusse qui font partie de la Conférence de Londres. Vous verrez, M. le comte, par le protocole N° 36, dont j’ai l’honneur de vous envoyer une copie, la déclaration que ces deux plénipotentiaires ont faite à cet égard et les observations auxquelles elle a donné lieu de la part des trois autres plénipotentiaires. Le résultat de cette conférence a été que la Confédération germanique serait invitée à munir les plénipotentiaires d4autriche et de Prusse des pleins pouvoirs et instructions nécessaires pour traiter et résoudre dans les négociations de Londres, toutes les questions qui se rapportent au grand-duché de Luxembourg.

Le gouvernement belge ayant paru désirer d’avoir quelques explications sur le délai de six semaines qui avait été fixé pour la suspension des hostilités et ayant exprimé la crainte qu’à l’expiration de ce délai, si le traité n’était pas conclu, les hollandais ne se croyant autorisés à renouveler leur agression, la Conférence a pensé qu’elle devait rassurer ce gouvernement. C’est l’objet du protocole N° 37 et de la lettre dont copie y est jointe que les plénipotentiaires des cinq cours adressent à Bruxelles : j’ai l’honneur de vous envoyer ce protocole.

Vous verrez, M. le comte, qu’on explique au gouvernement belge que si par le protocole N° 34 on a fixé à six semaine la suspension des hostilités c’est qu’une suspension indéfinie aurait semblé reculer indéfiniment le terme des négociations ; que, du reste, si la prolongation de cet armistice devenait nécessaire, rien ne s’opposerait à ce qu’elle eût lieu.

Le protocole qui porte le N° 38 que je vous envoie également, est relatif aux inondations effectuées dans les environs d’Anvers ; l’humanité commandait à la Conférence de chercher à faire cesser, du moins autant que possible, les malheurs que cette mesure militaire avaient occasionnés. Les plénipotentiaires hollandais ayant exposé que leur gouvernement n’avait eu recours à ce moyen extrême que parce que les ouvrages construits par les Belges avaient privé la citadelle d’Anvers des communications dont elle devait jouir aux termes de l’armistice particulier conclu pour cette place, la Conférence a du prendre cette observation en considération et se reportant aux circonstances qui avaient fait conclure cet armistice, qui se trouvent d’ailleurs fortifiées aujourd’hui par la suspension générale d’hostilités, elle a arrêté que le gouvernement des Pays-Bas serait inviter dans les termes les plus pressant à faire cesser les inondations sans aucun retard et à faire rétablir les digues ; et qu’en même temps il serait fait des démarches auprès du gouvernement belge pour qu’il ordonne la destruction des ouvrages et batteries érigés en contravention à l’armistice particulier d’Anvers ainsi qu’à la cessation générale d’hostilités.

Vous trouverez, je crois, M. le comte, que par l’ensemble des dispositions contenues dans ces différents protocoles, la Conférence a fidèlement suivi la ligne de conduite qu’elle s’est tracée depuis le commencement des affaires de Belgique, qu’elle porte des adoucissements partout où il y a de l’irritation ; qu’elle s’interpose constamment dans l’intérêt de la paix et qu’elle marche avec fixité vers le but qu’elle veut atteindre, la séparation de la Hollande et de la Belgique assurée par un traité définitif qui, nous pouvons l’espérer aujourd’hui, peut être terminé dans six semaines.

A une époque antérieure où le mouvement hostile venait des Belges, la Conférence employa tous ses efforts pour le réprimer. Aujourd’hui son attention doit se porter du côté des hollandais qui ont pris à leur tour le rôle offensif. Elle procède avec la même impartialité, la même justice, et elle parviendra, sans doute, après avoir aplani tant de difficultés à remplir la mission pacifique qui lui a été confiée.

J’envoie, pour qu’elle en ait promptement connaissance des copies de ces différents protocoles à la légation du roi à Bruxelles ; je les adresse à Berlin à M. de Flahaut et à La Haye au chargé d’affaires de France puisque nous n’y avons pas de ministre.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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