Optimisé pour
Espace de téléchargement













MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS










LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

22 AOUT 1831







22 août 1831

Monsieur le comte,

J’ai reçu aujourd’hui, à 1 heure, les dépêches que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 19 et le 20.

Je me suis rendu, immédiatement, chez lord Grey et lord Palmerston : je les ai vus tous deux et notre conférence chez l’un et chez l’autre, a duré pendant 4 heures ½.

J’ai fait usage de tous les arguments contenus dans vos dépêches, je les ai reproduits sous toutes les formes pendant cette longue discussion ; mais je n’ai rien obtenu, la négociation n’a pas fait un pas. Les ministres m’ont déclaré qu’il n’était pas en leur pouvoir de faire ce que nous leur demandions aujourd’hui.

« Nous tiendrons nos engagements » m’ont-ils dit. « Nous avons promis que les places de Belgique seraient démolies, elles le seront.

De votre côté, tenez également votre engagement. Vous avez dit dans votre note aux ambassadeurs à Paris que vous rappeleriez vos troupes aussitôt que les Hollandais seraient rentrés dans leur ligne tracée par l’armistice. Les forces du roi Guillaume occupent, maintenant, cette position qu’ils ne quitteront plus, rappelez donc vos troupes. »

J’ai, alors, fait observer que M. Lebon avait demandé au nom du roi des Belges que les troupes françaises continuassent à rester en Belgique, non seulement pour la garantir d’une nouvelle agression de la part des Hollandais mais encore pour y rétablir l’ordre et donner à ce gouvernement le temps de réorganiser la force publique.

Les ministres m’ont répondu que la dernière lettre qu’ils avaient reçues de M. Adair disait que le roi Léopold avait mandé au général Belliard ou à M. Lebon qu’il ne réclamait plus les troupes françaises, et qu’il n’en avait plus besoin ; et ils ont ajouté que la lettre de M. Adair étant du vendredi 19, elle se trouvait d’une date postérieure aux informations que vous aviez pu recevoir et me transmettre.

J’ai insisté en disant que l’état d’anarchie où était la Belgique rendait le besoin et la demande bien probable.

Enfin, après une discussion fort vive, pour mettre à l’aise l’amour propre national anglais dont les ministres feraient une barrière insurmontable, j’ai demandé, comme expédient, que puisqu’on allait s’occuper immédiatement d’un traité définitif entre la Hollande et la Belgique et que les commissaires belges allaient arriver, on réglât, en même temps, la démolition des forteresses de manière que l’évacuation fût la conséquence de la solution générale des affaires et ne portât pas particulièrement sur la destruction des places.

Les Ministres n’ont pris aucun engagement à cet égard : tout ce que j’ai pu obtenir d’eux c’est que ma proposition fut soumise à un conseil de cabinet : il aura lieu demain.

Demain, nous aurons aussi une conférence pour régler l’exécution de l’armistice entre les Hollandais et les Belges. J’aurai l’honneur de vous en écrire le résultat.

Dans cet état de choses ne croirez-vous pas que la mission de M. de Latour Maubourg n’aura de succès que s’il se borne à demander au roi Léopold que l’engagement qu’il a pris envers moi et dont vous avez une copie, devienne la base de la convention qui sera faite avec lui, en y ajoutant le nom des places dont vous désirez la démolition afin d’ôter à son cabinet tous les moyens de faire des changements essentiels.

Vous expliquerez toutes les difficultés que j’ai éprouvées en apprenant que les embarras des ministres, au lieu de diminuer, deviennent, de jour en jour, plus graves car la présence de nos troupes en Belgique est pour l’Angleterre est l’affaire principale et l’emporte même aujourd’hui en intérêt sur celle de la réforme.

Je joins ici une lettre pour S. M. I. le duc de Bragance, et une autre pour M. le chevalier d’Almeida.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

******************************************


MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11










RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL / HOME PAGE
RETOUR AU CHAPITRE I : BIOGRAPHIE
RETOUR AU CHAPITRE II : ECRITS
RETOUR AU CHAPITRE III : TRAITES
RETOUR AU CHAPITRE IV : TEXTES, MEMOIRES ET OPINIONS
RETOUR AU CHAPITRE V : REPRESENTATIONS
RETOUR AU CHAPITRE VI : COLLECTION COMBALUZIER
RETOUR AU CHAPITRE VII : DOCUMENTS ET CARTES POSTALES
RETOUR AU CHAPITRE VIII : EVENEMENTS CONTEMPORAINS





© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
Tirage réalisé par les Ateliers CAPPELLE à Sannois - Val d'Oise -
Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




Optimisé pour
Espace de téléchargement