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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

17 AOUT 1831







17 août 1831

Monsieur le comte,

M. Périer est arrivé ce matin, et m’a remis la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 14 de ce mois.

Je me suis empressé de voir lord Grey et lord Palmerston et je lui ai annoncé que le gouvernement du Roi avait pris la résolution de faire rentrer en France 20 000 hommes de l’armée de Belgique aussitôt que l’armée hollandaise aurait entièrement évacué le territoire belge, en ajoutant que les 30 000 hommes qui resteront sous le commandement du maréchal Gerard se replieront en même temps, derrière Nivelles . J’ai fait valoir tous les motifs qui devaient leur rendre agréable une décision prise évidemment pour eux.

Les ministres m’ont dit que cette communication leur faisait plaisir et qu’ils voyaient que le gouvernement de S. M. commençait à apprécier les motifs qu’ils avaient rendus si pressants.

Je ne dois pas vous dissimuler, M. le comte, que, depuis 15 jours, il s’est opéré, ici, dans l’opinion publique une réaction qui nous est défavorable et qui rend tout extrêmement difficile. J’ai employé tous les moyens pour sonder les ministres et les personnes influentes du pays sur les points aux quels le gouvernement du Roi attache de l’importance, particulièrement sur ceux qui ont fait l’objet de votre dépêche confidentielle du 5 de ce mois : je n’ai pas besoin de vous dire que ces points ont été traités avec la plus extrême précaution ; aucune indication n’a été saisie dans un sens qui peut nous convenir. Lord Grey m’a dit : « ce que vous feriez vous-même par voie de fait, à l’égard des places fortes, blesserait toutes les puissances et ne vous mènerait qu’à ce que vous obtiendrez plus tard car je vous réponds que la question des places sera résolue à votre satisfaction. » Il a ajouté que la probité politique s’opposait à toute acquisition contraire à la lettre précise du traité ; je lui ai dit : « Et Malte ? »

« Malte n’est pas de mon fait, m’a-t-il répondu, et je suis bien aise que vous me la nommiez parce que cela me met dans le cas de vous dire que si vous lisez mes discours de l’époque vous verrez que je professais alors la même doctrine qu’aujourd’hui. »

D’après cette disposition des esprits, je crois vous dire, M. le comte, que si le gouvernement cherchait à prendre de vive force les places de Belgique, et le territoire que nous avons perdu en 1815, cette mesure pourrait entraîner les conséquences les plus graves. Peut-être, si l’agression des Hollandais avait eu lieu, il y a six semaines, aurait-on évité beaucoup d’embarras, parce que, alors, il n’y avait pas de souverain en Belgique, et que l’on savait déjà que la force militaire des Belges était bien peu de chose ; c’était surtout alors qu’on pouvait, avec succès, s’occuper de l’idée de partage qui terminait toutes les difficultés ; mais, aujourd’hui, quelle que soit la position particulière du gouvernement, je crois qu’il ne doit rien entreprendre qui ne soit parfaitement calculé sur la situation de la politique extérieure.

Quant à ce pays-ci je dois vous répéter qu’on y désire ardemment la retraite de toutes les troupes que nous avons en Belgique et qu’on regarde cette mesure comme une conséquence des engagements pris dans la note adressée aux ambassadeurs à Paris. Cette opinion est celle des personnes qui nous sont le plus sincèrement attachées, et il entre, dans l’espèce d’irritation où nous sommes ici, le mécompte de gens qui désiraient vivement être bien avec la France.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
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