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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 11




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE SEBASTIANI

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

12 AOUT 1831







12 août 1831.

Monsieur le comte.

L’attention générale se fixe, en ce moment, sur la marche des troupes françaises en Belgique, et chacun fait des conjectures sur la détermination que pourra prendre le gouvernement de S. M. lorsqu’il connaitra la résolution du roi de Hollande de faire cesser les hostilités et de rappeler ses troupes sur son territoire. Lord Palmerston dans la séance de la chambre des Communes, hier au soir, a été à ce sujet assailli de questions, dont un grand nombre étaient inconvenantes, et vous pourrez remarquer, aussi, que plusieurs membres ont annoncé l’intention de faire, à cet égard, des propositions formelles. Une doit être présentée ce soir par Lord Stormont.

Le ministère anglais va, bientôt, être au bout des réponses dilatoires, et il sera forcé de répondre catégoriquement aux demandes qui lui sont faites parce que, dans la vérité, ces différentes questions expriment l’état de l’opinion publique. Il ne suffira pas que, s’appuyant sur le protocole du 6 du mois, il montre que, relativement à l’agression des hollandais contre la Belgique, l’Angleterre et la France sont pour l’emploi des moyens militaires, placés sur la même ligne, il faudra que, pour ne pas perdre sa position vis-à-vis des Chambres et pour ne pas voir singulièrement s’affaiblir sa popularité, il puisse annoncer que, du moment où le gouvernement de S.M. a eu connaissance de la retraite des troupes hollandaises, il a donné ordre aux siennes de rentrer dans le département du Nord. Cette détermination est attendue par le ministère anglais comme la conséquence de l’engagement pris par le gouvernement du Roi dans la note officielle adressée aux ambassadeurs à Paris. Il pense, aussi, qu’il a quelques titres à l’obtenir comme un de ces égards que doivent avoir l’un pour l’autre deux gouvernements unis par d’intimes rapports et qui, par cela même, doivent chercher à entrer dans leurs situations et leurs circonstances respectives et il ajoute qu’on trouvera tous ses actes empreints de cette considération.

Vous me faites l’honneur de me mander, M. le comte, par votre dépêche du 9, que le roi des Belges, après avoir sollicité l’envoi des troupes françaises, a fait quelques insinuations tendant à ce que leur marche fût arrêtée ; mais que le gouvernement de S. M. a pensé qu’une démarche rétrograde de sa part pourrait inspirer aux Hollandais une dangereuse confiance et amener, par conséquent, de nouvelles complications ; que, d’après cette considération, le gouvernement s’est déterminé à confirmer les ordres qu’il avait donnés au maréchal Gérard.

Je conçois, M. le comte, que le gouvernement du Roi n’ait pas cédé à l’insinuation du gouvernement belge qui contrastait, si étrangement, avec la première demande qu’il avait, d’une manière si pressante, adressée à la France, et, d’après les événements militaires, tout prouve, en effet, que les Belges avaient le plus grand besoin de notre appui ; mais aujourd’hui que la Hollande reprend sa position antérieure, cesse les hostilités et rappelle ses troupes, la question n’est plus la même, et les motifs qui avaient donné lieu à l’entrée des troupes françaises n’existant plus les obligations du gouvernement du Roi ne sont plus de la même nature.

L’état ordinaire dans lequel la Belgique va se trouver après la retraite des Hollandais, l’engagement pris dans la note remise aux ambassadeurs et les négociations qui vont s’ouvrir pour faire un traité de paix, semblent pour le gouvernement français changer la situation qui lui avait fait prendre sa première résolution.

J’ai donné beaucoup d’attention à la note confidentielle que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 5 du mois mais vous jugerez facilement, M. le comte, que dans la situation actuelle de l’opinion publique en Angleterre, et avec les embarras que suscite au ministère notre entrée en Belgique, il ne s’est pas encore présenté de circonstance assez opportune pour faire une communication d’une nature si délicate. Aussi ai-je dû m’en abstenir jusqu’à présent ainsi que vous m’y avez autorisé.

Agréez, Monsieur le Comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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