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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 14




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

9 AOUT 1834







N° 91

Londres, le 9 août 1834

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 73.

Après plusieurs conférences entre lord Palmerston, les ministres de Portugal et d’Espagne et moi, dans lesquelles MM. de Mira-Flores et Sarmento ont vivement insisté pour que des articles additionnels fussent ajoutés au traité du 22 avril, nous sommes convenus du projet de convention additionnelle que j’ai l’honneur de vous transmettre (N° 1). Il a reçu l’approbation du cabinet anglais comme vous le verrez par la lettre particulière que lord Palmerston m’a écrite sous la date d’hier et dont je joins une copie (N° 2).

Je n’ai pas jugé convenable cependant de me déclarer prêt à signer ces articles additionnels et j’ai demandé à en référer à mon gouvernement sous le prétexte que j’indique à lord Palmerston dans ma réponse, dont copie est également jointe, N° 3.

L’examen attentif du projet que je vous envoie, M. le comte, vous persuadera sans doute comme à moi qu’il n’offre aucun inconvénient réel pour le gouvernement du Roi, puisqu’il ne contient pas de nouvel engagement, excepté de ne pas laisser passer par notre frontière des secours à l’armée de l’infant dom Carlos, et sur ce point nous avons prévenu les stipulations de l’Art. I.

Une seule considération m’arrête quoi qu’au fond elle me paraisse sans importance.

Par l’Art. II., le gouvernement anglais s’engage à fournir des secours en armes et en munitions de guerre dont la valeur lui sera remboursée plus tard par l’Espagne.

Cette dernière stipulation ne pourra-t-elle pas donner lieu dans notre chambre des Députés et dans les journaux à quelques fausses interprétations. N’accusera-t-on pas le gouvernement du Roi d’avoir privé le commerce français de la vente d’objets qui seront livrés par l’Angleterre au gouvernement espagnol ?

Ce reproche serait mal fondé certainement, car il est évident que, comme il arrive toujours en pareil cas, l’Angleterre ne retirera en définitive rien des déboursés qu’elle sera dans le cas de faire, et qu’il y a un avantage positif pour nous à éviter de pareils déboursés. Mais j’ignore si le ministère français est en mesure de faire prévaloir cette opinion et c’est ce qui m’a décidé à suspendre mon consentement à l’Art. II.

Au total le projet de convention additionnelle est assez insignifiant pour qu’il n’y ait aucun danger de notre part à l’approuver ; il offrirait même plutôt de l’inconvénient par son insignifiance, si nous ne pouvions pas toujours affirmer qu’il renferme toute la somme des demandes faites par le cabinet de Madrid.

Un seul point du projet a de la valeur ; c’est la reconnaissance faite par la France et l’Angleterre que le but du traité du 22 avril n’est pas atteint. Je persiste à croire que la preuve de ce fait se serait trouvée aussi utilement exprimée dans le discours du roi des Français à l’ouverture des chambres et dans celui que le Roi d’Angleterre prononcera vers la fin de cette semaine à la prorogation du Parlement. Au besoin même, un échange de notes diplomatiques entre la France et l’Angleterre d’une part et l’Espagne de l’autre aurait suffi pour remplacer le préambule un peu pompeux d’une convention qui stipule des obligations si peu importantes.

Mais enfin, nous avons dû céder aux instances réitérées de MM. de Mira-Flores et Sarmento : le premier surtout de ces messieurs nous a fait voir des passages de dépêches de M. Martinez de la Rosa, qui lui imposent, dit-il, d’insister pour obtenir des articles additionnels au traité du 22 avril.

Je vous expédie cette dépêche par une estafette ; elle vous parviendra mercredi matin. Si vous approuviez notre projet vous pourriez me donner par le télégraphe l’autorisation de conclure ; dans le cas où vous auriez des observations à faire, je vous serais obligé de me les adresser le plus promptement possible et par une estafette.

C’est ce soir que doit avoir lieu à la chambre des Pairs la discussion sur la seconde lecture du Bill pour les dîmes de l’église d’Irlande. Je n’aurai pas le temps de vous en faire connaitre le résultat aujourd’hui car la séance finira probablement très tard. On dit comme certain que le Bill sera rejeté. Ce serait une grande résolution pour l’opposition, mais qui du reste ne renverserait pas le ministère.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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