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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 14




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

7 AOUT 1834







N° 90

Londres, le 7 août 1834

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche, sans numéro, que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 4 de ce mois.

Je viens d’avoir avec lord Palmerston un entretien au sujet des demandes faites récemment par le cabinet de Madrid aux gouvernements de France et d’Angleterre. Il m’a fait part des réflexions que lui avaient suggérées l’examen attentif de ces demandes et qui l’ont amené à douter de la possibilité d’ajouter quelques articles au traité du 22 avril ou même de conclure un nouveau traité. En effet, m’a-t-il dit, les demandes du cabinet de Madrid portent sur des points qui ne peuvent guères donner lieu à des stipulations de traité, mais qui peuvent être l’objet de mesures de police que chaque gouvernement est toujours libre d’adopter. Ainsi le gouvernement français est en droit de défendre l’introduction en Espagne par sa frontière de terre de quelques espèces de secours que ce soit destinés aux insurgés espagnols ; il peut de concert avec le gouvernement anglais faire surveiller les côtes de l’Espagne ; empêcher la contrebande militaire dans les bornes qui sont déterminées par les lois des nations. Mais il n’est pas nécessaire que de telles mesures soient stipulées par un traité ; il serait même impossible de le faire sans reconnaitre le droit des neutres et par conséquence d’invalider d’avance toutes les poursuites qui seraient faites contre des bâtiments étrangers qui tenteraient d’aborder en Espagne pour y porter des armes, des munitions xxx aux insurgés. A moins d’une déclaration de guerre formelle de la France et de l’Angleterre contre dom Carlos, qu’on ne peut raisonnablement demander, il serait difficile pour ces deux Puissances de faire reconnaitre le blocus des côtes d’Espagne pour les autres gouvernements. Il semblerait plus convenable que si le gouvernement espagnol déclarât les ports en état de blocus et que les vaisseaux anglais et français prêtassent leur secours pour maintenir ce blocus, en agissant toutefois dans les bornes qui leur sont prescrites par les droits des neutres.

Quant aux demandes de secours matériels faites par le cabinet de Madrid, il n’est pas besoin d’un traité pour y satisfaire ; chaque gouvernement est libre à cet égard de faire ce qui lui convient et les secours n’en seront pas moins réels quoique donnés sans traité.

Enfin, en ce qui concerne la déclaration solennelle que le gouvernement espagnol désire qui soit faite par les gouvernements signataires du traité du 22 avril, le cabinet anglais n’y met aucune opposition, mais il pense qu’une telle déclaration peut être seulement l’objet d’une note diplomatique qui serait rendue publique à Madrid au besoin.

Il ne peut être question de l’entrée de troupes portugaises en Espagne puisque le cabinet de Madrid n’a point fait mention de ce projet dans les demandes qu’il a adressées au gouvernement anglais et qu’il a insisté au contraire pour que le cordon de troupes portugaises qui sera réuni sur la frontière de Portugal ne pénètre pas en Espagne.

Ayant résumé ces diverses considérations avec lord Palmerston, nous sommes convenus de nous réunir demain aux plénipotentiaires d’Espagne et de Portugal, d’inviter ceux-ci à nous passer une note en forme qui renfermera les demandes qui peuvent entrer convenablement dans un pareil document, et nous leur annoncerons en même temps notre intention de répondre à cette note par une contre-note qui exprimera l’opinion de nos deux gouvernements sur la situation actuelle de la péninsule et qui contiendra les assurances de notre appui quand les circonstances le permettront. Cette contre-note pourrait ensuite être publiée à Madrid et prêterait sans doute au gouvernement espagnol l’appui moral qu’il réclame de nous.

Tel est, M. le comte, le plan auquel nous nous sommes arrêtés ; qui pourra être modifié, mais qui, dans tous les cas, nous dispensera de conclure une nouvelle convention ou des articles additionnels au traité du 22 avril.

Je vous serai particulièrement obligé de me faire connaitre si ce plan a mérité votre approbation et celle du gouvernement du Roi.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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