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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 14




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

15 JUILLET 1834







N° 79

Londres, le 15 juillet 1834

Monsieur le comte,

Comme j’ai eu l’honneur de vous l’annoncer hier, les ministres se sont réunis hier dans la soirée dans le but de s’entendre sur les arrangements que rendait nécessaire le choix fait par le Roi de lord Melbourne pour remplacer lord Grey, en qualité de premier Lord de la Trésorerie. Je viens d’être informé qu’ils sont tombés d’accord pour appeler lord Duncanon au département de l’Intérieur à la place de lord Melbourne. Lord Duncanon qui était commissaire des bois et forêts sans entrer dans le cabinet aurait pour successeur sir John Hobhouse qui, lui, deviendra membre du cabinet.

Lord Melbourne est parti ce matin pour Windsor, afin de soumettre ces propositions au Roi, mais on ne doute pas qu’elles soient agréées par S. M.

Il y aura probablement d’autres changements de moindre importance par suite de la retraite de lord Howick, fils de lord Grey, qui occupait le poste de sous-secrétaire d’état au département de l’Intérieur. Si on examine la situation présente du ministère anglais à l’égard des affaires intérieures du pays, on ne peut se dissimuler qu’il a fait une perte irréparable dans lord Grey, dont le noble caractère et la loyauté reconnue inspiraient de la confiance à ses partisans et même à ses adversaires. Il est difficile de croire que les opinions plus prononcées et plus réformatrices des deux nouveaux membres du cabinet compensent l’éloignement de lord Grey de la haute position qu’il occupait aux yeux du pays et de l’Europe.

J’entends dire par des personnes aussi impartiales qu’il est possible d’en rencontrer au milieu des violences de l’esprit de parti que la retraite successive dans ces dernières semaines de M. Stanley, de sir John Graham, du duc de Richmond, de lord Ripon et enfin de lord Grey a affaibli le ministère à un point qui laisse peu de garantie pour sa durée future. Il faudrait mieux connaitre que je ne puis le faire les germes de division qui existeraient, dit-on, toujours dans le cabinet, pour juger jusqu’à quel point cette opinion est fondée. Ce qui parait hors de doute c’est que la nécessité dans laquelle on se trouve de faire passer à la chambre des Pairs avant la fin de la session le Bill sur l’église d’Irlande, rend presque inévitable entre les deux chambres une collision qui est depuis si longtemps redoutée par le gouvernement. Fera-t-on alors une nomination de Pairs ? Cette question résolue affirmativement pourrait bien déterminer encore d’autres membres du cabinet à se retirer ; résolue négativement, on ne comprend plus comment l’administration pourra marcher contre la volonté opposée des deux chambres.

Je n’ai pas besoin de vous rappeler, M. le comte, que mes observations dans la circonstance sont de la nature la plus confidentielle et qu’il est utile au service du Roi que rien n’en soit indiscrètement révélé.

Je le répète, le cabinet anglais tel qu’il est reconstitué, restera dans des dispositions amicales pour la France ; c’est le point essentiel pour nous, et qui doit guider notre politique jusqu’à ce que d’autres circonstances qu’il serait imprudent de préjuger nous mettent dans le cas de la modifier.

Cette dépêche vous sera remise par M. Lecoulteux que l’état de sa santé rappelle en France, ainsi que j’ai déjà eu l’honneur de vous le mander.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

P. S. – On m’informe à l’instant que l’infant dom Carlos qui aurait quitté Londres le 2 de ce mois, serait débarqué le 9 dans un port de Biscaye où il aurait reçu un accueil très favorable ; il n’était accompagné, dit-on que d’un Français. Je vous transmets cette nouvelle sans vous la garantir, car il est impossible à travers la diversité des informations qui se succèdent si rapidement de reconnaitre l’exacte vérité. Cette dernière nouvelle du reste est parvenue au gouvernement anglais qui y attache confiance, et ce matin encore le marquis de Mira-Flores me répétait l’assurance qu’il avait entre les mains la preuve que dom Carlos avait dû traverser la France pour se rendre en Navarre.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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