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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 14




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

14 JUILLET 1834







N° 78

Londres, le 14 juillet 1834

Monsieur le comte,

J’ai bien reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 61.

Lord Palmerston a reçu du ministre de Bavière ici la même communication que celle qui vous a été faite par M. Pfeffel. Il y a répondu à peu près dans les mêmes termes que ceux de la note que vous avez bien voulu me transmettre en déclarant que le gouvernement anglais donnait sa sanction à la décision prise par le Roi de Bavière.

Lord Palmerston a des informations de Constantinople et de Vienne, qui le portent à penser comme vous, M. le comte, sur la difficulté suscitée au gouvernement grec par la saisie opposition faite entre les mains de MM. Rothschild. Il a écrit à Vienne que la conduite de la maison Rothschild ne lui semblait pas justifiable et qu’en Angleterre la jurisprudence n’autorisera pas une saisie opposition dans un cas semblable. Il a chargé aussi lord Ponsonby de faire comprendre à la Porte qu’elle ne devait pas se montrer trop exigeante envers le gouvernement grec qui avait agi avec une bonne foi parfaite dans cette affaire, et que d’ailleurs le Sultan ne devait pas douter qu’il serait remboursé intégralement de tout ce que la Grèce s’était engagée à payer. Il a transmis en même temps des instructions au ministre d’Angleterre en Grèce pour rassurer la Régence sur cet incident.

Depuis quelques jours, Monsieur le comte, le bruit du départ de dom Carlos pour l’Espagne s’était répandu à Londres ; mais les détails qu’on donnait sur cet événement étaient tellement vagues et contradictoires qu’il était difficile d’y ajouter foi. Aujourd’hui même que l’événement est hors de doute on ne s’accorde pas sur la manière dont il a eu lieu. D’une part on soutient que l’infant s’est embarqué à bord d’un bâtiment anglais « The United Kingdom » pour un port du nord de l’Espagne ; ceci est le rapport fait par la police anglaise ; mais d’autre part le ministre d’Espagne croit avoir la preuve que l’infant est parti de Londres, le jour même où les gazettes anglaises annonçaient qu’il avait assisté avec toute sa famille à une représentation du théâtre italien ; qu’il s’est rendu à Paris accompagné du général Moreno et d’un français qui a organisé toute l’entreprise, et que de là le prince et ses deux compagnons ont continué leur route vers la frontière d’Espagne où des intelligences préparées par M. Calomarde doivent leur avoir assuré une libre entrée en Espagne.

Je vous rapporte les faits qui m’ont été communiqués par lord Palmerston et par le marquis de Mira-Flores sans pouvoir vous indiquer quels sont ceux qui sont vraiment exacts ; car dans les affaires de cette nature qui concernent presque exclusivement la police, il est difficile de discerner d’abord la vérité.

La formation du nouveau cabinet anglais n’est pas encore définitivement conclue quoiqu’elle soit à peu près arrêtée. Le Roi avait d’abord chargé lord Melbourne d’essayer de composer un ministère de coalition. Cette combinaison ayant échoué, S. M. a tenté une démarche vers lord Grey pour l’engager de rentrer dans les affaires ; mais les instances réitérées du Roi n’ayant pu prévaloir sur la ferme volonté qu’avait lord Grey de se retirer, lord Melbourne a été choisi pour le remplacer comme premier lord de la Trésorerie. Il parait que les autres membres du cabinet seront maintenus à leur poste et c’est dans une réunion de ministres ce soir qu’on fera choix du remplaçant de lord Melbourne au département de l’Intérieur. Il pourrait se faire aussi qu’on eût à choisir un successeur au marquis de Lansdowne qui persisterait, dit-on, à se retirer. C’est lord Grey qui seul a pu déterminer lord Althorp à redevenir chancelier de l’Echiquier et à reprendre par conséquent la direction de la chambre des Communes.

Je vous expédierai demain un courrier aussitôt que je connaitrai le nouvel arrangement ministériel.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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