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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 14




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

10 JUILLET 1834







N° 75

Londres, le 10 juillet 1834

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 60.

Malgré la dissolution du ministère anglais amenée par la retraite de lord Grey, comme les différents ministres ont déclaré leur intention de rester à la tête des départements qui leur étaient confiés jusqu’à la recomposition d’un nouveau cabinet, j’ai cherché lord Palmerston pour lui communiquer les informations contenues dans votre dépêche.

Il a accueilli avec satisfaction les nouvelles de Munich et croit que le Roi de Bavière a pris, dans les circonstances données, les résolutions qui pouvaient être le plus utile à la Grèce, et que nommément le choix de M. Kobel, comme nouveau membre de la Régence, produirait certainement un très bon effet.

Nous ne pouvons pas en dire autant de l’Espagne, où l’état des choses parait être fort inquiétant. Les intrigues qui s’y développent successivement jointe à la guerre civile et à la dangereuse maladie qui ravage les provinces méridionales et la capitale, placent nécessairement le gouvernement de la Régente dans une position très difficile, et lord Palmerston ne trouve pas plus que moi de grandes garanties dans l’habileté des hommes d’état qui dirigent l’administration de ce malheureux pays. On ne comprend pas comment les ministres ont pu consentir à quitter la capitale dans des circonstances aussi critiques.

Lord Palmerston, auquel j’ai fait part des inquiétudes qu’inspirait la mission du colonel Caradoc m’a donné sa parole d’honneur que cet officier n’avait pas reçu la moindre direction du gouvernement anglais pour la démarche qu’il venait de faire. « Il parait que cette démarche a été concertée entre M. Villiers et le général Rodil et à la demande des ministres espagnols et je puis vous assurer que le gouvernement anglais n’avait pas été consulté. J’ai autorisé, il est vrai, le voyage du colonel Caradoc à Madrid, mais uniquement pour lui fournir le moyen de quitter Paris, où sa position personnelle était devenue assez embarrassante.

Lord Granville vous donnera les mêmes assurances, et je dois croire d’après ce que m’a dit lord Palmerston, que le colonel Caradoc ne restera pas longtemps en Espagne.

Je voudrais bien, M. le comte, être en état de vous transmettre des informations précises sur la formation du nouveau ministère anglais, mais jusqu’au moment où je vous écris, il n’y a rien de positif qui soit connu. Il serait même impossible de prévoir quel sera le parti politique qui l’emportera ; le Roi flotte incertain entre les diverses propositions qui lui viennent de tous les côtés, et il serait aussi dangereux qu’inutile d’hasarder aucune prédiction. Je ne puis donc que vous promettre de vous tenir exactement informé de tout ce qui me parviendra de certain à ma connaissance.

Je me permettrai cependant de vous dire que je regarde comme très important, qu’au milieu de la crise actuelle, le gouvernement du Roi évite par-dessus tout d’exprimer le moindre mécontentement prématuré contre les hommes quels qu’ils soient qui pourraient être désignés par les journaux et les correspondances comme devant être appelés à diriger les affaires d’Angleterre. Il n’est pas de notre intérêt en ce moment de nous effrayer en apparence ou de nous réjouir d’aucune combinaison quelconque qui puisse former le nouveau cabinet anglais. Je ne perds pas l’espoir que cette combinaison, quelle qu’elle soit, ne maintienne l’alliance si heureusement établie entre la France et la Grande Bretagne.

J’expédie le portefeuille qui renferme les nouvelles ratifications portugaises en même temps que cette dépêche qui ira de Calais à Paris par estafette.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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