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MAE - ARCHIVES DE NANTES - AMBASSADE DE LONDRES - SERIE K - CARTON 14




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LETTRE

DU PRINCE DE TALLEYRAND

AU

COMTE DE RIGNY

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

EN DATE DU

3 JUILLET 1834







N° 71

Londres, le 3 juillet 1834

Monsieur le comte,

J’ai reçu la dépêche que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sous le N° 58, et je vous prie d’agréer tous mes remerciements pour les pièces qui y étaient jointes et que j’ai lues avec beaucoup d’intérêt. La dépêche de M. l’amiral Roussin a particulièrement fixé mon attention et je serai dans le cas de faire usage des détails qu’elle renferme sur l’état de la marine russe dans la mer Noire, pour rassurer lord Palmerston sur les projets immédiats du cabinet de Saint-Pétersbourg. Je l’entretenais avant-hier des craintes qu’inspirait la présence de la flotte anglaise dans l’archipel, et des conséquences fâcheuses que pourraient avoir les mouvements de cette flotte, si la Russie continuait à en prendre ombrage et l’Autriche à en témoigner du mécontentement.

Lord Palmerston, après m’avoir répété les explications que j’ai eu l’honneur de vous communiquer dans mes précédentes dépêches, a ajouté que d’ailleurs l’Angleterre avait des motifs très fondés de prendre dans l’archipel une attitude qui annonçât ses véritables ; qu’en ce moment même la flotte russe dans la mer Noire se composait de treize vaisseaux de ligne dont deux seulement étaient hors de service, et qu’elle était commandée par le plus habile des amiraux russes ; qu’enfin il ne comprenait pas pourquoi l’Autriche se montrait si inquiète des mouvements de la marine anglaise dans la Méditerranée quand elle restait indifférente à ceux de la marine russe dans la mer Noire.

Je n’ai pas moins essayé, M le comte, de calmer cette susceptibilité du gouvernement anglais en insistant sur l’inutilité des démonstrations qui perdaient de leur valeur quand elles étaient multipliées.

Je conserve l’espoir que les nouvelles plus rassurantes qui vous ont été mandées de Constantinople par l’amiral Roussin, et qui le seront probablement aussi par lord Ponsonby, serviront à modifier les opinions du cabinet anglais sur l’état de l’Orient et l’engager à maintenir sa flotte à une assez grande distance du Bosphore pour nous tranquilliser tous.

Je crois être sûr que lord Palmerston a tenu la promesse qu’il m’avait faite d’écrire aux agents d’Angleterre sur les affaires de la Suisse dans le sens que vous désiriez. Je suis même informé que dans une conversation que ce ministre a eue récemment avec le chargé d’affaires d’Autriche à Londres, celui-ci ayant répété les plaintes de M. de Metternich sur la conduite de la Diète helvétique, lord Palmerston lui a très vivement répliqué qu’il approuvait entièrement cette conduite ; qu’il avait adopté les vues de la France sur les affaires de la Suisse, et qu’il les appuierait de tous ses efforts. Vous trouverez, je pense dans la tournure de cette conversation, M. le comte, que l’Angleterre nous prête tout son concours sur ce point.

Je communiquerai à lord Palmerston la note que vous avez chargé le ministre de France à Francfort de remettre à la Diète germanique ; elle me parait trop parfaitement convenable dans le fond et dans la forme pour qu’il ne l’approuve pas et je suppose qu’il se décidera d’en transmettre une du même genre à M. Cartwright.

Je ne lui laisserai pas ignorer non plus votre opinion sur la lutte qui existe entre le comte d’Armansperg et les autres membres de la Régence, et sur la ligne de prudence et de modération dans laquelle la France et la Grande Bretagne doivent se tenir pour conserver en Grèce le rôle de médiateur.

Agréez, Monsieur le comte, l’assurance de ma haute considération.

Ch. Mau. TALLEYRAND.

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Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
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